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Ouagadougou accueille, du 30 octobre au 8 novembre 2026, la 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). Présidée par le Président du Faso, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, la cérémonie officielle d’ouverture a été marquée par un appel fort à la créativité, à l’innovation et à la transformation structurelle de l’artisanat africain. « La véritable indépendance se construit aussi dans nos ateliers, dans nos champs, dans nos usines et dans le choix quotidien de nos consommateurs », a dit le camarade ministre Poda. Bien plus qu’un rendez-vous commercial et culturel, cette édition porte un enjeu stratégique : faire de l’artisanat un véritable levier de souveraineté économique et d’industrialisation du continent.
L’artisanat africain doit sortir de la dépendance et changer de dimension !
Placée sous le thème « Artisanat africain et industrialisation : quelle synergie pour une meilleure organisation et valorisation des produits locaux comme patrimoine culturel ? », cette 18e édition du SIAO interpelle les consciences et invite les acteurs du secteur à repenser leur approche de la production.

Pour le Président du Faso, le temps est venu de dépasser la conception traditionnelle de l’artisanat pour l’inscrire dans une dynamique de modernisation et d’industrialisation. Son ambition est claire : construire progressivement un système productif capable de transformer les matières premières, de maîtriser les technologies et de fabriquer localement des produits compétitifs.
« La vision, c’est de faire en sorte que notre artisanat progresse petit à petit vers une industrialisation », a affirmé le Chef de l’État, soulignant notamment le lien fondamental entre la maîtrise des matières premières, les métiers d’art et le développement de la métallurgie et de la sidérurgie.
Ce message traduit une orientation stratégique : l’Afrique ne peut durablement prétendre à la souveraineté économique si elle continue d’exporter ses matières premières pour importer des produits finis. Elle doit apprendre à transformer, concevoir, fabriquer et valoriser elle-même ses richesses.
Une révolution des mentalités pour libérer le génie créateur africain
Au-delà des équipements et des infrastructures, le Président du Faso a également insisté sur la nécessité d’une véritable révolution des mentalités. Il a exhorté les artisans africains à faire preuve de davantage de créativité, à se perfectionner continuellement et à ne jamais se laisser complexer par les réalisations venues d’ailleurs.

En invitant les artisans à ne jamais considérer que les autres font mieux ou que leurs propres capacités sont limitées, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ lance un appel à la confiance en soi et à la valorisation du génie africain.
Car le défi n’est pas seulement de produire davantage, mais de produire mieux, d’innover, de conquérir des marchés et de faire de nos créations des références sur le continent et au-delà.
L’artisan africain ne doit plus être condamné à demeurer dans la petite production informelle. Il doit pouvoir accéder aux technologies modernes, aux financements, aux équipements adaptés, à la formation professionnelle et aux circuits de commercialisation performants.
La Révolution Progressiste Populaire veut faire de l’artisanat un instrument de souveraineté
Dans le discours d’ouverture prononcé au nom du Président du Faso, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem PODA, a rappelé la place stratégique de l’artisanat dans la vision de la Révolution Progressiste Populaire.
Pour les autorités burkinabè, l’artisanat ne saurait être considéré comme une activité économique secondaire. Il constitue un secteur de création de richesses, de valorisation des savoir-faire locaux, de préservation du patrimoine culturel et de promotion de l’emploi.

« La véritable indépendance se construit aussi dans nos ateliers, dans nos champs, dans nos usines et dans le choix quotidien de nos consommateurs », a déclaré le ministre PODA.
Cette déclaration résume parfaitement l’esprit de la dynamique engagée : la souveraineté ne se proclame pas uniquement dans les discours. Elle se construit dans les actes, dans les choix de production, dans la transformation locale et dans la consommation des biens fabriqués par nos propres populations.
Acheter local, transformer local et produire local doivent progressivement devenir des réflexes économiques et patriotiques.
Le Ghana à l’honneur : une coopération africaine au service de la transformation
La présence du Ghana comme pays invité d’honneur constitue également un symbole fort de coopération et d’intégration africaine. La ministre ghanéenne du Commerce, de l’Agroalimentaire et de l’Industrie, Mme Elizabeth OFOSU-ADJARE, a salué l’honneur fait à son pays à l’occasion de cette 18e édition.
Cette participation traduit l’intérêt d’une coopération renforcée entre les pays africains pour la promotion de leurs produits, le partage des expériences et la valorisation de leurs patrimoines artisanaux.

Dans un contexte où les économies africaines cherchent à renforcer leur autonomie, la mutualisation des compétences, des marchés et des capacités de production apparaît comme une nécessité stratégique.
Du savoir-faire à la puissance industrielle : le véritable défi de l’Afrique
La 18e édition du SIAO doit être perçue comme une
invitation à changer de paradigme. L’Afrique possède des artisans talentueux, des ressources naturelles abondantes, des traditions créatives remarquables et un potentiel économique considérable. Ce qui lui reste à consolider, c’est sa capacité à organiser ces richesses dans de véritables chaînes de valeur industrielles.
Il ne suffit plus d’exposer nos œuvres et de célébrer nos talents. Il faut créer les conditions pour que les ateliers deviennent des unités de production modernes, que les petites entreprises artisanales puissent grandir et que les créations africaines s’imposent sur les marchés internationaux.

Le SIAO 2026 ouvre ainsi une réflexion essentielle sur l’avenir de l’économie africaine : comment passer de la valorisation de nos ressources à la maîtrise de leur transformation ?
À Ouagadougou, le message du Président du Faso est sans équivoque : l’artisanat africain doit évoluer, se moderniser et participer pleinement à la construction d’une économie souveraine.
La révolution de l’indépendance économique passe aussi par les mains de nos artisans. Et cette révolution doit commencer maintenant !
Drissa TRAORE de Soumeyla
Wangola médias



