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Remontée de l’USCO en première division : « je souhaite changer les statuts de l’équipe en coopérative où les gens vont venir prendre des parts », dixit Abdoulaye Soulama.

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En mai 2025, l’Union Sportive de la Comoé créait le choc au niveau de ses supporters par une descente inattendue en deuxième division (D2). S’en était suivie la démission de son président, Thoéssé Soulama et l’élection d’un nouveau président en la personne de Abdoulaye Soulama. Ce 23 mai 2026, les unionistes de la Comoé libéraient procédaient à la réparation des cœurs toute une région des Tannounyan en arrachant devant l’Etoile Filante de Ouagadougou au stade municipale de la capitale son ticket pour un retour triomphal dans l’élite du football national, la première division (D1). Quelles ont été les secrets d’une telle remontée rapide contrairement à 2019-2023 ? Wangola Médias est allé à la rencontre du président du club, Abdoulaye Soulama.

Il y a une année de cela, l’USCO était retombée en D2. Vous avez pu fort heureusement remonter l’équipe en D1 après une saison. Dites-nous les sentiments qui vous aiment après cette remontée bien méritée ?

Sincèrement, c’est un sentiment de joie, je suis très content, très ravi. C’était une promesse que je m’étais faite. Le premier point de notre objectif était de remonter cette année même et on a travaillé pour cela. Nous sommes remontés et je suis content, je suis très satisfait.

Promesse tenue donc, dites-nous quel ont été les secrets de cette rapide réussite footballistique ? Parce que la dernière fois, l’équipe est restée près de 5 ans en D2.

Rires… Les secrets ? Qu’est-ce que je vais dire ? C’est le travail et puis la franchise. Je peux dire qu’on n’a pas eu l’accompagnement nécessaire comme les autres années hein. Mais c’est le travail et aussi la franchise auprès des jeunes. Nous avons été vraiment francs auprès des joueurs. Ce qu’on n’a pas, on ne peut pas le promettre aux gens. Mais on a travaillé avec ce qu’on a dans la clarté. Il y a aussi la discipline parce que c’est vrai, dès le départ, si vous avez remarqué, les trois premiers matchs on a gagné. On était même à la tête du championnat mais après ces trois premiers matchs il y a eu un relâchement et nous avons aligné 4 défaites d’affilé. C’était dû à des remous au sein de l’équipe. Des joueurs réclamaient les salaires, les primes, quelque chose que nous n’avions pas. On était en train de chercher à trouver des solutions mais certains étaient en bas en train de motiver les autres camarades à ne pas sortir faire les entraînements.

Abdoulaye Soulama satisfait de la remontée de l’USCO.

C’est pourquoi j’avais donné des instructions. Tu ne sors pas à l’entrainement, tu n’es pas payé. C’est-à-dire que quand tu ne sors pas aux entrainements on te coupe de l’argent. J’ai dit de les pointer les absents et les autres qui sortaient à l’entraînement, je dirais que c’était sous des menaces voilées. Et quand j’ai remarqué que c’était ainsi, là, il fallait prendre des mesures.

La remarque c’est que la majorité était des enfants de Banfora alors que les autres sont venus d’ailleurs. Au Mercato, j’ai libéré ces personnes.

Ceux qui poussaient à ne pas sortir aux entraînements ?

Oui, je les ai libéré pour avoir un climat saint au niveau du club et continuer avec ceux qui sont engagés franchement à se donner. Parce que ce n’est pas l’USCO seule qui traverse cette situation-là, tous les clubs sont dans la même difficulté de règlement de salaires et primes.

Justement, vous parlez d’accompagnements. Quels ont été les appuis qui vous ont permis de tenir cette saison ?

Les appuis n’ont pas été ça. Il fallait s’engager à prendre des prêts. Quand tu prends un prêt, ce n’est pas un appui comme ça, tu remercies la personne parce qu’elle a accepté te donner ce qu’elle a. Mais il faut rembourser. Donc je me suis engagé dans des crédits pour pouvoir soulager les joueurs un temps soit peu. Sinon ce n’est pas que les gens sont venus nous donner de l’argent comme ça. C’est à la dernière minute, ce mois de mai même que nous avons eu ce genres d’appuis avec la Minorité du Faso qui nous a accompagné considérablement. Je les remercie. À part la Minorité du Faso, les autres, ce sont des individus et il y a un frère qui nous a accompagné avec la somme de 500 000f. Vraiment, je le remercie aussi. A part ces deux appuis, les autres c’est 50 000f par ci et par là pour nous permettre de vivoter parce qu’il y a des joueurs qui sont logés par le club.

Imaginez qu’il y avait plus de 27 personnes dans deux endroits différents. Ils sont logés de part et d’autre, ils sont nourris et on paye l’eau et l’électricité pour eux. La pharmacie aussi quand ils sont malades. Il y a un système de bons. Comme on n’a pas la liquidité, on a négocié avec la pharmacie Comoé pour quand même les prendre en charge dès qu’ils tombent malade ou qu’ils se blessent. Le docteur est là, il fait les ordonnances et les gars partent prendre les médicaments au niveau de la pharmacie et à la fin du mois nous avons la facture et on paie.

Le président du club souhait changer les statuts

En attendant l’assemblée générale du club pour le bilan moral et financier, c’est-à-dire que l’équipe doit financièrement ?

Oui ! L’équipe doit des primes, elle doit aussi des salaires. Elle doit aussi à ceux avec qui elle a eu des crédits. Ce n’est pas une petite somme, ce sont des millions.

Cela veut dire qu’après cette joie de remonter en D1, il y a des soucis financiers ?

En effet, il y a des ardoises à effacer. Rires.

En plus des difficultés de trésorerie, quelles ont été les autres difficultés qu’a connu l’USCO ?

Les difficultés de la saison n’ont pas manqué. Dès le départ, il y a eu des problèmes entre nous dirigeants qu’on a pu gérer. Il y a eu ensuite des incompréhensions aussi entre les dirigeants et le staff entre temps et il fallait aussi gérer ça. Il y a aussi eu des problèmes entre les joueurs, et entre temps, entre des entraineurs et certains dirigeants.

En fait, ils ont nommé des joueurs comme si tel joueur était celui des entraineurs, tel autre joueur était celui de tel dirigeant. Cela n’amène pas la cohésion dans l’équipe et ça fait qu’il y a des frustrations souvent que les joueurs ont. Ces frustrations n’amènent pas l’équipe en avant et il faut souvent travailler à juguler ça.

Avec cette remontée, dites-nous si le climat est revenu au beau fixe ?

Je ne suis pas content de certains comportements après notre qualification. Je vais le dire clairement et je pense que je suis en train de suivre de près des réactions que j’ai vu. Des gens qui ont fait des trucs à mon encontre sur les réseaux sociaux.

Pouvez-vous être plus explicite ?

Je pense que c’est une affaire qui qui vient de commencer. Je suis en train d’observer, je ne suis pas content de ça et je sais que je me connais, il y a des choses que je ne peux pas laisser passer. Mais je vais attendre le bon moment et vous allez peut-être attendre les échos. Mais pour le moment, je préfère ne pas trop aborder la situation. Je la brosse un peu pour que les uns et les autres sachent.

L’équipe doit des millions de crédits selon son président

Vous voyez, quand on vient pour accompagner une équipe, il faut envoyer cet accompagnement à l’équipe dirigeante, les gens qui dirigent l’équipe. Il faut donner le geste à ces personne-là car ce sont eux qui savent où se trouvent les différents problèmes de l’équipe.

C’est pareil que le Burkina. Actuellement le Burkina a fermé la porte à plusieurs ONG n’est-ce pas? Il y a plusieurs ONG qui ont fermé car on ne vient pas faire n’importe quoi dans notre pays si on n’est pas au courant. Tu viens, tu demandes d’abord l’autorisation et on va vous donner les besoins du Burkina. Si on vous donne les besoins du Burkina, maintenant, vous allez voir quel pan vous allez prendre pour essayer de juguler.  

Avec l’USCO, ce n’est pas ce qui se passe. Il y a des gens qui restent à l’extérieur, ils ne sont pas dans le bureau, ils ne sont pas membres  de quoi que ce soit, mais je crois que parce qu’ils ont des ressources, ils viennent donner avec des indications : on donne cet argent pour les joueurs pour telle ou chose. Finalement ça crée de la frustration, ça crée aussi des incompréhensions entre nous et ça crée la division.

Donc pour ça, je ne suis pas du tout content parce qu’après ça, il y a eu des précédents que je suis en train de gérer actuellement. C’est une occasion pour moi de me faire comprendre et il faut que je le dise.

L’équipe repart en D1, comment vous abordez déjà cette phase dans l’élite du football national ? Car il ne suffit pas de remonter, il faut y demeurer.

Déjà, c’est une grosse préparation que nous sommes en train de faire. C’est vrai qu’on ne pourra pas continuer avec tout le monde, nous allons faire certainement un toilettage. Après ça, je pense qu’après les recrutements on pourra voir comment faire d’abord les états généraux du club. Après ces états généraux, je veux qu’on change les statuts. Actuellement l’équipe, c’est une association et toutes équipes qui ont un statut associatif sont en train de tomber.

Abdoulaye Soulama appel les fils et filles des Tannounyan à se donner la main pour soutenir l’équipe

Je souhaite en tout cas changer les statuts de l’équipe en coopérative où les gens vont venir prendre des parts et on va travailler. Dès que l’équipe avance et il y a des résultats, que les retombées touchent ses partenaires, toutes ces personnes qui vont accepter prendre des actions.

Sinon si on continue comme ça où l’équipe appartient à tout le monde et à personne, c’est du bordel. Actuellement avec les statuts du club, le président est super puissant. Je peux dire que c’est un statut qui me donne tous les avantages mais ce n’est pas bien. C’est vrai, les avantages sont là mais les gens aussi sont là avec les regards et ils insultent à vive voix sans se cacher aux moindres trucs. Ce n’est pas intéressant. C’est pourquoi nous allons changer de statut tout en faisant les états généraux du club d’abord. Avec les différents présidents qui sont passés à la tête du club, nous allons voir comment on va avancer en changeant le statut pour entamer la saison prochaine de façon sereine.

Quel est votre message de cohésion ? Un appel aux filles et aux fils des Tannounyan en vue de continuer à pousser cette équipe, qui heureusement est remontée en D1 au grand bonheur des supporters ?

C’est toujours dire aux filles et fils de la région, c’est leur équipe de cœur. Je sais ça parce que quand on a vu l’engouement au stade municipal à Ouaga, la mobilisation des fils et filles, vraiment j’étais très content. Je sais donc que les gens portent l’équipe à cœur. Quand tout sera vraiment clair, je vais demander à tout le monde la main dans la main, de porter l’équipe et de prendre des actions au sein de l’équipe. Surtout qu’on a des projets actuellement qu’on est en train d’essayer de développer.

Parce que cette année, nous avons eu une invitation pour participer à un tournoi au Portugal. Nous sommes en train de travailler à envoyer des jeunes, des U17 au Portugal cette année même. Nous avons l’autorisation de la fédération et nous avons aussi l’accord du ministère qui va nous accompagner à obtenir les passeports de services pour que nos athlètes puissent aller s’exprimer au Portugal.

Donc, c’est une nouvelle porte qui s’ouvre à notre club. Parce que j’avais dit dès le départ qu’on va travailler à monter en D1 mais on va travailler aussi à faire la promotion de nos jeunes talents. Parce qu’il faut que des jeunes à partir de Banfora se retrouvent à l’extérieur dans des championnats européens, américain, à travers le monde. Si la personne réussit et qu’elle vienne investir à Banfora ou n’importe où au Burkina, ça ne fait qu’apporter un plus au niveau de notre pays. Donc ça va être vraiment une fierté pour nous au lieu que chaque fois qu’un joueur veut évoluer, il faut qu’il aille d’abord dans des clubs à Ouagadougou avant d’être vu et ils vont le faire partir. Le club USCO même ne gagne absolument rien. Pourtant aujourd’hui le ballon c’est le business et je sais que c’est du business. Aujourd’hui si on enlève ce business dans ballon, c’est fini.

Je sais que c’est du business et tout ce qui concours pour que ce business soit vraiment effectif, que ça soit réel et que les gens perçoivent ça, c’est ce que je suis en train de faire.

J’appelle donc les filles et fils de la région de nous faire confiance et on va en tout cas travailler à ce que ce club-là soit vraiment visible, qu’il fasse le rayonnement de notre région en matière de football.

Lors du match retour à Ouagadougou contre l’EFO, il y a eu des incidents et certains de l’EFO ont écopé de sanctions. Ces incidents ont-ils impacté l’USCO ?

Selon le président de l’USCO de belles perspectives s’ouvrent au club

Ils étaient en train de se plaindre contre l’arbitrage. Mais ce n’était pas en fait des problèmes entre le club USCO et l’EFO. Ils faisaient des contestations qui sincèrement n’avaient pas d’objet. Nous avons tous regardé le match, nous étions au terrain. Si vous voulez que l’arbitre siffle des fautes où il n’y a n’en pas, ce n’est pas facile. Finalement l’arbitre a donné des cartons à un entraîneur et aussi à des joueurs. C’est ce qui s’est passé.

Maintenant, à la fin nous étions dans la joie. C’est ce 27 mai 2026 que j’ai vu la note sanctionnant l’EFO. Nous leur souhaitons bon courage, qu’ils aient le moral et travailler à revenir l’année prochaine.

Rien n’est perdu, la D2 c’est aussi un championnat Burkinabè. La D1 et la D2, c’est la même chose et la D2 est même plus dur que la D1.

Propos recueillis par Sié Yacouba Ouattara.

Wangola Médias.

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