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Les champs exploités par les pensionnaires de la Maison d’arrêt et de correction de Banfora (MACB) affichent une bonne physionomie. Maïs, riz et sésame promettent des récoltes satisfaisantes au terme de la campagne agricole 2025-2026. C’est le constat fait le 31 octobre dernier par les membres de la Commission de l’application des peines (CAP) du Tribunal de grande instance (TGI) de Banfora, lors d’une visite des différents sites de production.

De Bérégadougou Ouest à Karfiguéla, en passant par Kiribina, les pensionnaires de la MAC de Banfora semblent avoir réussi leur pari agricole. Sur ces différents sites, les cultures présentent un état de développement encourageant. À Bérégadougou Ouest, plusieurs dizaines d’hectares sont consacrés au maïs et au sésame, au cœur du périmètre sucrier de la SOSUCO. À Karfiguéla, les parcelles mises à disposition avec l’appui de la Direction régionale de l’agriculture laissent entrevoir une production de 60 à 70 tonnes de riz. À Kiribina, dans la zone de l’INERA, c’est un vaste champ de sésame qui a retenu l’attention des visiteurs.

Conduite par le juge Issa Konaté, président de la Commission de l’application des peines, cette sortie visait à apprécier l’évolution des cultures, mais également l’engagement et le comportement des détenus sélectionnés pour les travaux agricoles. À l’issue de la visite, la délégation s’est réjouie des perspectives de récoltes, qui s’annoncent meilleures que celles de la campagne précédente. Des dizaines de sacs de maïs de la dernière production sont d’ailleurs toujours conservés à la maison d’arrêt.

Partenaire de cette initiative, la SOSUCO entend poursuivre son accompagnement. Son directeur général, Djakalidja Héma Ouattara, a expliqué que la mise à disposition de plusieurs hectares au profit des pensionnaires répond à la vision des autorités nationales de faire des établissements pénitentiaires des espaces de contribution au développement. En plus des terres agricoles, la société leur permet d’exploiter une partie de ses champs de canne à sucre. Un protocole est envisagé pour permettre à la SOSUCO de racheter la production à la récolte, générant ainsi des recettes supplémentaires pour la MACB.

La Direction régionale de l’agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques apporte également sa contribution à travers la fourniture de semences, d’engrais et de pesticides. Selon son premier responsable, Souobou Minyamba, certaines parcelles initialement attribuées à des producteurs n’ayant pas respecté le calendrier agricole ont également été temporairement confiées à la maison d’arrêt. Il s’est dit satisfait des résultats obtenus, particulièrement des perspectives de production rizicole.
Pour le directeur de la MACB, Dialenli Yonli, cette expérience constitue une avancée importante dans la formation et la réinsertion des personnes détenues. Il a indiqué que plus de 200 pensionnaires ont déjà été initiés aux activités agricoles. Au-delà de la production alimentaire, ces travaux leur permettent d’acquérir des compétences, de se familiariser avec le monde du travail et d’améliorer leur santé physique. Il a salué l’accompagnement de la CAP, de la SOSUCO, de l’INERA et des services régionaux de l’agriculture.

Le choix des détenus participant à ces activités relève de la Commission de l’application des peines, qui apprécie également leur comportement et leurs aptitudes à la réinsertion sociale. Son président, le juge Issa Konaté, s’est félicité de leur discipline et de leur détermination. Pour lui, cette initiative contribue à réduire l’oisiveté en milieu carcéral, tout en limitant les dépenses de santé qui pesaient auparavant sur les ressources de la commission.

Mais la principale satisfaction reste alimentaire. Les premières bénéficiaires des récoltes seront les personnes détenues elles-mêmes. Selon le magistrat, les productions attendues devraient réduire les difficultés d’approvisionnement et les périodes de soudure que connaissait la maison d’arrêt. Les éventuels excédents seront également valorisés dans l’intérêt des pensionnaires.
À la MAC de Banfora, l’agriculture apparaît ainsi comme un levier à double portée : renforcer l’autonomie alimentaire de l’établissement et préparer les détenus à une vie active après leur libération. Une expérience qui donne progressivement corps à une nouvelle conception de la détention, fondée sur le travail, la responsabilisation et la réinsertion sociale.
Go Mamadou TRAORE
Wangola Médias



