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À la clôture de la Ve édition du Symposium international sur le transport et la logistique, le ministre d’État Émile Zerbo a annoncé des mesures de suivi des recommandations et la formalisation de Translog Africa. Un engagement qui place la coopération régionale, la modernisation des infrastructures et la souveraineté logistique au cœur des priorités africaines.
Le Burkina Faso entend passer des recommandations aux actes pour transformer durablement le paysage du transport et de la logistique en Afrique. À Ouagadougou, la clôture de la Ve édition du Symposium international sur le transport et la logistique, Translog Africa, le 22 octobre 2026, a marqué une nouvelle étape dans la volonté des acteurs du secteur de bâtir des chaînes logistiques plus résilientes, plus sûres et moins dépendantes des pesanteurs structurelles qui freinent les échanges sur le continent.
Placés sous le thème « Résilience et sécurisation des chaînes logistiques dans un environnement mondial en pleine mutation », les travaux ont mis en lumière les défis qui continuent de pénaliser les opérateurs économiques et les États africains. Vétusté des infrastructures, insuffisance de la digitalisation, manque d’interconnexion entre les plateformes, guichets uniques non opérationnels, pratiques anormales, surestaries et frais de détention : autant d’obstacles qui renchérissent les coûts du transport, ralentissent les échanges et fragilisent la compétitivité des économies africaines. Face à ces contraintes, le constat est sans équivoque : l’Afrique ne peut durablement maîtriser son développement économique sans une logistique performante, des corridors sécurisés et une coopération régionale à la hauteur de ses ambitions.

Des recommandations pour rompre avec les blocages structurels
Au terme des échanges, les participants ont formulé une série de recommandations destinées à apporter des réponses concrètes aux difficultés identifiées. Parmi les principales propositions figurent l’élaboration de schémas directeurs nationaux et régionaux de la logistique, la mise en place d’un guichet unique maritime et du commerce extérieur, ainsi que l’interopérabilité des plateformes numériques reliant les ports, les administrations douanières et les opérateurs économiques. Les participants ont également préconisé la simplification de l’amendement des connaissements, le développement d’une expertise nationale en ingénierie logistique et le renforcement de la coopération entre les États voisins. Au-delà des propositions techniques, ces orientations traduisent une exigence fondamentale : réduire les lenteurs administratives, améliorer la transparence des opérations, maîtriser les coûts logistiques et renforcer la capacité des pays africains à organiser eux-mêmes leurs échanges commerciaux. Pour le Burkina Faso, pays sans littoral dont les échanges dépendent largement de corridors traversant plusieurs frontières, ces enjeux revêtent une importance stratégique. La fluidité du transit, la sécurité des axes routiers et la coordination entre les administrations constituent des conditions essentielles à l’approvisionnement du marché national et au dynamisme de l’activité économique.

Émile Zerbo promet un suivi effectif des engagements
Présidant la cérémonie de clôture aux côtés de son homologue nigérien, le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a voulu donner une portée concrète aux conclusions du symposium. Pour lui, les recommandations issues des travaux ne doivent pas rester de simples déclarations d’intention. « Nous veillerons à la mise en place, sans délai, d’un comité de suivi confié au Conseil burkinabè des chargeurs (CBC), et accompagnerons l’élaboration de l’instrument juridique consacrant la reconnaissance officielle de Translog Africa », a-t-il déclaré. Cette annonce constitue un engagement attendu par les acteurs du secteur. Elle pose les bases d’un mécanisme destiné à assurer le suivi des recommandations, à coordonner les actions et à favoriser leur traduction en mesures opérationnelles.
L’enjeu sera désormais de transformer les engagements pris à Ouagadougou en résultats mesurables : des procédures simplifiées, des délais de transit réduits, des infrastructures mieux adaptées aux besoins des opérateurs et des systèmes numériques capables de communiquer entre eux.
Translog Africa devient une plateforme permanente de coopération
L’un des acquis majeurs de cette Ve édition est l’institutionnalisation officielle de Translog Africa en tant que plateforme intergouvernementale et partenariale permanente de concertation sur les transports, la logistique et la sécurité en Afrique. Cette évolution confère au symposium une vocation durable. Il ne s’agit plus seulement de réunir périodiquement des acteurs autour des difficultés du secteur, mais de disposer d’un cadre permanent pour harmoniser les règles, coordonner les politiques et faire avancer les projets communs. La plateforme entend notamment promouvoir l’harmonisation des cadres réglementaires et juridiques régissant le transit et le transport transfrontalier, accélérer la digitalisation et renforcer la cybersécurité ainsi que la résilience des infrastructures logistiques portuaires, ferroviaires et routières. Elle ambitionne également de faciliter le dialogue entre les pouvoirs publics et le secteur privé, notamment les ministères chargés des transports, les conseils des chargeurs et les opérateurs de la chaîne logistique. Dans un contexte où les économies africaines restent confrontées à des contraintes d’acheminement et à des coûts de transport élevés, cette dynamique de coopération apparaît comme un levier important pour renforcer l’intégration régionale et améliorer la circulation des marchandises.

La souveraineté logistique au cœur des ambitions africaines
Pour Émile Zerbo, la réussite de cette initiative dépendra de l’implication effective de chaque partie prenante. Le ministre d’État a ainsi invité les différents acteurs à assumer leurs responsabilités afin de faire de Translog Africa un instrument de coopération au service d’une Afrique capable de définir ses propres priorités et de construire ses propres solutions. « C’est le sens du combat que mène le Burkina Faso, sous le leadership éclairé du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, dans le cadre de la Révolution progressiste populaire, qui a fait de la souveraineté et du développement endogène des choix irréversibles », a-t-il soutenu. Cette orientation place la maîtrise des circuits d’approvisionnement, la modernisation des infrastructures et le renforcement des capacités nationales parmi les enjeux majeurs du développement économique. Elle souligne également la nécessité pour les pays africains de mieux coordonner leurs politiques de transport afin de réduire les obstacles qui entravent les échanges au-delà des frontières. Le ministre a, par ailleurs, rendu hommage aux forces combattantes qui contribuent à la sécurisation des routes et des corridors, parfois au prix de leur vie. Il a également exprimé sa gratitude au ministre des Transports et de l’Aviation civile du Niger, le colonel-major Amadou Abdourahamane, pour sa présence à cette rencontre.
Des engagements à l’épreuve des résultats
Avec l’institutionnalisation de Translog Africa et l’annonce d’un comité de suivi, Ouagadougou affiche sa volonté de contribuer à une nouvelle dynamique de coopération logistique sur le continent. Mais le véritable succès de cette initiative se mesurera à sa capacité à produire des changements tangibles pour les États, les entreprises et les populations. La mise en œuvre des recommandations, la mobilisation des financements, l’interconnexion des systèmes et la coordination entre pays devront constituer les prochaines étapes de cette ambition collective. Car une logistique efficace ne se limite pas au transport des marchandises : elle conditionne l’approvisionnement des marchés, la compétitivité des entreprises, la continuité des échanges et la capacité des États à conduire leurs politiques de développement.

À travers Translog Africa, le défi est donc clairement posé : faire de la coopération régionale un levier concret de modernisation et de souveraineté logistique, afin que les ambitions affichées à Ouagadougou se traduisent, sur le terrain, par des corridors plus sûrs, des échanges plus fluides et une intégration africaine plus opérationnelle.
Drissa TRAORE de Soumeyla
Wangola Médias



