Société

Interventions du projet Kapok : bientôt un espace de dialogue communautaire à Yendéré

Accompagné du chef et des notables du village de Yendéré, ainsi que de l’imam et le représentant de la communauté chrétienne, le Directeur Exécutif de l’AGEREF-CL, Mamadou Karama, a procédé, ce 23 avril 2026, à la pose de la première pierre de l’espace de dialogue communautaire dudit village. Une intervention qui se fait dans le cadre de la mise en œuvre du projet Kapok, mis en œuvre par l’AGEREF-CL et ses partenaires techniques et financiers, la Fondation Robert Bosch et Conciliation Ressources, dans la région des Tannounyan afin de promouvoir la cohésion sociale et le vivre-ensemble. C’était sous une forte mobilisation de la population qui a donné de réels motifs de satisfaction aux acteurs de l’AGEREF-CL.

Le Directeur Exécutif de l’AGEREF-CL Mamadou Karama, le chef de village et les notables posant la première pierre

Les habitants de Yendéré, femmes, vieux, jeunes et enfants étaient fortement mobilisés ce 23 avril 2026 au domicile du chef du village. Et pour cause, chacun voulait être témoin privilégié de la pose de la première pierre de l’espace de dialogue communautaire prévu par le projet Kapok. Le site retenu se trouvant à un jet de pierre de la résidence du chef, ce beau monde s’y est rendu à pied à l’arrivée des responsables de l’AGEREF-CL dans le village situé lui-même à une cinquantaine de kilomètres de Banfora sur la RN7 qui mène en Côte d’Ivoire.

Le chef de Yendéré en bonnet et ses notables ont fait des libations pour le bon déroulement des travaux

Premier à prendre la parole au cours de cette importante activité aux yeux des habitants, le chef de village a dans un premier temps souhaité la bienvenue à tous ceux qui ont effectué le déplacement de Yendéré. Il a béni la cérémonie avant de faire place aux autorités coutumières qui à leur tour, ont fait des libations en offrant de l’eau aux mânes des ancêtres pour que non seulement, la cérémonie se déroule bien, mais aussi pour que les travaux qui allaient être incessamment lancés se mènent à leur terme sans le moindre couac. Pour le chef du village, cette cérémonie consacre la fin d’une difficulté réelle que son village connaît depuis des lustres. En effet, a-t-il soutenu, Yendéré ne disposait pas d’un cadre du genre. Après lui et les coutumiers, l’un à la suite de l’autre, l’imam du village et le porte-parole de la communauté chrétienne se sont succédés au parloir pour également benir l’événement et remercié l’AGEREF-CL pour sa clairvoyance. Ils ont également rassuré le Directeur Exécutif de l’AGEREF-CL que les communautés de Yendéré vivent en parfaite harmonie et qu’à la faveur du projet Kapok, elles s’engagent à préserver cette harmonie.

Mamadou Karama (au centre) a insisté pour que l’espace de dialogue communautaire soit avant tout un cadre de promotion de la cohésion sociale

Selon le conducteur des travaux, Nadir Arif Ki, ingénieur en génie civil, le centre qui va pousser de terre comportera un bloc de bâtiments ainsi qu’un bloc de latrines pour femmes et hommes. Cela dans la mesure où il faut mettre un point d’honneur à la question de l’hygiène. Toujours selon l’ingénieur Ki, le bloc de bâtiments comprendra un bureau et un magasin destiné à stocker certains matériels qui seront utilisés lors des activités, des festivités ou des rencontres d’échanges ou encore lors des rencontres entrant dans le cadre de la promotion de la cohésion sociale.

Le conducteur des travaux Nadir Arif KI expliquant aux habitants en quoi va consister les travaux

Le Directeur Exécutif de l’AGEREF-CL, Mamadou Karama, a tenu à être présent à cette cérémonie de pose de la première pierre. Toute chose qui démontre si besoin est, de l’importance qui y est accordée. Saluant la forte mobilisation du jour, il n’a pas manqué de faire une mention spéciale au chef qui se préoccupe véritablement de la préservation de la cohésion sociale dans son village qui, en raison de plusieurs événements, a accueilli de nombreuses personnes déplacées internes. A entendre Mamadou Karama, cet espace de dialogue communautaire va être érigé dans le cadre du projet Kapok qui est un projet de prévention et de gestion des conflits communautaires et de prévention de l’extrémisme violent. Le village de Yendéré est transfrontalier et connaissant aussi les défis sécuritaires que la région de Tannounyan traverse depuis un certain nombre d’années, Mamadou Karama estime que le village est un peu exposé aux conflits communautaires et sécuritaires. Et lorsqu’on fait l’analyse de la question sécuritaire, a-t-il expliqué, on s’aperçoit que l’une des raisons est surtout liée aux conflits communautaires qui naissent généralement autour de l’accès aux ressources naturelles. « Ce sont donc des conflits liés à l’accès au foncier, à l’accès à la forêt, un peu à l’accès au point d’eau qui est généralement ressenti entre agriculteurs et éleveurs » a indiqué le Directeur Exécutif qui précise que « C’est pourquoi dans la mise en œuvre du projet Kapok, nous avons fait un diagnostic pour voir un peu les causes profondes de ces conflits. Il est ressorti effectivement que ces conflits sont liés à l’usage des ressources naturelles ». Parmi les solutions proposées par le village, Mamadou Karama fait savoir qu’il y avait une kyrielle de propositions mais comme Kapok est un projet de promotion de la paix et de la cohésion sociale, ils ont priorisé la réalisation d’une infrastructure qui va servir de ciment entre des différentes communautés, entre les différentes sensibilités et entre les différentes catégories socio-professionnelles. L’espace communautaire de dialogue a donc été retenu parce que c’est d’abord un cadre de dialogue où les habitants peuvent se réunir pour échanger.

Haoua Zabré membre de l’AGEREF-CL se dit satisfaite de mobilisation et rassurée que la cohésion sociale est en marche à Yendéré

C’est également un cadre dans lequel on peut réunir les différents protagonistes en cas de conflit pour faire la médiation et parvenir à la résolution du conflit, explique le Directeur Exécutif pour qui c’est également un espace de réjouissances qu’on peut utiliser en cas d’événements malheureux puisque cela ne manque pas. Toujours selon Mamadou Karama, cet espace communautaire peut servir de cadre de formation pour les jeunes ou de cadre de transmission intergénérationnelle des valeurs sociales pour entretenir la cohésion sociale. De plus, a ajouté le Directeur Exécutif, l’espace de dialogue communautaire peut être un observatoire qui permet de s’apercevoir peut-être qu’il y a des jeunes qui commencent à avoir des comportements déviants, des jeunes qui se radicalisent et qui sont susceptibles d’être recrutés par des groupes extrémistes violents. C’est donc un observatoire qui peut faire la veille citoyenne. Toutefois Mamadou Karama prévient que cet espace ne doit surtout pas être perçu comme un cadre uniquement de réjouissances car il est avant tout un espace fédérateur qui va promouvoir la paix et la cohésion sociale au sein de la population.

L’imam du village a prié pour que les travaux se déroulent sans couac

En principe, dans deux mois à compter de la date de la pose de cette première pierre, le joyau devrait être remis à la population. De l’avis de Mamadou Karama, sa valeur est d’environ 6 millions et il sera réalisé selon une approche communautaire dans lequel le projet apporte juste une contribution en fournissant les agrégats et le matériel nécessaire, l’essentiel étant la main d’œuvre. Et si l’on tient compte de l’apport de la population, des femmes qui vont assurer la fourniture d’eau l’infrastructure pourrait revenir à la bagatelle de 8 millions, confié M Karama.

Haoua Zabré, chargée de la protection et la cohésion sociale à L’AGEREF-CL estime au regard de la forte mobilisation et de l’enthousiasme des habitants de Yendéré autour de l’évènement que le projet Kapok a vu juste.  » On a eu raison de venir ici parce que comme vous l’avez vu ce matin, les femmes sont sorties nombreuses, les hommes, les vieux et les vieilles également. C’est pour dire simplement que tout ce que nous sommes en train de faire dans le cadre de la mise en œuvre de nos activités à Yendéré est beaucoup apprécié » a soutenu Haoua Zabré qui ajoute que c’est la preuve que la cohésion sociale est de nos jours ce dont les populations ont le plus besoin pour s’épanouir.  » Quand vous regardez la composition de l’assemblée, les toutes les ethnies et communautés qui vivent ici à Yendéré sont représentées. Les PDI aussi sont mobilisées et cela montre qu’elles prennent part au développement du village, a-t-elle estimé. Pour elle, la pose de la première pierre ce 23 avril 2026 a enchanté tout le village au point que la mobilisation est totale et sans exclusive. « Nous, en tant qu’acteurs de terrain, nous sommes très satisfaits car nous nous apercevons que le travail que nous sommes en train de faire, nous le faisons pour la communauté et avec la communauté. Nous allons maintenir le cap de la mobilisation et faire en sorte que les gens puissent vraiment parler le même langage. Nous sommes en tout cas animés d’une joie immense par rapport à cette activité » a dit la chargée de la protection et de la cohésion sociale de l’AGEREF-CL.

GO Mamadou TRAORE

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