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À l’instar des autres localités du Burkina, à Dagban, dans la commune rurale de Kankalaba, le 15 mai a été célébré dans la joie au son d’une animation culturelle du terroir. C’était surtout comme un retour triomphal aux sources après des années d’hibernation sacrificielle du site qui d’antan, était comme le gilet pare-balle et protecteur des habitants de ce village.
Dans ce village situé à environ 7 km au nord de Kankalaba chef-lieu du département, des personnes âgées , des jeunes et des enfants étaient aux environs de 14h, sous l’emprise du balafon et du Tiatiagara étaient rassemblés sous des fromagers. Des sages veillaient au bon déroulement de la commémoration avec des marmites dressés sur le feu, signe de la cuisson des gallinacés ou autres animaux ayant servi à implorer les mânes des ancêtres de Dagban. Certains habitants continuaient à venir sur le site, poules ou coqs en main même dans l’après-midi. Ils étaient immédiatement accueillis par le comité d’experts coutumiers que coiffait Tiémoko Ouattara et dont les membres avaient enfilé leurs anciennes tuniques.

Tiémoko Ouattara salut la journée des traditions et ajoute qu’ils ne peuvent pas abandonner les coutumes
C’est dans cette ambiance que vers quinze heures, des voix s’élevèrent pour demander une accélération de la cuisson. Car des gouttes de pluie s’étaient invitées à la cérémonie, preuve certes d’une réaction à la fois divine et ancestrale.

« Nous sommes sous ces grands arbres parce qu’ici se trouvent nos génies créateurs et protecteurs », a justifié Ouattara Tiémoko pour qui, le 15 mai valorise les anciennes coutumes de leur village. « La tradition est respectée à Dagban depuis longtemps, depuis la création de village. Vous remarquez ces grands fromagers, c’est le fondateur du village qui les a plantés. Il s’appelait Ouattara Tiogo », souligne-t-il.

Abou Ouattara, chef dozo à Dagban
Tiémoko Ouattara salut la journée des traditions et ajoute qu’ils ne peuvent pas abandonner les coutumes. « Il ne faut pas que la population de Dagban oublie ses anciennes pratiques, les coutumes. Elles doivent se serrer les mains car nous sommes nés dans ça », a tenu à rappeler Tiémoko Ouattara.
Ouattara Abou est un fils du village. Il est le chef dozos. « Nous sommes ici pour honorer le chemin des ancêtres. À l’entendre, « il y a eu une période où nous avons eu des difficultés à poursuivre le chemin mais ces dernières années nous sommes revenus pour mieux l’emprunter », dira Abou Ouattara, expliquant en parabole que si tu abandonnes le chemin de tes ancêtres, quelque chose te piquera au pied, d’où le retour aux sources à Dagban.

Zakaria Ouattara, ressortissant de Dagban s’est dit satisfait
Avec les religions révélées et par ignorance, ils s’étaient écartés de la voie. « Mais ces deux voies ne se détruisent pas », soutien-t-il. « Des révélations nous ont imposé de reprendre le chemin de nos ancêtres », a poursuivi ce chef dozo à Dagban.

Les enfants n’oublieront pas de si tôt ce 15 mai 2026
L’engouement est donc de nouveau de mise sous les fromagers à Dagban. Zakaria Ouattara, bien connu dans le village et promoteur d’une auto-école à Sya a effectué le déplacement pour commémorer le 15 mai, et partant, les coutumes et traditions pour le bien-être du village, des familles et de tous les ressortissants. Il émet le vœu que la saison pluvieuse qui s’annonce soit meilleure que la précédente.

Les mânes ont-ils bien répondu aux sacrifices ? « C’est une demande que nous avons faite. Nous allons voir au cours de l’année ce que ça va donner. Mais pour les années passées, on ne s’est pas plaint. Entre temps les gens avaient laissé tomber mais nous sommes venus pour réveiller la coutume », a rassuré Zakaria Ouattara qui s’est dit très satisfait. « Je souhaite que dans chaque village chacun puisse se référer aux ancêtres », souhaite-t-il tout en rassurant que le fondateur de Kankalaba, Tiogo Ouattara, a laissé un patrimoine pour la protection individuelle et collective, surtout contre les armes.
Sié Yacouba Ouattara.
Wangola Médias.



