
Views: 55
Le Tribunal de grande instance de Banfora, à l’entame de l’année judiciaire, a examiné à son audience le 6 octobre 2026, le cas de trois prévenus poursuivis pour des faits liés au chanvre indien. Il s’agit de Moussa, Joël et Issa, (des noms d’emprunts) dont les destins semblent liés par cette affaire. Les deux premiers sont poursuivis pour consommation et vente de chanvre indien et le troisième, Issa, pour consommation de drogue. À la barre, Issa reconnaît les faits. Il affirme être le premier à avoir été interpellé et que son arrestation a conduit à celle des deux autres.Il raconte : « J’ai croisé Moussa dans un cabaret alors que je l’aidais à ramasser des résidus de dolo. Je lui ai fait part de mon intention d’acheter quelque chose s’il pouvait m’aider à m’en procurer. Il m’a demandé de quoi il s’agissait, je lui ai dit de la drogue et il m’a dit de venir le voir si j’en voulais. Je suis ensuite reparti sur mon site d’orpaillage. À mon retour, je suis allé le voir et j’ai commandé pour 500 F CFA. J’ai mis ça dans mon sac et je suis parti. C’est à la suite de cela que j’ai été interpellé ».
Interrogé par le Président du tribunal sur ce qui lui faisait croire que Moussa vendait de la drogue, Issa répond qu’il ne le savait pas mais il se serait simplement approché de lui pour l’aider et en a profité pour lui faire sa demande. « Donc si vous aviez croisé n’importe qui, vous alliez lui parler de votre besoin d’acheter de la drogue ? Et si c’était un FDS ? », s’est étonné le Président. Une question restée sans réponse.
Moussa, la cinquantaine bien sonnée, ne reconnaît que partiellement les faits. Il admet avoir consommé de la drogue, mais nie être impliqué dans sa vente. Il explique qu’Issa est venu chez lui à trois reprises et qu’il l’a à chaque fois chassé. « Un jour, on s’est croisé au cabaret, il m’a aidé. Après cela, il est revenu me voir et je lui ai donné pour 500 F CFA », concède-t-il, avant d’affirmer qu’il n’est pas vendeur mais un simple intermédiaire entre son fournisseur et ses clients.
Une version qui contraste avec ses déclarations devant le Procureur : « J’ai connu Joël en 2026, il mettait à ma disposition du chanvre indien que je revendais. Lorsque j’arrivais à vendre, je lui remettais l’argent et à son tour, il me donnait soit 3 000 F, soit 5 000 F CFA » avait-il déclaré.
Joël, présenté comme le fournisseur de Moussa, est passé aux aveux. Il affirme qu’il livrait régulièrement de la drogue à Moussa pour la revente, souvent pour un montant de 10 000 F CFA. Leur collaboration n’aurait pas excédé un an. « Moi également, j’ai mon fournisseur à Bobo-Dioulasso. Il m’envoie et je revends », a-t-il précisé.
Interrogé sur son mode opératoire, Joël explique : « Le fournisseur mettait la drogue dans un sachet avec des habits. Il dissimulait la drogue à l’intérieur et allait l’expédier à la gare comme un colis, via les compagnies de transport ».
Mis devant les faits, Moussa a fini par reconnaître qu’il avait quatre clients réguliers. Il faut noter qu’il avait déjà été incarcéré pour des faits similaires de consommation de drogue en 1998.

Le Procureur a requis que les trois prévenus soient maintenus dans les liens de la prévention et a demandé une peine de 5 ans d’emprisonnement dont 24 mois ferme et 2 000 000 F CFA d’amende ferme, assortis d’une contrainte judiciaire de 6 mois pour chacun.
Les prévenus ont, tour à tour, imploré la clémence du tribunal.
Dans son délibéré, le Président du TGI a déclaré Moussa, Issa et Joël coupables des faits à eux reprochés. Par conséquent, Issa a été condamné à 12 mois d’emprisonnement et 500 000 F CFA d’amende, le tout ferme, avec une contrainte judiciaire de 6 mois. Joël a écopé de 24 mois d’emprisonnement et 1 000 000 F CFA d’amende, le tout ferme, avec une contrainte judiciaire de 9 mois. Moussa a été condamné à 30 mois d’emprisonnement et 1 000 000 F CFA d’amende, le tout ferme, avec une contrainte judiciaire de 9 mois.
Sountong Noma Stéphanie Kabré
Wangola Médias



