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Projet PLURIELLES dans les Tannounyan : le comité régional de suivi sur le terrain.

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Le comité régional de suivi des réalisations du projet PLURIELLES a effectué, les 28 et 29 octobre 2026, une tournée d’immersion dans les provinces de la Léraba et de la Comoé. De Douna à Banfora, en passant par Sindou et Nafona, les membres de la délégation ont visité plusieurs sociétés coopératives féminines, d’associations et structures sanitaires ayant bénéficié de l’accompagnement du projet. Objectif : apprécier les réalisations, mesurer leurs effets sur les conditions de vie des bénéficiaires et s’assurer de la pérennisation des acquis. Au terme de ces deux jours de visite, le comité s’est dit satisfait des résultats constatés.

A Douna, les membres des la SCOOPS étaient fortement mobilisés

C’est la Société coopérative simplifiée (SCOOPS) Gnongondèmin  (entre aide) de Douna qui a constitué la première étape de cette tournée, le 28 octobre 2026. Installée en bordure de la route menant à Sindou, cette coopérative, composée majoritairement de femmes, intervient dans la transformation du maïs, notamment en farine et en semoule. Créée en 2012, elle doit, selon sa secrétaire générale, Coulibaly Aïcha, une bonne partie de son essor à l’accompagnement du projet PLURIELLES. « Le projet nous a dotées de suffisamment de matériel. Nous avons également bénéficié de plusieurs sessions de formations en gestion financière, en droits de la femme, en lutte contre les mariages forcés, ainsi qu’en hygiène et santé », a-t-elle expliqué. Elle a ajouté que les membres sont désormais affiliés à une mutuelle d’assurance maladie et que leur chiffre d’affaires a connu une nette progression. Autre acquis non moins important : les conjoints ont progressivement compris l’intérêt de l’organisation des femmes en coopératives.

Au siège de la SCOOPS WENDPAGAGNAGDE, les mambres du comité de suivi des réalisations a assisté à l’étuvage du riz

Après Douna, la délégation conduite par le secrétaire général de la région des Tannounyan, Toussaint Méda, a mis le cap sur Sindou. Au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA), les visiteurs ont pu apprécier les travaux de réhabilitation du laboratoire ainsi que la construction d’un incinérateur destiné à la gestion des déchets biomédicaux. Une intervention qui répondait à un besoin pressant de la structure sanitaire.

Le surveillant d’unité technique du laboratoire, Sintéré Sanou, n’a pas caché sa satisfaction. Avant l’intervention du projet, a-t-il expliqué, le personnel devait effectuer les différents prélèvements et manipulations dans une seule grande salle, dans des conditions peu adaptées. Grâce au projet PLURIELLES, le laboratoire dispose désormais de sept salles supplémentaires, avec notamment un hall d’attente, une salle de prélèvement, un hall des réfrigérateurs, une salle d’hémato-parasito-bactériologie, une salle de biochimie, un secrétariat, une salle de garde et des toilettes.

Sanou Sintéré SUT du laboratoire du CMA de Sindou

Pour le responsable technique, cette nouvelle configuration améliore considérablement les conditions de travail et permet au laboratoire de se conformer davantage aux exigences du système de management de la qualité. « Depuis l’intervention du projet PLURIELLES, nous sommes capables de remettre les résultats des analyses dans les délais, pour une prise en charge rapide des patients », s’est-il réjoui.

Les responsables du CMA ont, par ailleurs, salué la capacité d’écoute du projet PLURIELLES. Selon eux, si l’intervention initialement envisagée ne concernait pas le laboratoire, le plaidoyer du médecin-chef de district a permis de prendre en compte cette préoccupation majeure.

Le comité de suivi au RAJS à Banfora

La visite s’est poursuivie à la SCOOPS Hakiliyèlè de Sindou, spécialisée dans la transformation des produits forestiers non ligneux. Sa présidente, Jacqueline Somé, a évoqué les retombées de l’accompagnement reçu, aussi bien en équipements qu’en renforcement des capacités. Ces appuis ont permis à la coopérative d’améliorer la qualité de ses produits et de renforcer sa compétitivité. Ils ont même suscité, à un moment donné, des ambitions de certification. « Grâce au projet PLURIELLES, nous avons pu participer à des foires à Ouagadougou et à Koudougou. Nos produits sont désormais mieux présentés grâce aux emballages innovants que le projet nous a aidées à concevoir », a-t-elle indiqué.

Toussaint Meda, SGR des Tannounyan s’est dit satisfait des actions du projet PLURIELLES

Au terme de cette première journée, le secrétaire général de la région des Tannounyan, Toussaint Méda, s’est dit édifié par les réalisations et les témoignages recueillis. Pour lui, la tournée a permis aux membres du comité de mesurer concrètement les changements induits par les interventions du projet. Il a notamment relevé l’engagement des femmes bénéficiaires et l’amélioration de leurs activités économiques. « Les femmes ont témoigné elles-mêmes que l’accompagnement du projet leur a permis de développer leurs activités. Les chiffres d’affaires, qui étaient à un niveau relativement bas, ont augmenté. C’est dire que le projet PLURIELLES a vu juste en accompagnant ces braves femmes dans la région », a-t-il déclaré.

Le Directeur du projet, Docteur Siribié Issa s’est réjouit de la satisfaction des autorités régionales

S’agissant du CMA de Sindou, il a salué la réhabilitation du laboratoire et la construction d’un incinérateur de dernière génération, fabriqué au Burkina Faso, qui contribue à une meilleure gestion des déchets biomédicaux. Il a invité les structures bénéficiaires, particulièrement les sociétés coopératives, à poursuivre leurs efforts et à anticiper l’après-projet, afin de consolider les acquis et de mieux prendre en compte les besoins des familles.

Le 29 octobre 2026, la tournée s’est poursuivie dans la province de la Comoé, sous la conduite du conseiller technique du gouverneur, Boukary Dionou. À Banfora, la délégation a successivement visité le siège de l’Association Munyu des femmes de la Comoé où se trouve une clinique juridique qui bénéficie de l’accompagnement du projet et qui assistent les personnes victimes de violences conjugales. Les membres ont aussi visité le CSPS de Nafona, les sièges des SCOOPS Wendpagnagdé et Djiguitougou, avant de terminer par celui du Réseau africain jeunesse, santé et développement (RAJS).

À chacune de ces étapes, les responsables des structures ont présenté les interventions dont elles ont bénéficié et les changements observés. Au CSPS de Nafona, c’est notamment la maternité qui a fait l’objet d’une rénovation grâce au projet. Une réalisation qui a contribué à rendre le cadre de travail plus accueillant et plus adapté à la prise en charge des femmes. Selon le major de la formation sanitaire, Abdoulaye Soma, cette intervention a eu des répercussions positives sur les statistiques de la structure, l’une des neuf formations sanitaires du district sanitaire de Banfora accompagnées par PLURIELLES.

photo de famille devant la maternité du CSPS de Nafona

À la SCOOPS Wendpagnagdé, sa présidente, Fatoumata Ouédraogo, a également dressé un bilan positif de l’accompagnement reçu. En plus des activités de nettoyage et d’assainissement qu’elles mènent dans les services, les membres de cette coopérative s’investissent dans la transformation du riz et l’accompagnement de jeunes femmes et filles marginalisées. Le projet leur a apporté des formations et des équipements, notamment des étuveuses et du riz ayant constitué le fonds de démarrage de leurs activités de transformation.

Même satisfaction du côté de la SCOOPS Djiguitougou, dont les activités portent essentiellement sur la transformation du manioc en attiéké, placali, tapioca et amidon. Selon sa responsable, l’accompagnement de la coopérative a également profité à des femmes déplacées internes (PDI). Certaines, retournées dans leurs localités d’origine, poursuivent désormais leurs activités de transformation du manioc à leur propre compte, en s’appuyant sur les connaissances acquises au sein de Djiguitougou.

Dernière étape de cette journée à Banfora, le siège du RAJS. La délégation y a été informée des actions de formation et de sensibilisation conduites avec l’appui du projet. Selon la coordonnatrice, Awa Zabré, quatorze dialogues communautaires ont notamment été organisés autour de la promotion des droits humains.

Au-delà des acquis présentés, les structures visitées ont profité de cette rencontre pour exprimer leurs attentes. Les différentes SCOOPS souhaitent notamment bénéficier d’un accompagnement pour l’acquisition de sièges propres. Le RAJS nourrit, pour sa part, le projet de construire un centre d’incubation au profit des jeunes. Quant à l’association Munyu, elle espère voir aboutir le projet de construction, par les autorités, d’un centre d’hébergement destiné aux victimes de violences basées sur le genre (VBG). D’une même voix, les bénéficiaires ont souhaité une seconde phase du projet PLURIELLES afin de poursuivre les actions engagées et de répondre aux besoins qui restent en attente.

Pour le directeur du projet, le docteur Siribié Issa, cette sortie de terrain constitue un véritable motif de satisfaction. Après quatre à cinq années de mise en œuvre, il estime que le chemin parcouru par les structures accompagnées témoigne de l’utilité des interventions. Il a notamment insisté sur les appuis en équipements, en matériels, en intrants et en renforcement des capacités qui ont permis aux coopératives d’améliorer leur production et leurs revenus. Une évolution qui, selon lui, dépasse le cadre strictement économique. « L’amélioration des revenus d’une femme a nécessairement des répercussions sur toute sa famille, notamment en matière de santé, d’éducation et d’épanouissement », a-t-il souligné.

Les interventions dans les formations sanitaires constituent également, à ses yeux, des acquis importants. Il a cité le cas du CMA de Sindou, où la construction de l’incinérateur permet désormais de mieux prendre en charge les déchets biomédicaux, mais aussi la réhabilitation du laboratoire qui dispose aujourd’hui de plusieurs compartiments adaptés à ses différentes activités. Ces réalisations contribuent, selon lui, à améliorer les capacités de prise en charge des patients.

Le directeur du projet a toutefois rappelé que toute intervention a une durée limitée et que les bénéficiaires doivent dès maintenant se préparer à l’après-PLURIELLES. À cet effet, il a mis en avant les plans de pérennisation élaborés et signés par les différentes structures partenaires, à travers lesquels chacune a pris des engagements pour préserver les acquis. « Un projet a un début et une fin. Notre souhait est que les activités et les acquis puissent perdurer au-delà de sa mise en œuvre. Chaque acteur a pris des engagements à travers un plan de pérennisation pour maintenir les acquis du projet », a-t-il expliqué.

Au terme de ces deux journées d’immersion dans la Léraba et la Comoé, le comité régional de suivi a ainsi pu constater les changements intervenus dans les structures sanitaires et les organisations féminines partenaires. Une visite qui aura également permis de rappeler que la consolidation des acquis et leur pérennisation constituent désormais un enjeu majeur pour les bénéficiaires, à l’approche de la fin du projet PLURIELLES.

Go Mamadou Traoré

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