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Un orpailleur répondant aux initiales KK, résidant dans la commune de Tiéfora, a comparu ce lundi 26 octobre 2026 devant le Tribunal de Grande Instance de Banfora.
Il est poursuivi pour deux chefs d’accusation : exploitation minière artisanale sans autorisation et exploitation semi mécanisée de substance minière dans le lit d’un cours d’eau. À la barre, le prévenu ne reconnaît pas les faits. « Je cherchais juste de l’eau » soutiendra-t-il. Interrogé par le président du tribunal, KK explique qu’il exerce le métier de laveur d’or à son propre compte. Il travaillait sur un site qui s’est asséché. Faute d’eau, il dit s’être renseigné auprès d’un certain Seydou pour trouver un nouvel endroit. Il reconnaît que des agents de la Direction Régionale des Mines des Tannounyan étaient déjà venus sur le site pour les sensibiliser et leur signifier l’interdiction de travailler à cet endroit.
Pourtant, à peine quelques temps après cette sensibilisation, il a fait venir de Bobo-Dioulasso une pelle hydraulique. À la barre, il soutient que c’était pour « creuser et avoir de l’eau ». Un argument qui n’a pas convaincu le parquet. Le procureur lui demande pourquoi il n’a pas creusé manuellement comme les autres orpailleurs. Le prévenu répond qu’il n’en avait pas les moyens. « Vous n’avez pas les moyens de creuser manuellement un trou, mais vous avez les moyens de louer une pelle hydraulique venue de Bobo ? », s’étonne le procureur. Autre contradiction : le prévenu affirme avoir reçu l’autorisation du préfet. Le procureur relève que les faits se sont produits en pleine saison hivernale, période pendant laquelle l’orpaillage est formellement suspendu. « Quel préfet, qui connaît la loi, va vous délivrer une autorisation en cette période ? », interroge-t-il.
Sur la question du cours d’eau, KK se contredit également. Il affirme d’abord qu’il n’y a pas de marigot à côté et qu’il faut faire 20 km pour en trouver. Puis, poussé par les questions du parquet, il finit par lâcher qu’il comptait « connecter le trou avec l’eau qui coule ». Il tente de se justifier en expliquant qu’à son entendement, un cours d’eau c’est une eau pérenne, alors que dans son cas, « l’eau coule seulement ». À la question de savoir où partait l’eau qui servait au lavage du minerai, il répond : « Ça rentre en brousse ».

Selon le rapport de la Direction Régionale des Mines des Tannounyan, une première mission s’était rendue sur les lieux uniquement pour sensibiliser. Mais après leur départ, sur la base d’un appel anonyme, une seconde mission est revenue et a constaté l’utilisation de l’engin lourd. Pour le procureur, l’intention est claire : « La machine retrouvée n’est pas une machine pour chercher de l’eau, c’est une machine utilisée pour extraire l’or » Dans ses réquisitions, il a demandé que le prévenu soit retenu dans les liens de la prévention. Il a rappelé que selon le code minier et le code pénal burkinabè, les infractions d’exploitation artisanale sans autorisation et d’exploitation semi-mécanisée dans le lit d’un cours d’eau sont punies de 5 à 10 ans d’emprisonnement et d’une amende de 10 à 100 millions de FCFA. Le parquet a requis 12 mois d’emprisonnement ferme et 50 millions de FCFA d’amende ferme. Le dossier a été mis en délibéré en fin de rôle.
Sountong Noma Stéphanie Kabre
Wangola Médias



