Economie

Entreprise « Songtaaba » : quand les cailloux sauvages créent des emplois à Banfora.

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« Songtaaba » ou entraide (en français), c’est l’entreprise qui suscite la curiosité de bons nombres d’usagers du tronçon de la Route Nationale n°7 (RN7) qui traverse Banfora juste au niveau de la salle polyvalente. Bien visible peu après le barrage de Bounouna, secteur 9 de la ville, direction Sya, une main d’œuvre composée majoritairement de femmes y travaille avec une concasseuse qui ronronne au fil des heure, chaque jour que Dieu fait. Résultats, des camions toujours positionnés et qui sont chargés à la pelle par des jeunes gens courageux partent sur différents grands chantiers de BTP. Le concassage des cailloux sauvages, c’est bien la marque de « Songtaaba », fondée par Allassane Ouattara, qui apporte ainsi sa touche pour du gravier de qualité et partant, des ouvrages de qualité dans les Tannounyan et au Burkina. Ce 15 septembre 2026, Wangola Médias est allé satisfaire sa curiosité auprès de cet entrepreneur encore à un stade embryonnaire mais qui apporte ainsi sa pierre au développement à travers la création d’emplois.

Trouver des matériaux de construction de qualité à un prix abordable a toujours été un casse-tête chinois pour beaucoup de gens qui se sont lancés dans la construction. C’est fort de ce constat, qu’un ressortissant de la cité du paysan noir a décidé de se lancer dans le concassage des pierres sauvages avec pour produit fini, du gravier de qualité fourni aux entrepreneurs en BTP et autres demandeurs.

Un site en plein air

Depuis un certain temps, les usagers de la route Bobo-Banfora ont pu remarquer l’implantation de ce site de concassage de cailloux sauvages en plein air, situé entre l’hôtel Cascades Palace et la salle polyvalente de Banfora. L’initiative est du camarade Alassane Ouattara, ému dit-il, par le discours d’engagement du Camarade Président du Faso, Ibrahim Traoré. Il y a 6 mois environ, qu’il a décidé de monter son propre projet. « Vous voyez, en matière d’emplois, il faut se battre soi-même », telle est la philosophie de ce dernier.

Allassane Ouattara « J’ai donc réfléchi et je suis allé trouver une machine de concassage des pierres. Dieu merci, ça marche »

Un ancien du domaine

À notre micro, Alassane Ouattara confit être un ancien du domaine. En effet, il a passé 5 ans à aller chercher des cailloux sauvages en brousse à l’aide d’un tricycle qu’il ramenait en ville pour ravitailler les différents chantiers en construction. Mais « j’ai constaté qu’en brousse, il y a du gravier sauvage qu’on creuse et qu’on tamise. Malgré cela, ce n’est pas de qualité car lorsqu’on effectue une construction avec, le bâtiment peut prendre un coup de détérioration. J’ai donc réfléchi et je suis allé trouver une machine de concassage des pierres. Dieu merci, ça marche », nous a lancé Alassane Ouattara à l’entame de l’entretien. « C’est mon ancien boulot voilà pourquoi j’ai nommé l’initiative Songtaaba », justifie-t-il. Dans sa confession, il soutient avoir remarqué que les cailloux sauvages nettoyés et concassés sont de meilleure qualité dans la construction. C’est ainsi qu’il y a six mois, il a décidé d’installer sa propre unité de concassage de cailloux de carrières.

Une vue des employés travaillant à la chaine

Un circuit de ravitaillement qui conduit en brousse

Ce sont les femmes qui rassemblent les cailloux sauvages en brousse. « Je paie le changement du camion à 15 000f et je paie les femmes à 2500f chacune par jour », indique-t-il. A entendre Alassane Oattara, ce 15 septembre 2026, une soixantaine de femmes étaient engagées comme ouvrières ce jour. Une main d’œuvre qui varie dit-il entre 50 et 60 personnes par jour. « En plus j’assure leur repas de la journée », soutient cet entrepreneur très enthousiaste.

Une vue de la matière première de l’entreprise Songtaaba

Sur les lieux, un camion rangé était en plein chargement. « C’est le camion d’une entreprise œuvrant dans la construction des basfonds en aménagement par le gouvernement. Ces entreprises viennent payer ce gravier. Souvent ils chargent 4 camions par jours, souvent c’est deux », explique le patron de Songtaaba, précisant que son gravier est bien adapté aux grands ouvrages. Son béton est le meilleur parce que c’est propre, rassure-t-il.

Des difficultés sont de mise.

Ce travail de concassage n’est pas facile, « il y a beaucoup de difficultés », se confesse Alassane Ouattara. A l’entendre, les dépenses sont énormes et pour nous convaincre, il indique un stock de sa matière première acquis à la somme de 800 000f CFA. « En plus je dois payer la main d’œuvre pour le concassage », dit-il, soutenant que souvent sa marge bénéficiaire est assez faible. Le camion trouvé sur les lieux est chargé à la somme de 350 000 f. Les manœuvres qui chargent le camion Bene ont 50 000 f et environ 250 000 f partent dans la main d’œuvre y compris le repas quotidien.

La majorité des employés sont des femmes à Songtaaba

Son appel à la jeunesse

« Comme l’a dit le Président Ibrahim Traoré, ce que je peux dire aux jeunes, c’est qu’il faut que chacun se batte pour sa patrie. En te battant à la sueur de ton front, Dieu facilitera la suite », plaide l’entrepreneur. Poursuivant, il explique que « les propos du Président IB m’ont plus et je me suis engagé en trouvant cette solution. Pour le moment je ne gagne pas beaucoup mais j’arrive à assurer ma pitance au quotidien », rassure le patron de Songtaaba, qui précise qu’il a payé une nouvelle moto, une parcelle dans la zone non-lotie qu’il a fini de construire. « J’ai aussi deux femmes, je nourris beaucoup de personnes », ajoute-t-il fièrement. « Je prie pour l’avancée du Burkina », souligne-t-il 

Les yeux tournés vers un accompagnements décent

Sans aide, il reste évident qu’il est difficile de s’en sortir. Grâce à l’accompagnement financier à hauteur de 2 millions reçus d’une bonne volonté, Alassane Ouattara a pu se doter d’une machine de broyage, d’un tricycle et de divers autres matériels nécessaires pour commencer son activité. Mais des attentes existent toujours pour l’entrepreneur pour augmenter ses capacités de production et partant, augmenter sa main d’œuvre. Il s’agit d’un tricycle robuste et un camion Bene à son propre nom. « Si j’obtiens ces engins, je dirai merci à Dieu car je vais payer une autre concasseuse et doubler l’équipe », relate Alassane Ouattara. 

Mamadou Dao, chef des manœuvres se sent bien aux côtés de responsable Alassane Ouattara

Pour le patron de Songtaaba, il n’y a pas de sous-métier. Un avis que partagent ses employés. Dao Mamadou, chef des manœuvres, nous a fait comprendre qu’il est très content de travailler avec son patron. « Ça fait 4 mois que je suis avec lui. Avant, je faisais du jardinage, mais ça n’a pas marché. Franchement, je suis très content », confie-t-il. Pour lui, le secret, c’est de ne pas se coucher sur ses lauriers. Que le patron soit là ou pas, il faut tout faire pour que le travail soit mené à bien. Son cri de cœur, exhorter les autres jeunes à ne pas sous-estimer un travail, tant qu’il permet de subvenir à tes besoins.

Sié Yacouba Ouattara,

Kadougofin Armel Landry Ouattara

Wangola Média

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