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Nous l’avons rencontré le 31 juillet 2026 au détour d’un secrétariat public affairé à produire des documents. Toujours avec le même enthousiasme à notre vue, il nous lance comme d’habitude : « gentil-boy ». La nouvelle du jour ? Il attendait quelque peu dans l’angoisse ses résultats. Ceux de l’examen du Brevet de Qualification Professionnelle (BQP) passé à la capitale. Dans quelles conditions ? Un candidat à la barbe blanchie au milieu de jeunes candidats dont certains ont l’âge de ses enfants. « Beaucoup d’entre eux m’appelaient papa durant les épreuve », nous confie-t-il. La bonne nouvelle est ensuite tombée les heures qui ont suivi. Le parchemin, il l’a décroché. Il s’agit de Bamadou Sanogo, homme passionné de théâtre, fondateur du Groupe Culture. Affectueusement appelé dans le milieu de la presse « Naibou » (adjoint de l’imam) de Mamoudou Traoré, Bamadou Sanogo a ‘’rangé’’ le micro (correspondant de la RTB) et évolue allègrement dans sa passion, le théâtre. A son âge, quelle peut être l’importance de ce diplôme pour lui et pour l’avenir du théâtre dans les Tannounyan ? lisez cet entretien.
Wangola Médias : présentez-vous à lecteurs ?
Bamadou Sanogo : Merci à Wangola Médias pour tous les soutiens que ses journalistes et responsables ont daigné toujours nous accorder dans le secteur de la culture en général et le théâtre en particulier. Je suis le camarade Bamadou SANOGO, Directeur Artistique de l’Association GROUPE CULTURE à Banfora, Metteur en scène de théâtre, Formateur, Écrivain, Dramaturge, Baobab d’Or du Théâtre Africain, Trésor du Faso, Double Lauréat Trophée LOMPOLO en théâtre, Médaillé d’Honneur des Collectivités Locales.

GROUPE CULTURE est une association née en 2002 avec comme but de contribuer au développement de la région des Tannounyan par l’Art et la Culture. Sa Vision « Être une référence de la culture et impacter durablement le développement de la société ». Elle s’évertue par le théâtre à éduquer, former, sensibiliser, divertir les populations pour l’adoption de bonnes pratiques à travers plusieurs thématiques. Par le théâtre le Groupe Culture se veut d’être le miroir de la société et le foyer de la solidarité, tel est son slogan. Il se veut aussi d’être un guide pour le comportement social. Le Groupe Culture c’est plus de 24 années de pratique théâtrale avec une vingtaine d’acteurs chevronnés. C’est également plus de 40 pièces de théâtre déclarées au BBDA, une quarantaine de comédiens déclarés et qui jouissent des droits voisins depuis 3 ans déjà.
Pourriez-vous nous parler du diplôme que vous venez de décrocher ce 31 juillet 2026 ?
Le BQP est le Brevet de Qualification Professionnelle mis en examen par le Ministère en charge de la culture comme dans d’autres secteurs pour certifier et confirmer le professionnalisme des acteurs de différents métiers. Ici c’est le Conservatoire National des Arts et des Métiers de la Culture (CNAMC) ex INAFAC qui a la charge d’organiser les examens dans ce sens. Puisqu’ il forme les jeunes dans les métiers des arts. Pour cette session de 2026, il y a eu 120 candidats dans les filières Théâtre ( une quarantaine de candidats), Arts Plastique, Batik et Musique. Les examens se sont déroulés du 27 au 29 juillet 2026 en phase théorique au CNAMC et la pratique s’est déroulée à l’Atelier Théâtre Burkinabè (ATB) à Ouagadougou.
Dites-nous, quelles sont les motifs qui vous ont amené à la conquête de ce diplôme ?
Pourquoi un BQP? C’est un diplôme qui atteste et qui confirme le professionnalisme de l’acteur qui le détient. C’est dire qu’à travers cet examen, l’administration publique évalue les capacités et les aptitudes du praticien d’un métier et qui lui confère une estime de soi.
Quelles peuvent être les portes que le BQP t’ouvrir ?
Avec ce diplôme des Arts Dramatiques, je me réconforte dans le sentiment que ma structure s’évertue à être le Leader du Théâtre dans la région. Pionnier en la matière, avec le BQP, je ferai valoir ce diplôme partout où besoin sera (Projets pour recherche de financements, offres de prestations, formations, etc.).

Quelles leçons comptes-tu donner à la jeunesse au regard de ton âge ?
Leçons pour la jeunesse ? Il était important et primordial pour moi d’aller à la conquête de ce diplôme à Ouagadougou. En ce sens que je suis considéré par les jeunes comme étant un de leur doyen dans la culture et singulièrement le théâtre. Alors, je me vois dans l’obligation d’aller vers toutes nouvelles opportunités promotrices afin de mieux les découvrir et avoir les arguments nécessaires pour informer, sensibiliser et orienter les jeunes à s’y aventurer. Puisque pour enseigner, je préfère toujours prêcher par l’exemple. Je ne me suis pas senti ridiculisé ou gêné d’être dans une salle d’examen comme candidat libre avec des jeunes qui ont l’âge de mes enfants. Plusieurs d’entre eux sont nés dans les années 2 000. Lorsqu’on se retrouvait les matins avant les compositions, plusieurs venaient vers moi pour dire bonjour Papa ou tonton pour certains. J’ai même vu des membres de jury ou surveillants m’appeler « Papa ». Ils n’étaient pas nombreux ces jeunes qui ont eu le réflexe de me côtoyaient pour un partage d’expériences.
Il faut noter que la quasi totalité des candidats sont des élèves des centres de formation théâtrale de Ouagadougou avec un niveau de Baccalauréat. Ils y sortiront avec une Licence en Théâtre en plus du BQP comme diplôme technique.
Avec le Brevet de Qualification Professionnelle, quelles sont les perspectives pour le théâtre dans la région des Tannounyan ?
Nous disons merci aux autorités burkinabè pour avoir institué ces diplômes qui attestent et qui donnent foi à nos professions théâtrales. Je m’investirai d’ici la session prochaine pour orienter et former des jeunes qui le désirent bien à candidater pour les différents diplômes des Métiers des Arts et la Culture. C’est en cela que ce secteur pourra répondre au mieux aux attentes et aspirations des autorités, Leaders de la Révolution Progressiste Populaire (RPP). Eux qui ambitionnent de faire de la culture un véritable levier de développement. Dans quelques années, la région pourra avoir plusieurs diplômés qualifiés pour dispenser des formations artistiques dans les établissements scolaires de la région. Ainsi, nous contribuerons à forger le caractère d’un nouveau type de citoyens Burkinabè.
L’année passée, vous avez lancé une pièce théâtrale qui devait sillonner plusieurs localités de l’AES. Parlez-nous de cette initiative sur le terrain ?
La dernière grande création théâtrale du Groupe Culture -Banfora est la pièce intitulée DAN WILILA ou encore sans Frontières réalisée en 2025. Elle se veut de promouvoir les valeurs culturelles pour la paix, la cohésion sociale et la coopération transfrontalière dans l’Espace Sikasso- Korhogo- Bobo Dioulasso (SKBo). Après sa phase de représentations publique au Mali, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso, la pièce continue d’être diffusée sur des chaînes de télévision de ces pays.
D’autres projets verront sans doute le jour pour le bonheur de nos spectateurs. Le Théâtre : Miroir de la société, foyer de la solidarité !
Entretien réalisé par Sié Yacouba Ouattara
Wangola Médias.



