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Audience de la chambre criminelle du TGI de Banfora : jugé pour l’assassinat de son neveu, il écope de la prison à vie

La chambre criminelle du TGI de Banfora a examiné un dossier d’assassinat le 20 février 2026 dans lequel, SR, né en 1974 à Bobo-Dioulasso, VDP et cultivateur domicilié à Kassandé dans la commune de Sidéradougou a été poursuivi pour l’assassinat de son neveu SC. A la fin des débats, l’accusé a été condamné à passer le reste de sa vie en prison.

Mort volontaire de son neveu

C’est un accusé pour le moins controversé qui s’est présenté devant la chambre criminelle du TGI de Banfora ce 20 février 2026 peu de temps après 10 heures. La silhouette mince, les cheveux grisonnants, vêtu d’un tee-shirt de couleur bleu et d’un pantalon gris, il s’est avancé d’un pas hésitant vers la barre à l’appel du président. SR, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’est vu dans un premier temps notifier les charges qui pesaient contre lui. Faisant lectures de celles-ci, le président lui dira qu’il est accusé d’avoir volontairement donné la mort à son neveu SC, le 22 juillet 2026 à Kassandé dans la commune de Sidéradougou avec préméditation et à l’aide d’un fusil de chasse calibre 12 dont il s’est servi pour tirer sur lui suite à une affaire de sac de maïs qui a disparu de son magasin.

4 heures d’horloge d’instruction à la barre.

Interrogé à savoir s’il reconnaissait les faits, l’accusé, sans atermoyer répondit par l’affirmative. Dès lors, le public dans la salle d’audience s’attendait à voir l’affaire plier en tout au plus une heure de temps. Mais que nenni. Il faudra au tribunal un peu plus de 4 heures d’horloge pour conduire les débats, l’accusé ayant montré durant l’instruction du dossier à la barre l’air de quelqu’un qui souffre de troubles de mémoire. En effet, SR reconnaitra tous les faits qui se sont produits le jour fatidique sauf celui d’avoir tiré et tué son neveu. Pour tout, il se souvient qu’une altercation est survenue entre lui et son défunt neveu qui à l’occasion aurait selon lui bénéficié du soutien de sa concubine. La cause également de l’altercation, il s’en souvient parfaitement à chaque fois qu’il est invité à l’annoncée, il dit que c’est au sujet de son sac de maïs qui a disparu et qu’il a vu chez son neveu. Mais lorsque le tribunal lui demande s’il a tiré sur son neveu, CR dit qu’à partir du moment où son neveu et sa femme l’ont battu, il a perdu connaissance et il ne se rappelle plus de ce qui s’est passé par la suite. Il soutient que c’est au palais de justice, lorsqu’il y a été conduit par la gendarmerie, qu’il a appris que son neveu était mort et qu’il serait l’auteur de cette mort. Même la lecture de ses déclarations en enquête de police et à parquet ne suffira pas à lui rafraichir la mémoire. Toute chose qui a amené le procureur et le président du TGI à lui demander si lors de ces interrogatoires, il avait été torturé. A ces questions, CR a toujours répondu par la négative. Mais, il maintient qu’il ne se souvient de rien. Pire, il va même jusqu’à dire qu’on lui a rapporté que c’est lui-même qui a déclaré à Kassandé avoir tué son neveu alors qu’il ne l’a pas fait.

Des témoins à charge très formels

Cependant, la version de la concubine du défunt et celle du témoin viendront charger SR. Selon la première, CR et son concubin ne s’entendaient pas bien. Le jour des faits, il est arrivé une première fois dans leur concession et a demandé à voir son neveu. Celui-ci dormait et elle a dit à l’oncle qu’elle ne savait pas où il se trouvait. N’ayant pas été convaincu par la réponse de la concubine, l’accusé est allé dans leur maison, s’est déporté jusque dans leur chambre à coucher et a réveillé son neveu à qui il a réclamé son sac de maïs. Le neveu SC lui a dit de ramener d’abord son sac d’engrais qui serait tombé à son insu et que SR a ramassé. Poursuivant sa narration, la jeune fille dit que SR est reparti puis, vers 18 heures, alors que le soleil déclinait, il est revenu, cette fois armé. « Mon mari venait de ramener les moutons à la maison et nous les attachions. J’étais dans la cour et lui dehors. Soudain, j’ai entendu un coup de feu. J’ai accouru et j’ai vu mon mari à terre », relate la jeune fille qui ajoute qu’elle doit sa survie à la vitesse de ses jambes car SR s’est mis à chambrer à nouveau son fusil mais elle était déjà loin quand il a fini de le faire. Pour elle, c’est bel et bien lui qui a mis fin aux jours de son mari.

Prévenu de ne pas commettre l’irréparable

Le témoin TY qui avait été placé dehors pour ne pas suivre les déclarations est invité à ce niveau des débats à intégrer la salle. Interrogé par le tribunal, il dira que les choses se sont déroulées en sa présence. A l’entendre, il se trouvait au domicile de l’accusé avec les enfants de celui-ci quand le neveu est venu prendre le sac de maïs au motif que son oncle a ramassé son sac d’engrais qui est tombé sur la route et qu’il ne remettrait le maïs qu’une fois en possession de son engrais. Malgré mon refus, relate le témoin, SC, la victime, est parti avec le sac. Et lorsque l’accusé est revenu du champ, ses enfants lui ont dit que SC est venu prendre un sac de maïs. Il s’est rendu une première fois, puis une deuxième fois pour prendre le sac mais il s’est buté à la résistance de son neveu. C’est après cela qu’il est venu prendre son fusil. « Je l’ai suivi tout en lui disant de se maitriser et de ne pas commettre l’irréparable. Nous avons cheminé en direction de la cour du neveu et entre-temps il a changé de route. Pendant que je cheminais vers le domicile de SC, j’ai entendu un coup de feu. J’ai accouru et je me suis aperçu que sur cette autre route qu’il a empruntée, SR a retrouvé son neveu et l’a abattu ». Le témoin atteste lui avoir demandé d’amener sa moto pour que le neveu soit transporté au CSPS mais SR a rétorqué qu’il se rendait à la gendarmerie. Il a démarré sa moto et n’est revenu que le lendemain. SC avait déjà rendu l’âme suite à sa blessure vers 19h, alors qu’il pleuvait sur Kassandé.

Un alibi qui n’a pas prospéré

Pour le procureur, SR veut se faire passer pour quelqu’un qui souffre d’halzaïmer. De plus il n’a pas montré de remords ni de regret durant l’instruction du dossier à la barre. Le parquetier estime du reste que l’accusé a bien prémédité son acte car il n’a pas digéré l’affront de son neveu. Et comme le témoin allait sans doute l’empêcher de tirer sur son neveu, il l’a distrait en changeant de route. Selon toujours le procureur, l’accusé savait qu’il trouverait la victime sur le chemin qu’il a entre-temps emprunté. Fort de cette conviction, le procureur a requis qu’il soit maintenu dans les liens de l’accusation, qu’il en soit déclaré coupable et qu’en répression, il soit condamné à vie. Pour le parquet, cela ne ramènera certes pas SC à la vie mais le tribunal doit faire preuve de rigueur dans ce dossier. Il a également demandé la confiscation de l’arme qui a servi à donner la mort pour toute fin utile car, dira-t-il, nous sommes en guerre et ce fusil même s’il n’est pas d’une certaine puissance, peut toujours servir.

La rigueur à travers un verdict lourd.

Ni la concubine, ni les parents de la victime ne se sont constitués partie civile lorsque la question leur a été posée. En clair, ils ne demandent aucun dommage et intérêts suite à la mort de SC. Dans son verdict, le juge a suivi la réquisition du parquet et a prononcé la prison à vie pour SR.

Go Mamadou TRAORE

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