Fête du travail : une conférence sur les risques professionnels pour sensibiliser les travailleurs.
A l’occasion du 1er mai 2026, journée internationale du travail, l’Union d’Action Syndicale (UAS) section de la Comoé, en lieu et place de la traditionnelle marche suivie de la remise aux autorités de leur plateforme revendicative, a initié une conférence sur les risques professionnels à l’intention des travailleurs de la ville de Banfora. D’une importance capitale car d’actualité, cette conférence a été animée par Oumar Soma, retraité et ancien dirigeant syndical. Il s’est agi de sensibiliser les travailleurs à plus de vigilance sur leurs lieux de travail, une condition jugée nécessaire pour atteindre une retraite dans de bonnes conditions de santé.
Sous une mobilisation mitigée, mais dans la détermination syndicale, les travailleurs ont bien échangé sur le thème animé par Oumar Soma. L’importance de ce thème pour les syndicalistes était d’un intérêt capital, car concernant tous les travailleurs. “ Ce qui est recherché c’est de sensibiliser les travailleurs sur les difficultés qu’ils rencontrent dans le cadre du travail, surtout les risques et maladies professionnelles afin de les armer pour qu’ils défendent mieux leurs droits”, a justifié le conférencier pour qui, le premier mai est l’occasion de faire le point sur les avancées des différents droits des travailleurs. “C’est une interpellation car il faut que les gens se saisissent de leurs préoccupations les plus profondes et les assument afin que les patrons, à différents niveaux, puissent les prendre en compte”, a-t-il ajouté.

Oumar Soma a planté le décor soulignant que tout travail ne se déroule pas dans les conditions idéales car il y a forcement des contraintes. Pour les travailleurs exemple, citant les enseignants, des contraintes sont liées à la poussière de la craie, des problèmes de dos, de la voix, de vue entre autres. “ Nous portons des lunettes correcteurs”, lancera un participant. Aussi, les vétérinaires, le fait de patauger dans l’eau et les mineurs, cela peut être sources de désagréments qui, à la longue, peuvent entrainer des complications. Également, le fait de se déplacer de son domicile à son lieu de travail, peut comporter des risques a soutenu le conférencier.
Selon l’orateur du jour, le cadre du travail a évolué jusqu’à la création d’un certain nombre de services pour veiller à la santé au travail. Il s’agit des comités d’hygiène dans les services et les services de santé instaurés de plus en plus sur certains lieux de services. “ Avant c’était des choses qui n’existaient pas mais maintenant, les gens comprennent l’importance”, dira-t-il, soutenant par ailleurs que l’inspection du travail effectue souvent des visites terrains afin constater de visu les conditions de travail des travailleurs.

Revenant sur les maladies professionnelles, Oumar Soma a estimé que certaines conditions de travail peuvent impacter négativement la santé d’un travailleur. “ Cela est codifié à savoir que tout ce qui peut mettre la vie du travailleur en danger aussi bien depuis sa maison jusqu’au lieu du service et même sur le lieu de service, tout cela est considéré comme faisant parties des risques et des maladies liés aux risques professionnels” a affirmé le conférencier.
Concrètement, peut-on éviter les risques et maladies professionnelles ? “Là c’est une illusion, cela n’est pas possible”, de l’avis du conférencier qui se justifie que “le changement du contexte du travail, l’évolution, la rentabilité recherchée dans le travail fait que le cadre du travail est appelé constamment à évoluer. Cela expose dangereusement le travailleur”, dira-t-il. C’est pourquoi il a recommandé aux travailleurs de se retrouver et de se battre dans les différentes structures. “Ce sont ces luttes qui ont amené les travailleurs dans les différentes entreprises afin que les gens puissent avoir des comités d’hygiène”, souligne le conférencier pour qui, c’est dans le sens de mieux suivre la santé du travailleur qu’il y a désormais des services de santé au niveau de certaines entreprises.

Poursuivant il a soutenu que “ le contrôle régulier doit leur permettre de savoir s’il n’y pas de risques pour les travailleurs”, dira-t-il, déplorant cependant le fait que dans nos pays cela n’est pas parfait. “ Il faut toujours qu’il ait quelqu’un derrière pour aiguillonner car souvent la vigilance baisse et cela fait que l’entrepreneur peut passer au travers de certaines mailles”, a indiqué Oumar Soma pour qui, ce qui cela est bien regrettable et il a recommandé de redoubler de vigilance dans les différents lieux de travail afin de faire les revendications qui siéent pour une meilleure maitrise des risques et maladies professionnelles.
Pour certains travailleurs, on peut dire que les risques sont aussi liés aux conditions de travail et il convient de faire un lien avec le contexte sécuritaire qui cause un fort risque de stress au niveau des travailleurs. Des intervenants ont ajouté la baisse du salaire et les conditions d’existences du travailleur. Car ont-ils soutenu, si les conditions de vie ne sont pas de qualité, cela peut jouer sur la santé du travailleur.

Du reste, il convient de retenir que la loi 004-2021/AN définie le risque professionnel comme étant le danger auquel tout travailleur est exposé. Cette loi les divise en deux catégories avec les maladies professionnelles d’une part et les accidents de travail d’autre part. La notion de maladie professionnelle, selon ladite loi, inclue tout ce qui est survenu par le fait ou à l’occasion du travail, demeure une maladie professionnelle. Selon toujours la même loi, l’accident de travail est l’accident survenu au travail ou encore par le fait du travail. En claire, l’accident de travail peut survenir au travail peu importe la cause, lors d’une mission ou sur le trajet du travail.
Sié Yacouba Ouattara.
Wangola Médias.



