Société

Tracasseries aux frontières : le tournant disciplinaire voulu par Mahamadou Sana.

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« Il faut que dans l’espace confédérale, le Malien, le Nigérien et le Burkinabè ne soient plus jamais tracassés où qu’ils soient dans cette espace », la sortie du ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, ce 16 septembre 2026 sur les tracasseries policières aux frontières marque visiblement une nouvelle étape dans la volonté des autorités Burkinabè de restaurer la discipline dans les services de contrôle. Les perspectives de sanctions contre au moins 70 agents de la Fonction publique, révélées par le ministre, donnent à cette opération une dimension particulièrement importante dans la restauration de la discipline policière aux frontières.

« Malheureusement nous avons constaté qu’il y a de ces personnes, des agents des forces de sécurité intérieur particulièrement au niveau des frontières, qui persistent dans le sabotage de la vision des trois Chefs d’Etas », ce sont toujours les propos du patron de la sécurité au Faso. En effet, par moment, la toile s’est inondée de sorties de citoyens dénonçant des tracasseries aux frontières. En clair des contrôles qui provoquent l’indignation de certaines victimes qui, à visages découverts, ont indexé des pratiques peu catholiques dont ils ont été victimes et des activistes en ont fait le relai. Ces sorties semblent avoir eu une oreille attentive au niveau de la hiérarchie sécuritaire.  

Mahamoudou Sana dans sa sortie médiatique sur la question des contrôles aux frontières, aura été on ne peut plus claire. « Nous avons sanctionnés, nous avons radié des personnels en 2024-2025 pour des comportements attentatoires à la déontologie et à l’éthique. Malheureusement nous constatons toujours que ces sanctions n’ont pas servi d’exemple », regrette Mahamoudou Sana, pour qui, il est inadmissible que des instructions soient données de renforcer la libre circulation et que cela ne soit pas suivi sur le terrain par l’ensemble des fonctionnaires. De Yendéré, à Cinkanssé en passant par Faramana et à Koloko, la sensibilisation selon le patron de la sécurité a été effectuée afin que cessent ces pratiques. « Nous avons déjà radié, nous allons poursuivre », a prévient d’un ton ferme Mahamoudou Sana. Il ne s’agira plus seulement de dénoncer les pratiques abusives, mais de rechercher des responsabilités individuelles.

Le ministre Mahamoudou Sanou se veut ferme dans sa mise en garde

Cette démarche intervient dans un contexte où le Burkina Faso cherche à renforcer la libre circulation des personnes et des marchandises au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Le problème dépasse la simple question policière

Aux frontières, les contrôles sont indispensables dans un pays confronté à une menace sécuritaire persistante. Mais lorsque ces contrôles deviennent des occasions de prélèvements informels, d’intimidations ou de retards injustifiés, ils peuvent affaiblir la confiance des citoyens, renchérir le coût du transport et pénaliser les commerçants et transporteurs. À terme, ces pratiques peuvent également réduire l’efficacité même des contrôles légaux en encourageant le contournement des postes officiels. La décision annoncée peut ainsi être comprise comme un message d’autorité indiquant que l’uniforme ne doit pas constituer une protection contre la reddition de comptes.

Une logique qui s’inscrit dans une politique plus large de contrôle des forces de sécurité

En juin 2026, le Conseil des ministres avait notamment approuvé la révocation de deux policiers pour des malversations financières. Le même mois, le gouvernement avait renforcé la Coordination nationale de contrôle des forces de police, notamment pour étendre son champ d’action à certains postes tenus par les agents des Eaux et Forêts.

Mais la pratique semble avoir la peau dure, en témoigne la révélation du ministre Sana avec des dossiers impliquant au moins 70 fonctionnaires de police sur sa table et qui attendent d’être examinés pour prise de sanctions. « A l’heure où je vous parle, il y a plus de 70 dossiers d’agents de la Police nationale et de la gendarmerie nationale qui sont sur mon bureau pour sanctions à prendre », a-t-il précisé.

Le ton du ministre se veut ferme sur les tracasseries aux frontières et tout laisse présager une traque aux agents indélicats aux frontières. Pour que cette traque produise des résultats durables, elle devra être accompagnée de contrôles réguliers avec des mécanismes permettant aux usagers de dénoncer les abus, de procédures transparentes et d’une meilleure traçabilité des opérations aux frontières. Ici, l’enjeu est double car il s’agit de préserver la rigueur sécuritaire tout en garantissant une administration respectueuse des citoyens.

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