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La déclaration du Camarade Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ face aux forces vives à Ouahigouya ce jeudi 16 juillet selon laquelle « À l’instant où je parle, on a plus de 800 Burkinabè dans des pays arabes. Personne n’est au courant de leur sortie. Et vous savez ce qu’ils apprennent ? La charia, et ils veulent venir l’appliquer ici. Aucun d’eux n’apprend un métier », mérite une analyse dépassionnée tant elle touche à des questions sensibles : la sécurité nationale, le contrôle des flux migratoires, la formation de la jeunesse, la souveraineté de l’État et la cohésion sociale.
Au-delà de la formule percutante, le Chef de l’État attire l’attention sur un phénomène qu’il considère comme préoccupant : le départ de jeunes Burkinabè vers des centres de formation religieux à l’étranger, sans que les autorités disposent, selon ses propos, d’une visibilité suffisante sur ces mouvements. Dans un contexte où le Burkina Faso mène une lutte contre le terrorisme, cette interrogation s’inscrit dans une logique de prévention des risques sécuritaires.
Le premier enseignement de cette déclaration est celui du contrôle de l’État. Lorsqu’un pays ignore les conditions de départ, les lieux de formation et les contenus enseignés à certains de ses ressortissants, cela soulève des questions sur les mécanismes d’encadrement des voyages d’études, des bourses privées et des réseaux de recrutement. Pour un État confronté à des groupes armés qui exploitent parfois des discours religieux extrémistes, la connaissance de ces circuits devient un enjeu stratégique.
Le deuxième aspect concerne la nature de la formation évoquée. Le Président oppose implicitement deux modèles : une formation idéologique et une formation professionnelle. Son message semble être que le Burkina Faso a davantage besoin d’ingénieurs, de techniciens, de médecins, d’agronomes, d’informaticiens, d’artisans qualifiés et d’entrepreneurs que de personnes revenant avec une vision de société susceptible d’entrer en contradiction avec les lois et les institutions de la République. Cette opposition traduit une orientation politique claire : placer le développement économique, la production et la maîtrise des compétences au cœur de la reconstruction nationale. Dans un pays engagé dans la quête de son autonomie, chaque jeune représente un capital humain précieux. Si une partie de cette jeunesse consacre plusieurs années à des formations qui ne débouchent pas sur des compétences directement mobilisables pour le développement national, les autorités peuvent y voir une perte d’opportunité.
Cependant, cette déclaration appelle également à la prudence dans son interprétation. Étudier dans un pays arabe ne signifie pas automatiquement adhérer à des idées extrémistes ou vouloir imposer un modèle politique ou juridique au Burkina Faso. Les pays arabes accueillent des universités reconnues, y compris dans les domaines scientifiques, techniques, médicaux et économiques. De même, l’étude de l’islam, en elle-même, ne doit pas être assimilée à une radicalisation. Il est donc important de distinguer les formations religieuses légitimes de tout processus de radicalisation ou d’endoctrinement.
L’enjeu soulevé par le Chef de l’État semble davantage porter sur l’existence éventuelle de réseaux échappant au contrôle des autorités que sur une remise en cause générale des études religieuses. Si tel est le cas, la réponse relève moins de la stigmatisation que du renforcement des mécanismes de suivi, de coopération internationale, d’information des familles et d’encadrement des départs à l’étranger.
Cette sortie présidentielle pourrait aussi annoncer une réorientation des politiques publiques. On peut imaginer un renforcement des procédures d’autorisation de départ pour certaines formations, une meilleure coopération entre les ministères concernés, un suivi plus rigoureux des étudiants bénéficiant de financements étrangers, ainsi qu’un investissement accru dans les établissements nationaux d’enseignement supérieur afin d’offrir davantage de perspectives aux jeunes.

Enfin, cette déclaration s’inscrit dans une vision plus large régulièrement défendue par le Président Ibrahim TRAORÉ : celle d’un Burkina Faso qui construit son avenir à partir de ses propres besoins. Dans cette perspective, toute formation, qu’elle soit suivie au Burkina Faso ou à l’étranger, devrait contribuer à renforcer les capacités nationales, à soutenir l’économie, à favoriser l’innovation et à consolider la paix.
Le débat ouvert par cette déclaration dépasse donc la seule question religieuse. Il renvoie à une interrogation fondamentale : comment former une jeunesse capable de répondre aux défis du développement, tout en préservant la sécurité, la cohésion nationale et les valeurs de la République ? C’est autour de cette question que devra se poursuivre la réflexion, dans le respect des libertés fondamentales, de la diversité des convictions sous la Révolution Progressiste Populaire.
Drissa TRAORE de Soumeyla
Wangola médias



