Promotion de la cohésion sociale et du vivre-ensemble : des imams et prêcheurs de Banfora à l’école du CERFI

Une soixantaine de personnes, composées de leaders religieux, d’imams et de prêcheurs, sont en conclave depuis le 17 avril 2026 à Banfora, sur initiative du Cercle d’Études, de Recherches et de Formation Islamiques (CERFI), qui ambitionne, durant 48 heures, de renforcer leurs connaissances sur la cohésion sociale et le vivre-ensemble. La cérémonie d’ouverture de cette session, qui se déroule dans la salle de réunion de la Direction régionale de la santé, a été présidée par le gouverneur des Tannounyan, Patrice Yéyé, qui avait à ses côtés le Haut-commissaire de la Comoé, Mathieu Tinguéri, et le PDS de Banfora, Yakouba Barro.
Selon Kadré Sawadogo, 1er vice-président du Bureau exécutif national du CERFI et coordonnateur du projet Djama Béog Nèré conduit par le CERFI, cette formation se déroule dans le cadre de la mise en œuvre dudit projet, qui vise le renforcement de la résilience des populations à travers la promotion des valeurs de paix, de cohésion sociale et des droits humains au Burkina Faso qui, actuellement, traverse une double crise sécuritaire et humanitaire. Sur le terrain, fait-il savoir, le projet s’intéresse aux prédicateurs, aux imams, aux leaders religieux et à tous ceux qui portent le message de l’islam. C’est pourquoi, dira le coordonnateur, il axe son intervention sur le dialogue intracommunautaire. La communauté musulmane étant une grande communauté au Burkina Faso, le renforcement du dialogue et de la cohésion sociale en son sein va, à coup sûr, impacter positivement la cohésion sociale au plan national. C’est pourquoi, dira Kadré Sawadogo, des formations sont orientées vers les porteurs du message de l’islam.

Kadré Sawadogo « Ces formations sont orientées vers les porteurs du message de l’islam ».
Durant ces deux jours, les modules portant sur la gestion des divergences et des conflits communautaires, la construction de discours de paix et de cohésion sociale, la lutte contre l’extrémisme violent, la stigmatisation et les discours de haine constituent les principaux points sur lesquels les participants vont se pencher.

Une vue du présidium avec le gouverneur au milieu pour qui la réponse à cette crise sécuritaire, en plus du front militaire, doit également se jouer sur plusieurs autres fronts, notamment l’éducation, la sensibilisation et la formation, comme celle initiée par le CERFI au profit des imams et prédicateurs.
Dans son discours d’ouverture des travaux, le gouverneur des Tannounyan, Patrice Yéyé, a salué l’engagement du CERFI à contribuer au retour de la paix dans notre cher pays car, il n’est un secret pour personne que, depuis 2015, notre pays fait face à une insécurité dont l’une des conséquences est la mise à mal du vivre-ensemble, de la cohésion sociale et du respect mutuel entre les différentes composantes de la nation. « En effet, ceux qui nous attaquent tentent, par tous les moyens, d’opposer les composantes de notre pays en jouant sur les fibres ethniques et religieuses », a déclaré le gouverneur, pour qui la réponse à cette crise sécuritaire, en plus du front militaire, doit également se jouer sur plusieurs autres fronts, notamment l’éducation, la sensibilisation et la formation, comme celle initiée par le CERFI au profit des imams et prédicateurs.

Les participants suivant le discours d’ouverture du gouverneur
Plaçant son espoir dans le retour d’expérience que les participants feront une fois de retour dans leurs localités respectives, Patrice Yéyé les a invités à une participation active à cette formation afin de s’approprier les thématiques et de bien jouer leur rôle dans un Burkina en quête de paix et de sécurité, débarrassé des stigmates des discours haineux et de la violence.

Dramane Kaboré, président régional du CERFI
Saluant la pertinence du thème de la formation, Dramane Kaboré, président régional du CERFI Tannounyan, soutient que certains discours auxquels nous assistons de nos jours ne sont pas favorables à la cohésion sociale. C’est pourquoi il faut, selon lui, saluer cette initiative du CERFI qui s’engage à montrer aux leaders religieux quel discours tenir pour garantir la paix au sein de la communauté burkinabè. « Un discours mal conçu peut créer des difficultés et nous souhaitons que les participants puissent comprendre ce qu’est l’islam et connaître le vrai visage de cette belle religion », a souhaité M. Kaboré, qui, au passage, rappelle que : « Lors de la cérémonie d’ouverture, on a parlé des droits du voisin. Et quand on dit droit du voisin, l’islam n’a pas parlé du musulman, mais du voisin. Et le voisin peut se trouver à 40 mètres ou plus. Si nous arrivons à comprendre cela, nous vivrons dans la paix ».

Ibrahim Ouattara, l’un des imams du CERFI Tannounyan
Embouchant la même trompette, Ibrahim Ouattara, l’un des imams du CERFI Tannounyan, a également estimé que cette formation est la bienvenue au regard de la situation que traverse le Burkina Faso de nos jours. Selon lui, certains musulmans n’ont pas compris l’essentiel du message que prône l’islam. « Il y a des musulmans qui, malheureusement, ne savent pas comment intervenir tout en préservant la cohésion sociale, contrairement à ce que dit le Coran et à ce que les hadiths enseignent ». C’est pourquoi il a joint sa voix à celle de ses prédécesseurs pour inviter les participants à disséminer autour d’eux ce qu’ils auront appris durant les 48 heures sur la promotion de la cohésion sociale.
Go Mamadou TRAORE
Wangola Médias



