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L’État, garant suprême de l’ordre public et de l’intérêt général.
Depuis quelque temps, un débat agite l’espace public autour de la place de la religion dans l’organisation de la société. Certains responsables religieux soutiennent que la religion devrait être placée au-dessus de l’État ou échapper à son contrôle. Une telle position mérite d’être examinée avec rigueur, car elle touche aux fondements mêmes de la vie en communauté.
Dans tout État moderne, la liberté de religion est un droit fondamental. Chaque citoyen est libre de croire ou de ne pas croire, de pratiquer la religion de son choix ou de n’en pratiquer aucune. Cette liberté constitue un acquis précieux des sociétés moderne. Cependant, cette liberté n’est pas synonyme d’indépendance absolue vis-à-vis de l’autorité publique. L’État n’est pas une organisation parmi d’autres. Il est l’institution qui incarne l’intérêt général, garantit la sécurité collective, protège les droits des citoyens et assure l’application des lois. Ses prérogatives s’étendent à l’ensemble du territoire national et concernent tous les individus ainsi que toutes les organisations, qu’elles soient politiques, économiques, associatives ou religieuses.

La religion agit sur ses fidèles, l’État agit sur toute la société
Une religion n’exerce son autorité que sur les personnes qui adhèrent librement à sa doctrine. Son influence est donc limitée à sa communauté de croyants. Elle ne peut imposer ses règles à l’ensemble de la nation ni se substituer aux institutions républicaines.
À l’inverse, l’État est responsable de tous les citoyens sans distinction de croyance, d’origine ou de condition sociale. Il doit veiller à ce que personne ne soit discriminé, exclu ou privé de ses droits au nom d’une interprétation religieuse particulière.
Cette distinction est essentielle. Lorsqu’une organisation religieuse prétend échapper au contrôle de l’État ou se placer au-dessus de lui, elle remet en cause le principe même de souveraineté nationale. Or, dans un État de droit, aucune structure ne peut être supérieure à la loi.
Contrôler n’est pas persécuter

Certains assimilent le contrôle des activités religieuses à une atteinte à la liberté de culte. Cette lecture est erronée. Contrôler ne signifie pas interdire ; contrôler signifie s’assurer que les pratiques religieuses respectent les lois de la République. L’État a non seulement le droit, mais également le devoir de vérifier que les activités religieuses ne menacent pas la sécurité publique, ne favorisent pas l’extrémisme, ne portent pas atteinte aux droits fondamentaux des personnes et ne servent pas de couverture à des activités illicites.
De la même manière que l’État contrôle les entreprises, les associations, les partis politiques ou les organisations syndicales, il lui appartient également d’exercer une surveillance légale sur les structures religieuses. Cette responsabilité découle directement de sa mission de protection de la société.
La souveraineté ne se partage pas
L’histoire montre que chaque fois qu’une autorité religieuse a cherché à rivaliser avec l’autorité de l’État, les tensions sociales et politiques se sont multipliées. Les conflits naissent souvent lorsque des groupes prétendent substituer leurs règles particulières aux lois communes.
La souveraineté nationale est indivisible. Elle appartient à la nation et s’exprime à travers les institutions de l’État. Les convictions religieuses peuvent inspirer les citoyens dans leur vie personnelle, mais elles ne peuvent remplacer le cadre juridique qui garantit la coexistence pacifique de tous.

Une société où chaque groupe religieux appliquerait ses propres règles en dehors du contrôle étatique deviendrait rapidement ingouvernable. Le rôle de l’État est précisément d’assurer un cadre unique dans lequel toutes les croyances peuvent coexister librement.
Préserver la foi tout en protégeant la République
La liberté religieuse ne signifie pas l’absence de règles. Elle signifie la possibilité pour chacun de pratiquer sa foi dans le respect des lois communes. C’est pourquoi l’État doit rester vigilant et exercer pleinement son autorité sur toutes les organisations présentes sur son territoire.
La religion mérite le respect. Mais le respect dû à la religion ne saurait se transformer en abandon de l’autorité publique. Car lorsque l’État renonce à exercer ses prérogatives, ce sont les libertés de tous les citoyens qui sont menacées.

La véritable garantie de la liberté religieuse n’est pas la faiblesse de l’État ; c’est au contraire la force d’un État juste, impartial et capable de faire respecter les mêmes règles pour tous.
Dans une nation souveraine, la religion est libre. Mais c’est l’État qui demeure le garant suprême de l’ordre public, de la cohésion nationale et de l’intérêt général.
Drissa TRAORE de Soumeyla
Wangola médias



