Souveraineté alimentaire : suspension de l’importation du riz, une décision courageuse et nécessaire du Burkina Faso.

Dans un contexte international marqué par les incertitudes économiques, les crises alimentaires et la dépendance excessive aux importations, la décision du gouvernement burkinabè de suspendre temporairement l’importation du riz apparaît comme un acte de responsabilité, de lucidité et de souveraineté.
Loin d’être une mesure restrictive, cette orientation stratégique vise avant tout à protéger et dynamiser la production nationale. Pendant trop longtemps, les producteurs locaux ont été confrontés à une concurrence déséquilibrée, où le riz importé, souvent subventionné à l’étranger, inondait le marché au détriment des efforts des agriculteurs burkinabè. En rééquilibrant ce rapport de force, l’État envoie un signal fort : le travail du producteur national doit être valorisé et soutenu.

Cette décision s’inscrit également dans une logique de sécurité alimentaire. Un pays qui dépend fortement de l’extérieur pour nourrir sa population reste vulnérable aux fluctuations des marchés internationaux, aux crises géopolitiques et aux ruptures d’approvisionnement. En favorisant la consommation du riz local, le Burkina Faso pose les bases d’une autonomie durable et résiliente.
Par ailleurs, cette mesure constitue un levier économique puissant. Elle encourage l’investissement dans la filière rizicole, stimule la transformation locale, crée des emplois et renforce toute la chaîne de valeur agricole. C’est un choix structurant qui dépasse la simple question du riz : il s’agit de bâtir une économie endogène, solide et inclusive.

Enfin, l’appel au patriotisme économique lancé par le gouvernement interpelle chaque acteur : producteurs, commerçants, consommateurs. Le développement ne peut être imposé d’en haut ; il se construit collectivement. Consommer local devient ainsi un acte citoyen, un engagement concret pour l’avenir du pays.

Oui, cette décision demande des efforts et des ajustements. Mais elle trace une voie claire : celle de la dignité, de l’indépendance et de la valorisation des ressources nationales.
Soutenir le riz burkinabè aujourd’hui, c’est investir dans la souveraineté de demain.
Drissa TRAORE de Soumeyla
Wangola médias



