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À l’approche de sa clôture prévue le 31 mars 2027, le Projet Plurielles dresse un bilan de ses réalisations dans la région des Tannounyan et mise sur la pérennisation de ses acquis. Ce 30 octobre 2026, il a tenu sa troisième session ordinaire du comité de suivi régional dans les Tannounyan à l’issue de deux jours de visites de terrain (confère notre parution d’hier). Cette rencontre présidée par Toussaint Méda, en présence du Haut-commissaire de la province de la Léraba et du directeur du projet, le docteur Issa Siribié a permis aux acteurs de faire le bilan de la cinquième année de mise en œuvre, d’examiner les activités programmées pour la dernière année et de réfléchir aux mécanismes de pérennisation des acquis.

Mis en œuvre depuis près de cinq ans avec l’appui du gouvernement canadien et d’Affaires mondiales Canada, le projet vise notamment à améliorer l’accès aux droits en santé sexuelle et reproductive, à lutter contre les violences basées sur le genre (VBG) et à favoriser l’autonomisation économique des femmes et des adolescentes vulnérables.
Des investissements importants dans la santé et l’autonomisation
Au cours de l’année 5, le projet a mobilisé plus de 1,2 milliard de FCFA dans la région, selon les données présentées lors de la session. Ces ressources ont permis de financer plusieurs réalisations dans les domaines de la santé, de la protection sociale et du développement économique.

Dans le volet économique, 35 groupements féminins ont bénéficié de formations en éducation financière et en gouvernance coopérative. Chaque groupement compte au moins 30 femmes. Ils ont également reçu du matériel, des équipements et des intrants destinés à renforcer leurs activités génératrices de revenus.
Sur le plan sanitaire, 22 ouvrages ont été réhabilités ou construits dans 19 centres de santé, pour un coût global d’environ 300 millions de FCFA. Huit nouveaux centres, dont quatre dans chacun des districts sanitaires de Sindou et de Banfora, ont également été dotés de matériel médico-technique, de médicaments et de consommables.

Le projet a par ailleurs renforcé les capacités de 120 prestataires de soins, agents de santé et agents d’entretien. Les formations ont notamment porté sur la planification familiale, la prévention des infections associées aux soins et la prise en charge des violences basées sur le genre.
La lutte contre les violences au cœur des interventions
La mise en œuvre du protocole de prise en charge holistique des victimes de VBG constitue également un acquis majeur. Des actions de sensibilisation ont contribué à une meilleure connaissance des droits en santé sexuelle et reproductive et à une augmentation de la demande de services de planification familiale.
L’approche de masculinité positive a, quant à elle, favorisé une évolution des perceptions vers des comportements plus équitables entre les femmes et les hommes. Selon les témoignages rapportés par les agents de santé à cette session, les consultations liées aux violences basées sur le genre connaissent une diminution.

Le projet a aussi soutenu la formation et l’insertion professionnelle de jeunes juristes, dont certains ont intégré des organisations non gouvernementales ou ont réussi au concours de la magistrature.
Pérenniser les acquis après 2027
Ce sont des membres du comité de suivi après le terrain qui ont suivi avec un grand intérêt les différentes présentations sur le bilan du projet. Sur la pérennisation des actions après la fin du projet, des structures telles que l’association des femmes de la Comoé, le RAJS/Tannounyan, l’action sociale, les responsables en charge de la santé ont rassuré les autorités.
Représentant le gouverneur empêché, le Secrétaire général de région, Toussaint Méda, a salué la collaboration entre l’équipe du projet, les services déconcentrés de l’État et les organisations de la société civile membres du comité de suivi. Il a invité les acteurs à s’impliquer davantage dans la consolidation des résultats présentés.

Pour le directeur du projet Plurielles, le docteur Issa Siribié, la clôture prévue le 31 mars 2027 ne doit pas entraîner l’arrêt des activités. Un plan d’appropriation, suivi d’un plan de pérennisation élaboré avec les partenaires, vise à garantir la continuité des interventions.
Les échanges de cette troisième session ont ainsi abouti à des recommandations concrètes et à des engagements des différents acteurs. L’enjeu est de préserver les acquis, notamment dans la lutte contre les violences basées sur le genre et l’amélioration de l’accès aux services sociaux.

À quelques mois de la fin du projet, les partenaires entendent donc transformer les réalisations enregistrées en dispositifs durables, au bénéfice des populations des Tannounyan. Cette 3è session s’est donc terminée sur des notes de satisfaction, d’abord pour les responsables du projet, les autorités régionales des Tannounyan et ensuite chez les membres du comité de suivi qui ont eu l’occasion de constater de visu, les acquis du projet Plurielles.
Sié Yacouba Ouattara
Wangola Médias.



