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Lancée dans sa phase répressive depuis le 1er octobre 2026, l’opération « Bouclier tête » se poursuit dans la région des Tannounyan. Initiée par le ministère en charge de la Sécurité, cette opération vise à amener les conducteurs et occupants des engins à deux et trois roues au port du casque afin de réduire les conséquences dramatiques des accidents de la circulation. Dans cet entretien accordé à Wangola Médias, le chef du service régional de la circulation et de la sécurité routière de la Direction régionale de la police nationale (DRPN) des Tannounyan, le lieutenant de police Sana Ibrahim, revient sur les motivations de cette mesure, les premiers résultats de sa mise en œuvre et les comportements attendus des usagers de la route.
Wangola Médias : Présentez-vous, s’il vous plait, à nos lecteurs ?
Lieutenant Sana Ibrahim : Tout d’abord, soyez les bienvenus dans les locaux du service régional de la sécurité routière de la Direction régionale de la police nationale des Tannounyan. Cela dit, je suis le Lieutenant de police Sana Ibrahim, chef dudit service. Très ravi en tout cas une fois de plus de vous recevoir dans nos locaux.

Le 15 octobre dernier à travers une conférence de presse, le Directeur régional de la police nationale des Tannounyan livrait d’importantes informations sur le port du casque. Pouvez-vous rappeler à l’intention de nos lecteurs les raisons qui ont amené le ministère de la sécurité à rendre obligatoire le port du casque ?
Ok. D’abord, il faut dire que le ministère chargé de la sécurité, sous le leadership du camarade ministre, en l’occurrence le commissaire divisionnaire de police Mahamoudou Sana, est partie d’un constat basé sur les conséquences néfastes des accidents de la circulation routière. Et de ce constat, Il ressort que la majorité des usagers tués sur place sont ceux qui ne portent pas de casques. Raison pour laquelle le camarade ministre a instruit les services de sécurité à veiller au respect du port de casque qui, il convient de le souligner, constitue une obligation légale, afin de mieux protéger nos usagers dans la circulation routière. Et c’est conformément à cette directive que le camarade directeur général de la police nationale, l’inspecteur général de police Tuina a initié l’opération dénommée « BOUCLIER TÊTE ». C’est ainsi que depuis pratiquement une année, les services de police ont été engagés dans une première phase dans la sensibilisation des populations sur l’importance du port du casque dans la circulation routière. Et depuis le 1er octobre 2026, sur instructions des plus hautes autorités, nous sommes passés à la phase répressive contre les usagers qui rechignent à respecter cette mesure. C’est suite aux activités menées dans le cadre de cette opération du 1er au 15 octobre 2026 que le camarade directeur régional de la police nationale des Tannounyan, le commissaire divisionnaire Ouanhindouba Yémien a invité les journalistes pour le point de presse dont vous faites cas.
Rappelez-nous les chiffres que vous avez ressortis ce jour ?
Effectivement ce jour, comme bilan, le camarade directeur régional a fait état de plus de 1500 usagers contrôlés, 894 verbalisations et plus de 3 millions de francs CFA collectes au titre d’amendes forfaitaires dans le cadre de l’opération « BOUCLIER TÊTE ». Précisons que ce bilan est celui des deux premières semaines de ce mois d’octobre. Mais de cette période à nos jours, c’est à dire les deux dernières semaines du même mois, nous sommes à environ 800 usagers contrôlées, plus 700 verbalisations et un peu plus de 2 millions de francs collectés comme amendes forfaitaires. Il faut bien rappeler aux uns et aux autres que l’objectif de cette opération n’est point financier mais plutôt sécuritaire. C’est pour amener la population à mieux se protéger parce qu’il faut le dire, le port du casque vise avant tout la protection de la vie humaine. Parce qu’en cas d’accident de la circulation routière, comme il est constaté couramment, la majorité de ceux qui perdent la vie sur place sont les personnes qui ne portaient pas de casque. Dans un accident de la route, lorsque la tête cogne violemment le bitume ou un obstacle, un traumatisme crânien est vite survenu et il est difficile de s’en relever.

L’opération « Bouclier tête » vous a déjà permis de contrôler plusieurs centaines, voire de milliers d’usagers de la circulation. Est-ce que parmi les engins contrôlés et mis en fourrière, vous avez retrouvé des engins volés ?
Pour le moment il est prématuré de se prononcer sur cette question mais ce qu’il y a lieu de dire est que beaucoup d’engins ont été mis en fourrière et jusqu’à présent certains engins demeurent toujours dans nos locaux même si, j’insiste là-dessus, nos recoupements ne nous ont pas encore permis de faire un lien entre les victimes de vols connus de nos services et lesdits engins. Actuellement, ces engins sont là et nous continuons toujours l’opération espérant que s’il y a des engins volés, tôt ou tard, les légitimes propriétaires se présenteront pour rentrer en possession de leur bien.
L’opération « bouclier tête » a-t-elle pris fin ou bien elle se poursuit ?
L’opération « Bouclier tête » n’a pas pris fin. Je dirais qu’elle est même partie pour durer dans le temps et ce jusqu’à ce qu’une instruction de la hiérarchie vienne y mettre fin. Alors il faut que les uns et les autres se mettent en tête qu’il ne s’agit pas d’une opération ponctuelle, et que c’est une opération qui est déclenchée pour de bon et cela pour la sécurité de nos populations et plus particulièrement des usagers de la route.
Il arrive que l’on aperçoive des usagers de la route qui portent mal le casque. Le fait par exemple de ne pas attacher les sangles constitue-t-il une infraction ?
Bien sûr. Comme je l’ai dit tantôt, c’est purement dans le souci de sécuriser nos usagers que l’opération « BOUCLIER TÊTE » a été décidée par le camarade Directeur General de la Police Nationale et mis en œuvre ici, dans notre région, par le camarade directeur régional de la police nationale. Ainsi, Il faut que les uns et les autres comprennent que cette opération n’a pas pour but d’importuner ou de restreindre les libertés des usagers. C’est pour protéger nos populations et particulièrement les usagers de la route parce que comme vous le savez, la police nationale et plus généralement les forces de sécurité, ont pour attribution de protéger les personnes et leurs biens. Et l’obligation du port du casque que nous travaillons à en faire une réalité rentre dans le cadre de la protection des personnes. Donc, si l’on ne perçoit pas le port du casque sous ce prisme, on se met en danger dans la circulation. Et malheureusement, certains usagers portent le casque uniquement par crainte d’être interpelle et ce sont ces derniers qui ne prennent pas soins de bien le porter pour la plus part. Nous devons tous comprendre que porter un casque, c’est se prémunir éventuellement des conséquences graves des accidents de la circulation routière et par conséquent, lorsqu’on doit le porter, il faut bien le porter. Il y a la corde qu’on appelle la jugulaire ou la sangle, il faut bien l’accrocher. Il faut s’assurer également que le casque que nous achetons est conforme à notre tête. Le casque doit bien épouser la tête qu’il protège. Il ne faut porter un casque dans lequel la tête flotte. Tout cela concourt à une meilleure protection.
En plus de ceux qui portent mal casque, il y a des usagers remorqués qui ne portent pas de casque. Que dit la loi à ce sujet ?
Merci pour cette question parce que généralement lors de nos sorties de sensibilisation voire de répression dans le cadre de la mise en œuvre de l’opération « Bouclier tête », certain usagers, soucieux de mieux comprendre cette obligation du port du casque nous approchent pour poser cette question. Alors je profite de vos colonnes pour dire aux uns et aux autres que l’obligation pèse sur tous les occupants de la moto. Que ce soit le conducteur ou l’usager remorqué, c’est une obligation légale qui est prévue par des textes réglementaires. Tous les deux occupants de la moto doivent porter le casque. Comme je l’ai dit en cas d’accident de la circulation routière ni le conducteur, ni le passager ne seront épargnés d’éventuelles conséquences néfastes. Donc, dans le souci de la protection, il sied que tous les deux soient porteurs de casque.

Quel est votre message à l’endroit des usagers quand on sait que, comme vous l’avez dit, l’opération « Bouclier tête » est lancée pour de bon ?
Permettez-moi de vous réitérer nos remerciements pour cette opportunité que vous nous offrez afin d’éclairer davantage nos frères et sœurs sur l’importance du port du casque. Par ailleurs, il y’a lieu de souligner que l’opération « BOUCLIER TÊTE » a permis de nos jours d’engranger d’énormes résultats car il est de plus en plus rare de voir des usagers conducteurs d’engins sans casque. Cependant, il y’a toujours certains usagers qui refusent obstinément à ne pas porter de casque. A ceux-là, nous leur enjoignons de rentrer dans le rang du civisme au risque de s’exposer à des sanctions.
Cela dit, nous insistons sur le fait que le port du casque ne vise rien d’autre que la protection des usagers de la route. Parce que lorsqu’on se dit que c’est une contrainte qui m’a été imposée par l’autorité, on souffre et cela peut nous amène à ne pas porter le casque et à passer le temps à contourner les agents qui sont chargés du contrôle routier. Mais lorsqu’on se dit que c’est pour son propre bien, naturellement, ça devient un réflexe. On sait à partir de cet instant qu’en portant le casque, c’est avant tout pour soi-même et non pour autrui.

Il faut que nous intégrions cette pensée dans nos habitudes, il faut également que les populations puissent comprendre que le port de casque ne vise nullement des buts financiers ou simplement pour faire souffrir la population. L’objectif ultime concernant le port de casque, c’est la protection des populations et particulièrement des usagers pour le bonheur de nos familles, de notre société et au-delà du pays entier. Lorsqu’on est gravement atteint suite à un accident, surtout s’il s’agit de la tête et qu’il y a des traumatismes crâniens et autres, il est difficile qu’on se relève. Et lorsqu’on ne se relève pas, c’est une famille qui est derrière nous, c’est une épouse ou un époux qui est derrière nous, ce sont des orphelins qui sont derrière nous, ce sont des veuf ou veuves qui sont derrière nous et ce sont des pertes énormes pour la société et au-delà pour la nation entière. Voilà, pourquoi c’est dans l’intérêt de tout le monde que nous nous conformions à cette mesure.
Interview réalisée par Go Mamadou TRAORE
Wangola Médias.



