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La région des Tannounyan a commémoré, le 13 octobre 2026 à Banfora, la Journée mondiale de la vue. Accueillies dans la cour de l’école primaire franco-arabe Medersa Rachadyat, les activités ont été marquées par une cérémonie officielle et le dépistage des troubles visuels chez 200 élèves. Une initiative qui vise à prévenir les déficiences visuelles et à améliorer les conditions d’apprentissage des enfants.
La santé oculaire des élèves était au centre des préoccupations, le 13 octobre dernier à Banfora. À l’occasion de la Journée mondiale de la vue, autorités administratives, responsables des services de santé et de l’éducation, partenaires techniques, élèves et parents d’élèves se sont mobilisés autour de la nécessité de préserver la vision, particulièrement chez les enfants en âge scolaire. La cérémonie officielle était présidée par le secrétaire général de la région des Tannounyan, Toussaint Médah, représentant le gouverneur.
En marge des interventions officielles qui ont toutes appelé à mettre un point d’honneur à la préservation de la vue, 200 élèves ont bénéficié d’un dépistage visuel sur le site de la cérémonie. Pour la circonstance, l’équipe du docteur Traoré, chef du service d’ophtalmologie du Centre hospitalier régional (CHR) de Banfora, avait aménagé une salle de classe pour recevoir les écoliers les uns après les autres. À l’issue des examens, certains élèves ne présentaient aucune anomalie apparente, tandis que d’autres ont reçu des prescriptions médicales ou se sont vu proposer des verres correcteurs en fonction de leurs besoins. Signalons que ces verres ont été gracieusement offertes par l’ONG Light For The World.

C’est donc dire que cette activité a bénéficié de l’accompagnement de l’ONG Light for the World, partenaire stratégique de la Direction régionale de la santé et de la Direction régionale de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle des Tannounyan. Représentant l’ONG, la coordinatrice du programme santé oculaire, Kabré/ Ouermi Olga, a rappelé que cette journée constitue une occasion privilégiée de sensibiliser les populations à l’importance de la santé visuelle. Selon elle, la vue représente un enjeu majeur de santé publique et de développement humain. Le thème retenu, « Aime tes yeux à l’école », invite ainsi chacun à contribuer à un accès équitable à des services de santé oculaire de qualité, sans distinction ni exclusion.

Pour le directeur régional de la santé des Tannounyan, le docteur Abdoul Aziz Ouédraogo, la Journée mondiale de la vue permet de mettre en lumière les déficiences visuelles et de renforcer les actions de prévention et de dépistage, aussi bien au niveau mondial qu’au Burkina Faso. Il a souligné que la détection précoce permet d’orienter les enfants vers les soins appropriés, notamment à travers la correction des troubles de la vision par le port de lunettes ou la recherche de causes sous-jacentes nécessitant une prise en charge spécifique.

Le directeur régional a également salué l’accompagnement de Light for the World et la collaboration avec les services de l’éducation, qui contribuent à rapprocher les soins oculaires des élèves. À titre d’illustration, il a indiqué qu’au cours de l’année scolaire 2024-2025, des séances de dépistage ont été organisées dans plus de 90 écoles de la région. Au total, quelque 20 000 enfants en ont bénéficié. Parmi eux, plus de 500 ont été référés vers les services spécialisés de santé oculaire pour une prise en charge, tandis que plus de 100 enfants ont reçu gratuitement des lunettes. Des pathologies telles que la cataracte et le glaucome ont également été détectées dans la région. Grâce à l’accompagnement des autorités sanitaires et de l’ONG partenaire, des interventions chirurgicales gratuites sont organisées pour les patients concernés, a-t-il précisé.

Le directeur régional de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle des Tannounyan, Dari Anselme Dah, présent à la cérémonie aux côtés du directeur provincial de l’éducation de la Comoé, Mamadou Héma, a, pour sa part, insisté sur le lien étroit entre la santé visuelle et la réussite scolaire. Il a félicité et remercié les parents d’élèves pour leur accompagnement habituel, tout en les invitant à veiller à l’entretien des lunettes que recevront les enfants qui en ont besoin. Il les a également encouragés à observer attentivement le comportement de leurs enfants à la maison, notamment lorsqu’ils lisent ou apprennent leurs leçons. Un enfant qui rapproche exagérément son cahier de son visage ou qui éprouve des difficultés à lire peut présenter un trouble visuel nécessitant une consultation.
Le responsable régional de l’éducation a ainsi invité les parents à signaler toute anomalie constatée aux enseignants, afin que ces derniers puissent, à leur tour, alerter les spécialistes de la santé. Il a également insisté sur l’importance du port régulier des lunettes prescrites et sur la nécessité d’encourager les enfants à les utiliser correctement.

Partenaire de la Direction régionale de la santé depuis 2021, Light for the World intervient dans le cadre du projet « 1, 2, 3, je vois », consacré à la santé oculaire des enfants. Selon Kabré Ouermi Olga, le programme privilégie les activités de santé en milieu scolaire. Il comprend notamment la formation des enseignants au dépistage primaire des élèves présentant des signes de basse vision. Les professionnels du service d’ophtalmologie du CHR de Banfora interviennent ensuite pour confirmer les résultats du premier dépistage, réaliser les examens nécessaires et déterminer les corrections adaptées. Les enfants qui en ont besoin bénéficient alors de lunettes.

La coordinatrice a expliqué que le développement encore limité des prestations de soins oculaires destinées aux enfants justifie la mise en œuvre de ce programme. L’une de ses priorités est de détecter précocement les vices de réfraction, qui peuvent compromettre la vision et les apprentissages scolaires. Elle a rappelé qu’une grande partie des informations assimilées par un enfant dans son environnement scolaire passe par la vue. Un trouble visuel non détecté peut donc entraîner des difficultés d’apprentissage et être interprété, à tort, comme un manque d’attention ou de volonté. D’où l’importance de renforcer le dépistage en milieu scolaire et de faciliter l’accès aux soins. Au-delà de la célébration annuelle, Kabré Ouermi Olga a plaidé pour une meilleure intégration des soins oculaires dans les services de santé de premier contact. Elle souhaite notamment que les patients puissent bénéficier d’une première évaluation de leur vision dès leur passage dans un Centre de santé et de promotion sociale (CSPS). Pour elle, le dépistage précoce demeure essentiel pour prévenir certaines complications et assurer une prise en charge rapide.

À Banfora, cette commémoration aura ainsi permis de rappeler que la santé visuelle ne relève pas uniquement du domaine médical. Elle concerne également l’éducation, la famille et le développement de l’enfant. Le dépistage des troubles de la vue en milieu scolaire apparaît dès lors comme un levier important pour favoriser de meilleures conditions d’apprentissage et donner à chaque élève les mêmes chances de réussite.
Go Mamadou TRAORE
Wangola Médias



