Politique

18 usines de munitions aux USA : la paix à l’épreuve de l’économie de guerre

Views: 0

« Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous », c’est sous ce thème que s’est ouverte le 22 septembre 2026, la 81è Assemblée générale des Nations Unies. À cette tribune, Donald Trump a livré une vision de la puissance américaine dans laquelle la paix passe d’abord par la capacité à produire des armes.

Le président américain a affirmé que les États-Unis disposent de stocks de munitions considérables et que « 18 » grandes usines sont actuellement en construction. Selon lui, ces installations permettront bientôt une production massive de missiles et de munitions, afin notamment d’approvisionner plus rapidement les alliés de Washington.

Cette annonce soulève une question qui dépasse largement les frontières américaines : au regard du thème, peut-on construire durablement la paix en augmentant simultanément les capacités industrielles de guerre ? Dans la logique défendue par Trump, la réponse est oui. L’argument est celui de la dissuasion : un pays suffisamment armé serait moins susceptible d’être attaqué. Cette doctrine n’est pas nouvelle. Elle repose sur l’idée que la supériorité militaire peut empêcher l’adversaire de prendre le risque d’un conflit.

Dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine, les tensions avec l’Iran et la compétition stratégique avec la Chine et la Russie, Washington considère également que ses capacités industrielles doivent être capables de répondre rapidement à une crise majeure.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le discours comporte une contradiction apparente. Une usine de munitions n’est économiquement rentable que si elle produit et vend. Une augmentation durable des capacités de production peut donc créer une logique industrielle dans laquelle la demande militaire devient un élément central. Pourtant, l’ONU rappelle elle-même que la disponibilité des armes et des munitions peut contribuer à prolonger les conflits, à alimenter les violences et à déstabiliser des régions entières.

Toutefois, il faut néanmoins éviter de tirer une conclusion automatique : construire des usines d’armement ne signifie pas nécessairement vouloir la guerre. Les États peuvent constituer des stocks sans les utiliser, précisément pour renforcer leur capacité de dissuasion. L’OTAN souligne d’ailleurs depuis plusieurs années que les capacités industrielles occidentales doivent être augmentées pour répondre aux besoins de défense et aux insuffisances des stocks.

Le véritable enjeu se situe donc ailleurs : à quel moment la dissuasion bascule-t-elle dans la course aux armements ? Plus les États augmentent leur production militaire, plus leurs adversaires peuvent être incités à faire de même. La sécurité d’un pays peut alors être renforcée individuellement tout en produisant, collectivement, davantage d’instabilité.

La déclaration de Trump révèle ainsi une conception particulière de la paix en parfaite contradiction avec le thème qui prône la confiance : une paix garantie moins par le désarmement que par la puissance militaire. Or l’histoire montre que les deux approches « dissuasion et désarmement », ont toujours coexisté, sans qu’aucune ne puisse à elle seule garantir la paix.

La question fondamentale n’est donc pas de savoir si les 18 usines doivent tourner, mais quel monde leurs productions contribue à construire ? Si elles servent à empêcher une agression, elles peuvent être présentées comme un instrument de dissuasion. Si elles participent à une spirale permanente d’armement, elles peuvent au contraire rendre plus difficile la construction d’un ordre international fondé sur la confiance.

À l’ONU, institution créée précisément pour prévenir les guerres, cette contradiction prend une portée particulière : la paix peut-elle être durable lorsqu’elle repose toujours davantage sur la capacité de produire les moyens de la guerre ?

Wangola Médias

Wangolā Médias

Wangolā Médias est un média numérique indépendant et impartial qui fournit des informations locales et internationales de qualité sur les Tannouyan et d'autres sujets d'intérêt général. Nous sommes engagés à promouvoir la liberté d'expression et la transparence, en utilisant les dernières technologies pour atteindre leur public et fournir des informations précises et opportunes. Wangolā Médias: L'info des Tannouyan, du Burkina et d'ailleurs.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page