La balade du griot

La balade du griot : quand les phares blancs transforment la nuit en parcours du combattant

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Hééé gens de Banfora ! Djéliba a encore quelque chose à raconter. Et cette fois-ci, ce sont les phares qui ont attiré son attention. Pas n’importe lesquels : ces fameux phares d’un blanc éclatant qui semblent avoir conquis les véhicules et les motocyclettes de la cité du Paysan noir.

Le jeudi 20 août 2026, jour de nombreux mariages à Banfora, le griot avait pourtant passé une journée comme les autres. Mais voilà que la nuit est tombée alors qu’il quittait un lieu de mariage, peu après la prière de fitiri, aux environs de 19 heures. Et là, mes chers amis, Djéliba a compris que la route allait lui réserver une autre cérémonie !

À peine enfourché sa monture pour prendre le chemin du retour que les phares ont commencé à lui jouer un mauvais tour. À droite, un phare blanc. À gauche, un autre encore plus puissant. Devant lui, des véhicules et des motocyclistes dont certains semblaient avoir transformé leur engin en véritable projecteur ambulant. Djéliba avait beau plisser les yeux, ralentir et chercher à se concentrer sur la route, rien n’y faisait. Ces lumières blanches, souvent particulièrement puissantes, venaient directement lui fouetter le visage et lui brouiller la visibilité.

Mais les plus zélés, eux, semblent avoir décidé de ne rien laisser au hasard ! Ils utilisent des phares blancs entourés, à l’intérieur, d’une bande jaunâtre, avec des ampoules qui passent leur temps à clignoter. Une fois que ces lumières arrivent en face de Djéliba, le griot ne voit plus très bien la route, mais plutôt une constellation qui danse devant ses yeux ! Tellement ébloui qu’à un moment donné, le vieux griot a dû descendre de sa monture et la pousser sur une certaine distance avant de pouvoir reprendre la selle et continuer son chemin.

Hééé ! Si Djéliba, qui connaît pourtant les routes de Banfora, a eu autant de difficultés à avancer, qu’en est-il d’un usager moins expérimenté ? Qu’en est-il d’un motocycliste qui roule à vive allure et qui reçoit soudainement en plein visage la lumière aveuglante d’un engin venant en sens inverse ? C’est là que le griot devient sérieux. Car l’éclairage d’un véhicule ou d’une motocyclette n’est pas un simple accessoire destiné à faire joli. Il sert d’abord à voir et à être vu, sans pour autant transformer la route en terrain d’éblouissement pour les autres usagers.

Aujourd’hui, à Banfora, Djéliba a l’impression que chacun choisit ses ampoules selon son goût. Certains privilégient le blanc, d’autres ajoutent des dispositifs particulièrement puissants et certains semblent même apprécier les éclairages clignotants. Comme si, en matière de phares, chacun pouvait faire ce qui lui plaît !

Mais sur la route, la liberté des uns ne doit pas devenir le danger des autres. Un phare trop puissant, mal réglé ou utilisé de manière inappropriée peut fortement réduire la visibilité de l’usager qui arrive en face. Pendant quelques secondes, celui-ci peut ne plus distinguer correctement la chaussée, les piétons, les nids-de-poule, les autres motocyclistes ou encore les obstacles qui se trouvent devant lui.

Et quelques secondes, sur une route, peuvent malheureusement suffire pour provoquer un accident. C’est pourquoi Djéliba estime qu’il est temps de taper dans la fourmilière. Les autorités compétentes devraient davantage veiller au respect des règles en matière d’éclairage des véhicules et des motocyclettes et faire en sorte que les usagers utilisent des dispositifs conformes et homologués.

Il ne s’agit pas pour le griot d’être contre les phares blancs. Il s’agit plutôt de faire en sorte que leur puissance, leur réglage et leur mode d’utilisation ne mettent pas en danger ceux qui viennent en face.

Parce qu’un phare est censé éclairer la route, pas aveugler le voisin ! Alors, Djéliba lance sa petite chanson aux usagers : voyez bien, mais laissez aussi les autres voir ! Éclairez votre chemin sans transformer le visage de celui qui arrive en face en écran de projection.

Et aux autorités chargées de la sécurité routière, le griot dit : pourquoi ne pas renforcer les contrôles sur les dispositifs d’éclairage et rappeler aux usagers les équipements autorisés ? La sécurité routière, ce n’est pas seulement le port du casque, le respect des feux tricolores ou la limitation de vitesse. C’est aussi une question de visibilité et de respect mutuel entre usagers.

En cette période où la circulation nocturne reste importante à Banfora, Djéliba souhaite donc que chacun puisse rentrer chez lui sain et sauf. Car au fond, le griot ne demande pas la lune. Il demande simplement que la lumière serve à éclairer la route et non à aveugler ceux qui la partagent.

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