Semaine de la fraternité de l’AES : la culture comme socle d’une confédération résiliente et solidaire.

En marge de la 22e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC), la deuxième édition de la Semaine de la fraternité de l’Alliance des États du Sahel (AES) a offert, ce jeudi 30 avril 2026, un cadre de réflexion stratégique à l’Université Nazi Boni de Bobo-Dioulasso. À l’initiative du ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, deux tables rondes de haut niveau ont réuni experts, responsables institutionnels et acteurs culturels autour d’un enjeu central : bâtir un espace confédéral fort, enraciné dans ses valeurs et tourné vers la paix durable.

Au cœur des échanges, une conviction partagée : la culture n’est pas un simple levier d’accompagnement, mais bien le fondement même de toute dynamique d’intégration réussie. La première table ronde, consacrée au thème « Culture, souveraineté et fraternité des peuples : bâtir l’unité et la résilience de l’espace AES », a permis de mettre en lumière le rôle structurant des identités culturelles dans la consolidation des États et la mobilisation des populations.

Intervenant à cette occasion, Adama SIGUIRÉ, Vice-président chargé des questions de développement de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-AES), a souligné la nécessité de penser l’intégration au-delà des cadres institutionnels classiques. Pour lui, la réussite du projet confédéral repose sur une adhésion populaire nourrie par des référents culturels communs, capables de transcender les frontières et de renforcer le sentiment d’appartenance collective.
La seconde table ronde a, quant à elle, exploré une richesse souvent sous-estimée des sociétés sahéliennes : la parenté à plaisanterie. Sous le thème « La parenté à plaisanterie et la cohésion sociale dans l’espace AES : mécanisme endogène de régulation sociale, de dialogue intercommunautaire et de paix », les intervenants ont démontré comment cette pratique ancestrale constitue un outil efficace de prévention des conflits et de renforcement du vivre-ensemble.

Prenant la parole, le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a insisté sur la pertinence de ces réflexions, en phase avec la vision des Chefs d’État de l’AES. Il a rappelé que toute politique publique durable doit impérativement s’ancrer dans les réalités socioculturelles des populations.
« Aucune politique ne peut prospérer sans une conviction sociale forte, portée par la culture, qui transmet les savoirs, les valeurs et les repères », a-t-il affirmé avec conviction.

Évoquant la parenté à plaisanterie, le ministre a salué un mécanisme endogène puissant, favorisant le dialogue, la tolérance et la décrispation sociale. Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et sociaux complexes, ces pratiques apparaissent comme des ressources stratégiques pour consolider la paix de manière durable.

Au-delà des discours, ces tables rondes traduisent une orientation claire : celle de replacer l’humain, les valeurs et les traditions au centre du projet confédéral. En misant sur la culture comme ciment de l’unité, l’AES affirme sa volonté de construire un modèle d’intégration enraciné, résilient et porteur d’espoir.

À travers cette Semaine de la fraternité, les acteurs institutionnels et culturels envoient un signal fort : l’avenir de l’espace AES ne se bâtira pas uniquement dans les textes et les sommets politiques, mais aussi et surtout dans les imaginaires, les pratiques sociales et les héritages partagés des peuples du Sahel.
Drissa TRAORE de Soumeyla
Wangola médias



