Distinction au grade de “Trésor Humain Vivant” : Banfora accueille sa toute première personnalité.
La ville de Banfora et partant, la région des Tannounyan a accueilli ce 20 avril 2026, son tout premier Trésor Humain Vivant. Soungalo Koné, puisse c’est de lui il s’agit, Président Directeur Général de la société de stabilisation de la sève du rônier (Bandji), Bomba Techno, a été accueilli à Banfora aux environs de 11h par une foule composée d’élèves, d’activistes, de Wayiyans et de ses très proches.

Au premier rôle de cet accueille triomphal ce 20 Avril 2026, étaient des activistes, des Wayiyans, des promoteurs culturels de la cité du paysan noir, des scolaires et des proches. Mais avant, comme une trainée de poudre depuis quelques jours, la nouvelle de cette haute distinction était leur affaire. Car, l’homme est bien connu au delà de Banfora, d’où cette distinction. Et c’était comme si les autorités Burkinabè avaient frappé à la bonne porte en temoigne cet accueille mémorable.

En effet, comme une horloge Russe, le rendez-vous de 11h a été bien respecté. Et c’est peu après 11h que le cortège s’est ébranlé dans les artères de la cité du paysan noir. Élèves bien exergue en tenues scolaires, encadrés par le comité d’organisation confié aux Wayiyans et aux activistes, la route nationale no7 était quelque peu encombrée pour des usagers plus pressés. Un rythme leur a été imposé jusqu’au domicile de l’élu du jour sise au secteur no2, son quartier de résidence. Comme s’il n’avait pas été fait Trésor Humain Vivant par hasard, Soungalo Koné, a refusé d’intégrer son domicile. Raisons évoquées, il faut qu’il se rendre au canton de Banfora exprimer ses reconnaissances, d’abord aux mânes du canton dont le chef défunt Fadouga Héma et le chef de canton sa majesté Fadouga II. Loin des caméras et autres objectifs des appareilles photos, le reste du cortège est prié de rester sur place.

Après une attente sous le son de la troupe Kabaco de Banfora, le Trésor Humain Vivant fait son entrée aux environs de 12h en compagnie de sa fille, Christine Koné, directrice de Bomba Techno. Une haie d’accueille est dressée par les scolaires. Sous les tentes dressées, attendaient parents, amis et proches de la nouvelle personnalité du Faso. Parmi eux, l’ancien maire de Banfora, sa majesté Alexis Bahona Soulama, chef de village de Siniéna, (village d’origine de Soungalo Koné) venu avec une forte délégation. Bien d’autres personnalités remarquables de la ville, étaient aussi au rendez-vous dont l’honorable député Moussa Koné, Ibrahim Kobé, chargé de mission à la Présidence du Faso pour le compte des Tannounyan, Moustapha Ouattara, Goyali SON, un cacique de l’ex parti au pouvoir le MPP, Serge Coulibaly, promoteur culturel, des voisins ainsi que le personnel de Bomba Techno qui n’était pas en reste.

Avant de marquer ses premiers pas dans son salon après plusieurs jours où attendait son épouse Agnès Koné, Soungalo Koné est allé sur la tombe de son père défunt Bomba Koné à qui il a rendu hommage. Un retour emprunt du respect des mânes dira-t-on et de tout ceux qui ont lui ont rendu cet accueille chaleureux.
En effet, d’entré de jeu, Soungalo Koné a été reconnaissant à toute l’assistance. “Avant même que je sois élevé Trésor Humain Vivant, si vous êtes là, ça veut dire que c’est vous qui me soutenez avant sinon je ne serai pas là”, a lancé le PDG de Bomba Techno. Pour ce nouveau Trésor Humain Vivant, “c’est avant qui décide d’aujourd’hui”, et il a été particulièrement reconnaissant à trois personnes pour la mobilisation du jour. Il s’agit de trois de “ses enfants” qui, à l’entendre, provoquent l’unité et la cohésion, à savoir les activistes Ouattara Brahima de “J’aime les Tannounyan”, Clément Kaboré et Serge Coulibaly, promoteur culturel.

Puis, Soungalo Koné, s’est justifié par rapport à l’attente à son domicile. “ Je ne peux pas oublier d’où je viens, vous avez constaté qu’avant de rentrer dans la cour de mon papa, Bomba Koné, j’ai tenu à aller me recueillir sur la tombe de Fadouga Héma. Fadouga Héma n’est pas seulement un papa pour moi, c’est un monument et un très grand ami de mon papa”, se justifiera-t-il.

Venant sur sa distinction, Soungalo Koné, dira que c’est bien mais ce n’est pas tout. “Il faudra que je m’exprime. Et pour que je m’exprime, pour que je réussisse ma mission, il faudra que vous me suiviez honnêtement”, interpellera le Trésor Humain Vivant qui a demandé à toute la population de Banfora et partant, de la région d’aller en cohésion parfaite pour développer leur région qui est extrêmement riche. “ Mais, de par les mésententes, on n’arrive pas à construire du positif”, a regretté Soungalo Koné, qui mettait le doigt sur une gangrène pourtant bien connue mais qui a la peau très dure dans les Tannounyan.

Du reste, c’était là son message fort du jour adressé aux populations des Tannounyan. Comme ceux qui le connaissent bien, Koné Soungalo ne manque pas d’imageries comme pour bien faire passer ses messages. “ J’aime travailler comme les termites. Parce que les termites travaillent en silence mais le temps de vous rendre compte, vous allez voir qu’elles ont coupé tout votre soubassement”, dira-t-il. Comme enseignement à retenir c’est la discrétion en toute chose, a justifié le Trésor Humain Vivant qui a souhaité le retour de la paix au Faso. “On n’est pas loin de cette paix”, a rassuré l’heureux distingué depuis le 17 Avril dernier à Ouahigouya parmi une vingtaine d’autres de ses paires.
Sié Yacouba Ouattara.
Wangola Médias.
Des réactions :

Serge Coulibaly (promoteur culturel, promoteur du lycée privé Saint-Jean de Banfora) : je suis à l’honneur aujourd’hui parce que c’est notre papa qui a eu tous les honneurs de la région des Tannounyan. Je vais dire que c’est déjà une chance pour nous, je parle de nous les jeunes, d’avoir quelqu’un comme papa Soungalo qui, il faut le rappeler, porte le même nom que mon père (paix à son âme). C’est une référence et nous ne nous sommes jamais trompés sur le fait que papa Soungalo était très sage. Il a résolu tellement de crises entre les jeunes et je sais que l’État ne s’est pas trompé en faisant de lui un Trésor Humain Vivant. En l’honorant à la décoration de l’Ordre de l’Étalon, c’est une grande fierté et nous ne nous en cachons pas.
En tant que jeunes, quand nous voyons que ces genres de choses arrives, nous sommes sûres que nous ne travaillons pas dans le vide parce que nous savons qu’un jour nous aussi en suivant ses pas scrupuleusement, nous allons avoir l’honneur que nous méritons. Ça nous permet de savoir qu’il y a des chemins qui aboutissent au bonheur et à la sagesse tant qu’on apprend près des sages. Je pense que cette distinction doit inspirer nous les jeunes.

Moussa Koné, député : Monsieur Koné Soungalo, pour nous, n’est pas un trésor, c’est un monument, c’est un baobab de la région des Tannounyan. Ce monsieur qui a révolutionné le secteur des produits forestiers non ligneux à travers son produit magique qui est le bandji, qui est un produit connu de tout le monde. Ce monsieur aujourd’hui fait honneur à toute la région à travers cette distinction honorifique de Trésor Humain Vivant. Il a vraiment laissé des traces et qui ont fait de nous aujourd’hui des acteurs clés du secteur agro silvo pastorale au niveau de la région.
C’est un monsieur que je considère comme un conseiller, il m’a toujours conseillé quand j’avais des problèmes, il a toujours été à mes cotés. Je sais que je ne suis pas seul dans la région à qui il a donné de précieux conseils et nous ne pouvons qu’être fiers. A travers cette distinction, nous pouvons dire aujourd’hui que la région est connue partout dans le monde entier.
Sa majesté Alexis Bahoana Soulama :

Ce sont des sentiments de joie, nous sommes bien contents parce qu’il faut dire, Soungalo c’est mon frère, nous venons tous du même village Siniéna. Peut-être que les gens ne le savent pas mais, Il faut bien comprendre que c’est une grande joie pour moi qu’aujourd’hui mon frère ait été consacré Trésor Humain Vivant. Donc c’est une très bonne chose, j’adhère pleinement à cette cérémonie.
Propos recueillis par Sié Yacouba Ouattara,
Retranscription Kadougofin Armel Landry Ouattara.
Trésor Humain Vivant, cette distinction rarissime.

Le“Trésor humain vivant” (ou Trésor Humain Vivant) est une expression qui désigne une personne reconnue pour détenir un savoir, un savoir-faire ou une tradition culturelle exceptionnelle, souvent rare et précieuse pour une communauté ou un pays.
Ce que ça veut dire concrètement?
C’est comme dire que la richesse n’est pas matérielle (argent, or…), mais incarnée dans une personne. Cette personne devient une sorte de “bibliothèque vivante” ou de gardien du patrimoine.
Par exemple :
Un maître artisan (forgeron, tisserand, sculpteur…)
Un griot ou détenteur de traditions orales
Un expert en pratiques culturelles ancestrales
Le concept est fortement lié à la notion de patrimoine culturel immatériel, défendue par des institutions comme l’UNESCO.
Ce que ça implique?
Être reconnu comme “trésor humain vivant”, ce n’est pas juste un titre symbolique. Cela implique plusieurs choses :
1. Une responsabilité, celle de transmettre son savoir aux jeunes générations, de préserver une tradition en voie de disparition.
2. Une reconnaissance officielle souvent attribuée par l’État ou une organisation culturelle. Elle peut s’accompagner de distinctions, d’aides financières ou d’un statut particulier.
3. Un rôle social qui consiste d’être une référence dans son domaine, représenter une identité culturelle.
Un “trésor humain vivant”, c’est quelqu’un qui porte en lui une richesse culturelle rare, au point que sa disparition ferait perdre une partie de l’histoire ou du savoir d’un peuple.
Par Boubak Karama.



