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Au petit matin du 2 mai 2026, quand le soleil hésitait encore à percer les brumes de Banfora, le griot avait déjà noué ses sandales. L’esprit tourné vers Niangoloko, dans la cité de Santa où il entendait prendre part à la journée des communautés, il cherchait un moyen de transport, comme on cherche une parole juste dans une assemblée.
Arrivé au rond-point du paysan noir, le griot fut stoppé net, non par un embouteillage, mais par un spectacle rare : une jeunesse debout, une jeunesse en action, une jeunesse qui refusait de contourner les problèmes comme on contourne les nids de poules.
Pelles en main, ciment à l’épaule, ces fils et filles de Banfora combattaient les cratères de la route comme des guerriers d’un autre temps. Le griot observa, émerveillé, cette armée sans uniforme, avançant du rond-point du paysan noir jusqu’au CHR, le long de la rue Balla, redonnant à la chaussée une dignité oubliée. Et il dit : « Quand la jeunesse se lève, même la route retrouve son chemin. ».
Dès que les balises qui ont été placées pour protéger le béton frais ont disparu, la route respirait de nouveau, et les motos glissaient sans zigzag, comme des mots bien alignés dans un discours. Le griot salua l’effort, car il faut honorer ceux qui agissent pendant que d’autres commentent.

Mais le griot est mémoire… et la mémoire n’oublie pas. Il gratta sa tête, regarda le ciment encore frais et murmura : « N’est-ce pas là la troisième fois que cette même chanson est chantée sur ce même tronçon ? ». Car oui, de mémoire de griot, Banfora a déjà vu ce film. Le béton vient, le béton rassure… puis le temps passe, la pluie tombe et la route reprend ses blessures.
Alors le griot s’interroge : Le ciment et le goudron sont-ils vraiment des amis ? Ou bien sont-ils ces compagnons qui se saluent le jour pour se trahir la nuit ?
Dans sa sagesse, il lança un conseil à ceux qui voudront suivre cet exemple : « Que ceux qui veulent soigner la route utilisent le remède de la route. Car on ne soigne pas une plaie de goudron avec un pansement de ciment. Le sparadrap en bitume vaut mieux assurément que le plâtre en ciment. »
Ainsi parla le griot, avant de reprendre sa marche, emportant avec lui l’image d’une jeunesse courageuse… et la question, suspendue comme un tam-tam dans le silence : Combien de temps tiendra cette nouvelle réparation du bitume de la rue Balla ?
Wangola Médias



