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Ouangolodougou au Burkina Faso : des infrastructures scolaires et maraîchères pour renforcer la résilience des communautés frontalières

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Ouangolodougou, Koutoura et Yendéré dans la commune de Niangoloko bénéficient d’investissements de plus de 85 millions de F CFA dans le cadre du projet PRORECO, mis en œuvre par IRC Côte d’Ivoire et l’AGEREF Comoé–Léraba. A Ouangolodougou, ce sont des infrastructures éducatives qui ont été réalisées au profit des populations et la réception provisoire suivie de la remise de clés s’est déboulée le 23 octobre 2026 sous la présidence du gouverneur des Tannounyan, représenté par Toussaint Medah, Secrétaire général de la région, en présence de Mamadou Karama, Directeur Exécutif de l’AGEREF/Comoé-Léraba, des premiers responsables en charge de l’éducation primaire des Tannounyan, des responsables des forces  de défense et de sécurité. La notabilité coutumière n’était pas en reste et les populations bénéficiaires étaient fortement mobilisées.

Les populations de Ouangolodougou, de Koutoura et de Yendéré, dans la région des Tannounyan, bénéficient de nouvelles infrastructures scolaires et de périmètres maraichers destinés à améliorer leurs conditions de vie. Ces réalisations ont fait l’objet d’une cérémonie de réception provisoire et de remise officielle des clés à Ouangolodougou dans la commune de Niangoloko, dans le cadre du Projet de Renforcement de la Résilience, de la Cohésion Sociale et de la Coopération transfrontalière (PRORECO).

Mis en œuvre depuis le 1er décembre 2022 par International Rescue Committee (IRC) Côte d’Ivoire et l’Association de Gestion des Ressources naturelles et de la Faune Comoé-Léraba (AGEREF/CL), le projet vise à contribuer à la stabilisation et à la prévention des conflits violents dans les zones frontalières entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Il intervient notamment au profit des personnes déplacées, des réfugiés et des communautés hôtes.

Une vue du matériel d’hygiène

À Ouangolodougou, libation symbolique de la cérémonie par les notables, interventions, remise de matériel, coupure symbolique du ruban, visite des réalisations et la photo de famille pour la postérité ont constitué les temps forts de cette inauguration ce 23 octobre 2026. Le premier vice-président de la délégation spéciale de Niangoloko et le représentant des bénéficiaires, Mamadou Ouattara, tous ont salué le bienfait du geste pour la localité en matière d’éducation.

Les traces des millions de francs CFA à Ouangolodougou

Selon Mamadou Karama, Directeur Exécutif de l’AGEREF/CL, intervenant au nom du consortium IRC/AGREF-CL, les travaux à l’école primaire de Ouangolodougou comprennent la construction de trois salles de classe, d’un bureau du directeur et d’un magasin, pour un coût de 31,4 millions de FCFA. Trois autres salles de classe ont été réhabilitées pour un montant de 17,8 millions de FCFA. Les bâtiments bénéficient notamment de systèmes d’énergie photovoltaïque, de plafonds, de brasseurs d’air et d’éclairage.

Les premiers bénéficiaires, les élèves ont chanté l’hymne national en dioula

Poursuivant, il a ajouté que l’établissement a également reçu des équipements scolaires estimés à 20,8 millions de FCFA, comprenant 250 tables-bancs, du mobilier pour les enseignants, des armoires, des tableaux et des dispositifs de lave-mains. Neuf lampadaires solaires contribueront également à améliorer l’éclairage des espaces scolaires.

Une attention particulière pour l’hygiène

Pour Mamadou Karama, une attention particulière a été accordée à l’hygiène et à la gestion hygiénique des menstrues des jeunes filles. Des produits d’entretien, des serviettes hygiéniques, des sous-vêtements de rechange et du matériel de lavage ont été fournis pour un montant de 965 900 FCFA, financé directement par IRC Côte d’Ivoire.

Coupure du ruban symbolique

Des périmètres maraichers à Vendée et Koutoura

Sur le plan économique, les villages de Koutoura et de Yendéré disposent chacun d’un périmètre maraîcher. Les installations comprennent des forages équipés de pompes immergées hybrides, des panneaux solaires, des réservoirs de stockage de 2 000 litres et des bassins en ciment de 10 m³. Les deux périmètres ont été clôturés et aménagés pour faciliter les activités agricoles et ont nécessité un investissement supérieur à 11,6 millions de FCFA. Ces réalisations viennent compléter la réhabilitation de deux forages à Koutoura et à Yendéré, réceptionnés le 1er septembre 2026, pour un coût global de 4,79 millions de FCFA.

C’est DREPPNF Dari Anselme Dah qui a réceptionné le matériel

À entendre Mamadou Karama, au-delà des infrastructures, cette initiative revêt une importance particulière dans une zone confrontée à des défis sécuritaires. En effet, évacué sous la pression de groupes terroristes, le village de Ouangolodougou a été réinstallé en décembre 2023, après sa reconquête par les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), avec l’appui des autorités et des populations.

Retour d’une vie communautaire assuré par PRORECO

Le projet PRORECO entend ainsi favoriser le retour à une vie communautaire plus stable grâce à l’amélioration de l’accès aux services sociaux, au renforcement de la cohésion sociale et à la gestion durable des ressources naturelles.

Les responsables du projet ont salué l’engagement des autorités administratives, des services techniques, des forces de défense et de sécurité ainsi que des communautés bénéficiaires. Ils ont également exprimé leur reconnaissance à la République Fédérale d’Allemagne, à travers la banque KFW, et à la Confédération suisse, par l’intermédiaire de la Fondation PATRIP, pour leur soutien technique et financier.

Pour le représentant du gouverneur, Toussaint Medah, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, économiques et climatiques, de telles initiatives sont particulièrement importantes. « Elles participent au renforcement des capacités des communautés à faire face aux difficultés et à préserver leurs moyens de subsistance », a dit Toussaint Medah qui a ensuite souligné le lien étroit entre ces réalisations et la gestion durable des ressources naturelles. C’est pourquoi, il a invité les bénéficiaires à assurer une utilisation responsable et durables des réalisations dans la transparence, la solidarité et la coopération communautaire.

SiéYacoubaOuattara

WangolaMédias

Des réactions :

Toussaint Medah, représentant le gouverneur : Je voudrais au nom du camarade gouverneur empêché, traduire toute ma satisfaction et ma gratitude après avoir reçu ses clés et visité ces infrastructures réalisées par le consortium IRC et l’AGEREF/Comoé Léraba ici à Ouangolodougou. C’est un sentiment de reconnaissance et de gratitude aujourd’hui avec ces infrastructures au profit des élèves. C’est encore ajouter une pierre à la construction du Burkina Faso dans le cadre de la révolution progressiste populaire où chaque acteur doit apporter sa contribution à ce que notre révolution puisse aller de l’avant. Cela a été dit dans les discours, c’est un village qui a été reconquit, réinstallé et des infrastructures qu’on apporte, c’est tout ce que nous demandons. Nous souhaitons vivement que ces infrastructures puissent servir longtemps à la fois au monde éducatif, et aux élèves. Nous l’avons dit dans le discours, nous engageons l’ensemble de la communauté éducative au bon entretien de ses infrastructures qui leur ont été donnés aujourd’hui et surtout, que cela puisse servir longtemps à tout le monde. Merci aux partenaires qui ont remis ces infrastructures maraîchères à Yendéré et Koutoura. En tout cas, c’est encore apporter de la plus-value aux agriculteurs à travers l’offensive agrosylvopastorale et halieutique dans lequel nous sommes engagés également.

Mamadou Karama, Directeur Exécutif de l’AGEREF/Comoé–Leraba : Ces infrastructures en réalité ont vu le jour dans le cadre du PRORECO.  C’est un projet transfrontalier et dont l’objectif était la stabilisation des communautés, la promotion de la prévention et la résolution des conflits au niveau des communautés qui sont transfrontalières. C’est un projet qui intervient sur la bande frontalière entre le Burkina et la Côte d’Ivoire. Nous sommes allés en consortium avec une ONG américaine basée en Côte d’Ivoire qui est IRC/Côte d’ivoire et au Burkina Faso il y a AGEREF Burkina. Du côté de la Côte d’Ivoire, il y a AGEREF Wariguè et ces projets interviennent dans la bande frontalière pour voir comment dans le cadre de la lutte, une synergie peut être mise entre les différentes communautés et faire barrière à l’extrémisme violent. Dans le cadre du projet, il y a la promotion des mécanismes de résolution des conflits et on essaie de les aider aussi à améliorer l’accès aux infrastructures et aux ressources naturelles durablement. Pendant les phases de diagnostic, il est ressorti dans le village de Ouaangolodougou qu’il y avait un besoin en infrastructures scolaire et c’est dans ce cadre qu’après le diagnostic, le village a été choisi. Nous avons approché les autorités qui nous ont donné le quitus et nous avons commencé à dérouler le projet le 1er décembre 2022 et aujourd’hui nous sommes en 2026. C’est pour dire que c’était un long parcours car c’est un village qui a été réinstallé et ce n’était pas facile. Mais je pense qu’avec le concours des forces de défense et de sécurité, des autorités administratives, des vaillantes populations, nous avons pu aujourd’hui arriver à ce que vous voyez. Le projet permet de donner aux populations des moyens de résilience.

Dah Darri Anselme, directeur régional de l’éducation préscolaire et non formelle de la région des Tannounyan : Nous avons obtenu ce matin quelque chose de très important pour nous dans la mesure où, réaliser des infrastructures éducatives au profit du système éducatif ici dans les Tannounyan, c’est accompagner les autorités du MEBAPLN dans l’accès à l’école. Cela est d’autant plus important et plus significatif que nous sommes dans une localité qui avait été sous blocus sécuritaire. Avec les efforts de nos forces de défense et de sécurité, les populations sont revenues et la politique prioritaire du ministère c’est d’accompagner ces populations qui retournent dans leur village. Avec ces infrastructures éducatives nous n’avons que deux mots : un mot de remerciement au nom de ma hiérarchie, au nom du ministre pour ce que l’AGEREF a fait pour le système éducatif ici. Le deuxième mot, c’est vraiment féliciter et encourager les acteurs sur place ici, les encadreurs pédagogiques en passant par le chef de circonscription, les enseignants qui officient dans cette école et les élèves à bien prendre soin de ces infrastructures.

Propos recueillis par Sié Yacouba Ouattara

Wangola Médias.

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