Société

Accusation de sorcellerie et coups et blessures volontaires sur une vieille femme : 12 mois de prison dont 6 ferme et une amende de 250 000 f ferme prononcée contre 5 hommes

Le Tribunal de Grande Instance de Banfora a examiné ce jour 17 février 2026 une affaire d’accusation de pratique de sorcellerie et de coups et blessures volontaires portés sur une vieille femme. Les faits se sont déroulés le 1er novembre 2025 à Gossogho département de Ouo.

 Appelé à la barre OF né en 2001 à Sidéradougou, cultivateur domicilié à gossogho a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il explique que la victime était venue chez eux un jeudi pour quémander. Après avoir fini de quémander elle a demandé à ce qu’on l’amène dans le village voisin pour qu’elle puisse aller quémander là-bas. Le prévenu dit que son oncle a demandé à son petit frère d’aller la descendre et sur le chemin la vielle aurait touché la hanche du petit et il a refusé de continuer avec la vielle. Le petit est revenu à la maison et c’est l’oncle lui-même qui est allé la descendre dans le village voisin. Rapportant les dires de son petit frère, OF dit que depuis la vielle l’a touché, il ne voit plus son organe génital. Mais sans prendre le temps de vérifier ce qu’a dit le petit, nous sommes allés à la recherche de la vieille.  Nous l’avons retrouvée et ramenée dans notre village, nous l’avons déshabillée et nous l’avons flagellée.

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Appelé à son tour à la barre BD, né le 13 décembre 1983 à Guin à département de Réo, cultivateur et employé de commerce domicilié à Gossogho a reconnu lui aussi les faits qui lui sont reprochés et affirme qu’il a appris l’affaire le dimanche aux environs de 17h. Il dit avoir vu un attroupement dans une cour et y est allé pour voir ce qui se passait. On lui a dit que le petit était allé pour descendre la vielle quand sur la route, celle-ci l’avait touché à la hanche et il l’a ramené au village. Le prévenu dit qu’ils ont demandé à la femme de se déshabiller puis ils l’ont frappée. BD avoue que c’est lui et GS qui ont ligoté la vielle femme.

Appelé aussi à la barre, GS âgé de 33 ans, né à Ouahigouya est un cultivateur résidant à Gossogho. Tout comme les deux premiers, il a reconnu les faits et relate que le jour dit, il en arrivant à la maison, il a trouvé les siens en train de discuter avec une femme à propos de la disparition du sexe d’un petit. Après s’être renseigné, GS dit qu’il a suggéré que la vieille soit ligotée, déshabillée puis frappéer. Il reconnait avoir personnellement porté la main sur la vieille femme.

Le quatrième prévenu du nom de OB, appelé à la barre est cultivateur né en en 1986 a lui aussi reconnu les faits qui lui sont reprochés. A l’entendre, c’est au retour du champ qu’il a vu la foule. De prime à bord, il dit avoir eu peur. Mais lorsqu’il s’est approché pour se renseigner, on lui a expliqué ce qui venait de se passer mais sans prendre le soin de vérifier si ce que le petit disait était vraiment réel, ils ont soumis la vieille aux sévices.

Même son de cloche chez le 5e prévenu, SM qui lui est né à Solenzo et âgé de 28 ans. Lui explique qu’il était allé pour rendre visite à son frère et à son retour il a entendu les gens dire que la vielle aurait fait disparaitre le sexe d’un petit. Il reconnait que leur erreur a été de ne pas vérifier les dires du petit et voilà qu’aujourd’hui ils se retrouvent dans une telle situation.

La victime DK écouté à son tour explique  qu’elle se promène de village en village pour quémander. Un jour elle dit être arrivé dans le village de ses agresseurs dans la soirée. « J’y ai passé la nuit et le lendemain j’ai demandé que quelqu’un me conduise dans le village voisin ». La vieille femme explique que son hôte a chargé son fils de le faire. En cours de route, le petit a commencé à crier sur elle tout en disant qu’il n’allait plus l’amener. Puis il l’a ramené au village. DK dit que lorsqu’ils sont arrivés son hôte est allé le descendre et l’enfant a dit qu’elle l’avait touché à la hanche et que suite à cela, il aurait perdu son sexe. Etant à un lieu de douau dans ce village, elle a entretemps vu son hôte revenir. Elle a voulu se familiariser avec lui mais ce dernier, un peu fâché, n’en voulait pas et lui a dit que depuis la déconvenue avec son fils, celui-ci ne retrouve plus son sexe. La vieille est ramenée dar dar dans le village du petit où elle a subit des sévices. Elle explique qu’elle doit son salut à un vieil homme qui s’est interposé. « Je n’ai jamais vécu pareille situation. Les gens venaient nombreux de partout dans la cour. Un homme m’a demandé de dire la vérité. J’ai répondu que je n’étais au courant de rien. Puis GS est venu me tirer pour m’amener dans les herbes. Là ils l’ont demandé de me déshabiller. Ils se sont mis à me frapper quand soudain un vieux a accouru pour leur dire de ne plus me toucher. C’est ce vieux qui m’a ramené chez lui ». Bléssée, elle a été conduite à l’hôpital par des connaissances venues de Gaoua. Toutefois, elle explique que les prévenus sont venus lui rendre visite et lui ont même demandé pardon. Elle ajoute qu’ils ont même voulu rembourser les frais d’ordonnance mais son fils n’a pas accepté. La victime a demandé la clemence du tribunal pour les prévenus car elle les avait déjà pardonnés.

Deux témoins ont été entendus au cours de ce procès. L’un d’eux, OA est VDP. A ce titre, il a été désigné pour aller à la recherche de la vieille lorsque le petit a ameuté ses parents. Cependant il atteste que le petit a dit que son sexe ne se levait plus depuis que la vieille femme l’a touché mais une fois conduit au CSPS il a retrouvé tous ses sens après avoir pris un produit. Le second témoin explique que son action a consisté à retirer les fouets des mains de ceux qui s’en prenaient à la vieille. Le troisième pour sa part a déploré le fait que personne n’ait pris la peine de vérifier ce que disait le petit. Pour lui la vieille femme a été accusée à tort. Il ajoute que c’est une fois à la gendarmerie qu’ils ont su que le sexe de l’enfant n’avait pas disparu. L’enfant même est âgé de 18 ans.

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A la question du tribunal de savoir si la victime se constituait partie civile si jamais les prévenus venaient à être déclaré coupable, elle répondu qu’elle réclame la somme de 225 000 f qui représente ses frais d’ordonnance.

Le procureur dans sa réquisition a demandé à ce que les prévenus soient retenus dans les liens de la prévention et qu’ils soient déclarés coupables des faits d’accusation de pratique de sorcellerie et de coups et blessures volontaire à eux reprochés. Pour ce qui concerne la sanction, il a demandé à ce qu’ils soient condamnés chacun à une peine d’emprisonnement de 24 mois dont 12 ferme et une amende de 250 000 f. Il a également demandé une contrainte judiciaire de 3 mois.

Pour leurs défenses les prévenus ont demandé la clémence du tribunal et ont également présentés leurs excuses à la victime.

Le juge dans son verdict a déclaré les prévenus coupables des faits d’accusation de pratique de sorcellerie et de coups et blessures volontaires à eux reprochés. Il les a condamnés à une peine d’emprisonnement de 12 mois dont 6 mois ferme et une amende de 250 000 f ferme. Reçois la constitution de partie civile de la victime et lui dit fondé, condamne les 5 prévenus à lui payer la somme de 225 000 f à titre de dommage et intérêt. Fixe la contrainte judiciaire à 3 mois. Condamne en outre les prévenus aux entiers dépens.

Ga Cheriffa Raphaate Assita TRAORE

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