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La hausse des prix des boissons dans les débits de boissons et les caves à bière à Banfora préoccupe les consommateurs. Alertée par la Ligue provinciale des consommateurs de la Comoé, une équipe de contrôle dont elle faisait partie au même titre que des services étatiques a effectué, dans la matinée du jeudi 1er octobre 2026, une sortie de terrain afin de constater la situation et de recueillir les éléments nécessaires à son appréciation.
Depuis le week-end dernier, plusieurs consommateurs ont signalé une augmentation des prix de différentes catégories de boissons dans la cité du paysan noir. Une situation que la Ligue provinciale des consommateurs dit avoir vérifiée à travers sa propre enquête avant de saisir les services compétents.

« Beaucoup de consommateurs nous ont appelés durant tout le week-end dernier pour nous signaler les augmentations », a expliqué le président de la Ligue provinciale des consommateurs de la Comoé, Adama Rouamba. Selon lui, des membres de la Ligue ont sillonné plusieurs maquis et caves de la ville pour vérifier les plaintes. Des consommateurs ont également transmis des photographies de leurs factures comme éléments de preuve.
La tournée du 1er octobre a permis à l’équipe de visiter plusieurs points de vente. Selon les responsables de la Ligue des consommateurs, l’augmentation concerne pratiquement toutes les catégories de boissons, notamment la bière et les boissons sucrées. « Nous avons parcouru pas mal de structures, que ce soit des débits de boissons ou des caves. Nous avons parcouru un nombre assez important et, après le constat, nous leur avons demandé de nous fournir une preuve matérielle justifiant une augmentation quelconque des prix des boissons. Malheureusement, ils n’ont pas été en mesure de le faire », a indiqué Foromine Sourabié, chargé des plaintes au sein de la Ligue des consommateurs, section Comoé.
Toujours selon la Ligue, l’augmentation constatée serait généralement de 50 F sur certaines bouteilles, avec des cas pouvant atteindre 100 F. Dans certaines caves, l’augmentation annoncée sur les caisses serait même plus importante. Pourtant, relève Adama Rouamba, plusieurs points de vente continuaient d’afficher les anciens tarifs.

Pour la Ligue des consommateurs, aucune note officielle justifiant cette hausse n’a, pour le moment, été présentée aux enquêteurs. « Sans note officielle, ça ne marche pas. On ne peut pas travailler dans l’oralité », a fait savoir le président provincial de la Ligue. Il ajoute que des instructions ont été données aux tenanciers des débits de boissons visités pour un retour aux anciens prix, dans l’attente d’une éventuelle décision officielle.
La Ligue des consommateurs estime pour sa part que l’intervention des services compétents est nécessaire. « Le citoyen ne doit pas subir de telle injustice. Les gens ne doivent pas se lever du jour au lendemain et faire une augmentation comme ils l’entendent, car une augmentation de prix obéit à une démarche bien connue », a déclaré Foromine Sourabié. Pour lui, la sortie de terrain montre également que la Ligue reste attentive aux préoccupations des consommateurs.
Du côté des commerçants, certains expliquent avoir simplement appliqué les nouveaux tarifs qui leur auraient été communiqués. C’est notamment le cas de Soulama Tériba, gérant d’une cave visitée au cours de la tournée. Il dit avoir reçu, par message électronique envoyé par un client, l’information faisant état d’un changement des prix. N’ayant pas de boissons disponibles à ce moment-là, il affirme n’avoir été approvisionné que le mercredi 30 septembre. À la réception des produits, il a appliqué les tarifs qui lui avaient été communiqués. Il assure toutefois qu’il se conformera aux instructions données par l’équipe de contrôle, malgré la hausse qu’il dit avoir lui-même subie sur le prix des caisses.

Selon les responsables de la Ligue des consommateurs, la situation observée à Banfora ne semble pas, à leur connaissance, concerner l’ensemble des localités. Ils disent avoir eu connaissance de cas à Niangoloko et à Houndé, sans toutefois disposer d’informations suffisamment précises sur d’autres villes. Cependant, le responsable provincial Adama Roamba déplore la cupidité de certains gérants de cave et tenanciers de débits de boisson qui sont prompts à augmenter les prix. Il soutient avoir fait le constat que des cavistes sont venus de Bobo-Dioulasso, donc à 85 kilomètres de Banfora, vendre la caisse de bière 6 550 F CFA tandis que ceux établis à Banfora la vendent à 7 200 F CFA. Le comble pour la Ligue des consommateurs est que même ceux qui achètent avec ce caviste venu de Bobo- Dioulasso à 6 650 F CFA revendent la bouteille de bière par exemple à 800 F. Ce qui de son point de vue est exagéré et une manière de sucer le consommateur. Pourquoi une telle différence, s’interroge M Roamba qui par ailleurs invite ces commerçants à faire le distingo entre la BRAKINA et la SODIBO car, selon toute vraisemblance, la BRAKINA ne vend pas directement la boisson aux cavistes et autres détaillants. Jointe, elle n’est pas non plus au parfum de cette augmentation du prix de la bière à Banfora.

En attendant, la Ligue des consommateurs appelle les vendeurs concernés à observer les tarifs antérieurs jusqu’à l’existence d’une éventuelle décision ou note officielle. Adama Roamba n’a pas oublié de remercier les consommateurs de la région qui ont attiré leur attention sur cette situation. « Les gens nous appelé de Niangoloko, de Bérégadougou et de Banfora. Nous tenons à dire merci à tous ceux qui nous ont alerté et qui nous ont permis de circonscrire le problème ».
Go Mamadou TRAORE
Wangola Médias



