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Les discours ne suffisent plus. Face aux défis économiques et aux tentatives de déstabilisation qui frappent les pays du Sahel, la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) entend désormais transformer sa vision politique en résultats tangibles pour les populations.
C’est dans cet esprit que le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a ouvert ce lundi 15 juin 2026 à Ouagadougou, la 4è rencontre des ministres chargés de l’Industrie, du Commerce et du Secteur privé de l’AES. Une rencontre qui marque une nouvelle étape dans la construction d’un espace économique confédéral capable de répondre aux aspirations de souveraineté portées par les peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Après les travaux préparatoires des experts tenus les 13 et 14 juin, l’heure est désormais aux décisions fortes. Pour le Chef du Gouvernement burkinabè, l’enjeu est clair : passer des intentions aux réalisations concrètes et faire de l’intégration économique un véritable moteur de développement.
Dans un contexte mondial où les économies africaines continuent d’exporter leurs matières premières tout en important les produits transformés à prix élevés, l’AES entend rompre avec un modèle hérité de plusieurs décennies de dépendance économique. Le Premier ministre a ainsi placé l’industrialisation endogène au cœur des priorités confédérales.

L’objectif est ambitieux mais nécessaire : transformer localement les richesses du Sahel, créer de la valeur ajoutée sur place, générer des emplois pour la jeunesse et renforcer la résilience économique des États membres. Le mot d’ordre est désormais assumé : produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons.
Mais l’industrialisation ne saurait prospérer sans un marché intégré. C’est pourquoi les ministres sont également appelés à accélérer la suppression des obstacles qui freinent encore les échanges commerciaux entre les trois pays. Les tracasseries administratives, les rackets routiers et les barrières non tarifaires constituent autant de freins à l’émergence d’un véritable marché sahélien capable de stimuler la production locale et les investissements.

Le troisième chantier stratégique concerne l’harmonisation des textes et des réglementations économiques. Pour les dirigeants de l’AES, il s’agit de bâtir un cadre juridique cohérent capable de protéger les industries naissantes contre la concurrence déloyale et les pratiques économiques susceptibles d’affaiblir les économies nationales.

Au-delà des questions techniques, cette rencontre traduit une volonté politique forte portée par les Chefs d’État de l’AES : le Capitaine Ibrahim Traoré, Président en exercice de la Confédération, le Général d’Armée Assimi Goïta et le Général d’Armée Abdourahamane Tiani. Ensemble, ils défendent une vision selon laquelle la souveraineté politique ne peut être durable sans souveraineté économique.
Les interventions des représentants maliens et nigériens ont d’ailleurs confirmé cette convergence de vues. Tous ont insisté sur la nécessité de bâtir un espace économique fondé sur la production locale, la compétitivité des entreprises nationales et la valorisation des ressources du Sahel au bénéfice des populations.

Dans la même dynamique, le Président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel, Bassolma Bazié, a rappelé que la réussite du projet confédéral passera également par un partenariat solide entre les pouvoirs publics et le secteur privé, véritable moteur de création de richesses.
En accueillant cette rencontre stratégique, Ouagadougou confirme son statut de capitale de la transformation économique confédérale. Plus qu’une simple réunion ministérielle, ce rendez-vous apparaît comme un test de crédibilité pour l’AES. Les peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger n’attendent plus des déclarations d’intention ; ils attendent des usines, des emplois, des marchés intégrés et des résultats visibles.

L’histoire retiendra que la souveraineté ne se proclame pas seulement. Elle se construit, se produit et se commerce.
Drissa TRAORE de Soumeyla
Wangola médias



