Niankorodougou dans la région des Tannounyan : moult approches infructueuses et des péripéties judiciaires autour d’une parcelle d’habitation.

Depuis quelques années déjà, l’affaire a fait et continu de faire grand bruit dans la commune rurale de Niankorodougou dans la province de la Léraba. Un attributaire légal d’une parcelle d’habitation, contre toute attente, s’est vu délester au profit d’un homonyme parfait. En claire, la parcelle a été revendue et un acheteur qui a même fait des réalisations sur le terrain. Après des approches infructueuses auprès de l’acheteur, se poursuivent des démêlées judiciaires dont le verdict est toujours attendu par les parties. En attendant, le RENLAC (Réseau National de Lutte Anti Corruption) a été récemment saisie du dossier.
Dans les années 1999-2000, la commune rurale de Niankorodougou a fait l’objet d’un aménagement suivi des attributions de parcelles à usage d’habitation. Ouattara Siaka, fût l’un des heureux bénéficiaires de la parcelle d’une superficie de 456 m2. En la zone Senoufo, comme d’ailleurs dans plusieurs communautés, « il y a souvent beaucoup d’homonymes et il faut souvent les pièces d’identités pour les départager », a introduit un proche de la victime Ouattara Siaka, plus précisément, l’oncle à l’origine même de l’attribution de la parcelle pour son neveu. Signalons qu’à l’époque de l’attribution, Ouattara Siaka qui n’avait pas encore une bonne pièce d’identité, n’a pas pu porter ses références sur ladite parcelle.
Comme ce n’est un secret pour personne, le foncier est une source de revenus d’argents engendrant autant de dossiers judiciaires dans les communes du Burkina, ainsi, cette famille se rendra compte après que leur parcelle a été vendue sous la base de faux documents, a témoigné l’oncle. Des falsifications des documents suivies de légalisations à la police ont permis à des individus de vendre leur parcelle, soutient la famille de Ouattara Siaka. Cette acquisition a été faite par un commerçant en 2017. Et lorsque que le pot-au-rose a été découvert, la police de Niankorodougou a été saisie de l’affaire. « Elle a mené des enquêtes et s’est retrouvée avec quelqu’un, qui en réalité, a fait une usurpation de nom », nous a confié l’oncle.
Selon lesdites enquêtes policières menées par le commissaire de police à l’époque, 7 mutations de parcelles auraient été effectuées le même jour. « Dans les 7 parcelles, il y a deux parcelles où il n’y avait pas de pièces d’identité du vendeur », souligne le proche de la victime. Toujours selon les enquêtes policières, c’est le neveu même de l’acheteur de la parcelle pourtant attribuée au nom de Ouattara Siaka, qui aurait signé tous les documents de mutations. Et le nouvel attributaire n’est pas passé par quatre chemins pour détruire les réalisations du premier attributaire. Un notaire est saisi pour les constats.
Convoqué par la suite à la justice, le nouveau propriétaire, selon les plaignants, n’a pas daigné se présenter. Le temps a coulé et c’est lors d’une audience foraine du Tribunal correctionnel du TGI de Banfora à l’hôtel de ville de Sindou tenue le 12 octobre 2023 que le dossier est jugé. Mais contre toute attente, la partie civile se verra signifier lors de cette audience que l’action publique était éteinte pour cause de prescription. « Après cette audience nous sommes repartis pour voir ce qu’il fallait faire sur notre parcelle et ils nous envoyé un référé qu’ils ne veulent pas que nous construisons là-bas. Nous avons obéit », relate l’oncle de la victime qui dit avoir respecté la loi. « Mais depuis 2024, quand nous faisons un référé déposé au palais, synonyme d’urgence où il faut une décision dans un mois normalement, actuellement nous sommes en 2026. Nous avons fait une autre demande de référé en 2025, ils n’ont toujours pas tranché », reste amer l’oncle de Siaka Ouattara qui conclu à « une volonté de ne pas trancher l’affaire ».
Mais avant ces démêlées judiciaires, « nous avons pris l’initiative sur nous d’aller vers celui qui acheté la parcelle pour lui dire que la parcelle ne lui appartenait pas. Nous avons ensuite pris des gens pour aller lui demander pardon. Au moins 4 personnes y compris nos parents à plaisanterie mais il a dit niet », a rappelé l’oncle à l’origine de l’attribution de la parcelle à son neveu.
En claire, explique l’oncle de Ouattara Siaka, lorsque que les auteurs de la falsification ont compris qu’il n’y avait pas de pièces sur la parcelle l’attribution initiale, ils sont allés fabriquer d’autres pièces au nom d’un autre « Ouattara Siaka » pour venir compléter le dossier. « Nous avons retrouvé ce Ouattara Siaka qui dit n’avoir jamais vendu de parcelle à qui que ce soit et il a porté plainte au palais de justice », révèle l’oncle.
La suite ? Ce plaignant « Ouattara Siaka » sera appelé en vain au palais de justice pour les suites judiciaires. Mais curieusement, l’auteur de la plainte ne présentera plus au palais afin que l’affaire puisse être tranchée. « A la date d’aujourd’hui, Ouattara Siaka n’est pas venu poursuivre sa plainte », a soutenu le proche de la victime qui souligne que l’acheteur a fini par construire sur la parcelle et dit attendre d’avoir tord si une fois l’affaire arrive à connaitre un dénouement judiciaire.
L’oncle du « premier attributaire » reste toutefois formel. « Nous avons les témoignages signés par rapport à notre parcelle », révèle l’oncle de la victime qui, en cette nouvelle année, entend relancer l’affaire. « Nous nous demandons si les gens doivent agir ainsi », s’interroge t-il, craignant au finish le pire dans ce litige foncier.
Pour ce faire, le Réseau National de Lutte Anti Corruption (RENLAC) a été saisi tout récemment a appris Wangola Médias. « Car si les gens doivent agir de la sorte et on ne dit rien, tout le monde est en danger. Si quelqu’un peut prendre ma parcelle, prendre celles d’autres attributaires et malgré ta plainte, on attend des années pour que ça soit forclos, il y a un danger », tranche la famille de la victime Ouattara Siaka.
Sié Yacouba Ouattara.
Wangola Médias.



