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La commémoration du 30 septembre 2026, marquant quatre années de présence du capitaine Ibrahim Traoré à la tête du Burkina Faso, aura donné à voir une image particulièrement forte : celle d’un pays qui entend se rassembler autour de valeurs communes dans un contexte national encore marqué par de profondes épreuves.

Dans les treize régions du Burkina Faso, les populations ont participé ce 30 septembre 2026 à diverses activités commémoratives, donnant à l’événement une dimension qui dépasse le seul cadre politique pour toucher à la question essentielle de la cohésion sociale et de l’unité nationale.

Au-delà des discours et des manifestations populaires, cette célébration révèle d’abord une volonté de construire un récit national partagé. La simultanéité des activités dans les différentes régions traduit la recherche d’un sentiment d’appartenance à une même communauté de destin. De Ouagadougou aux autres territoires, le message dominant est celui d’un Burkina Faso qui veut rester debout, uni et mobilisé face aux difficultés.

Cette dynamique trouve dans le patriotisme un important facteur de rassemblement. Drapeaux, chants, expressions culturelles, hommages aux forces combattantes et mobilisation de différentes catégories sociales ont contribué à installer une atmosphère de communion nationale. Le patriotisme apparaît ainsi comme un langage commun capable de rapprocher des populations aux réalités territoriales, sociales et culturelles parfois différentes.

La commémoration a également mis en lumière une autre dimension de la cohésion : la solidarité avec les Forces de défense et de sécurité et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Dans un pays confronté à une crise sécuritaire persistante, le soutien aux combattants constitue un élément important du sentiment d’unité. Cette célébration des 4 ans de la RPP permet ainsi de rappeler que la défense du territoire est présentée comme une cause nationale et que les sacrifices consentis sur le terrain sont perçus comme concernant l’ensemble de la communauté nationale.

Mais l’enseignement le plus important du 30 septembre 2026 se situe peut-être au-delà de la ferveur populaire. Cette commémoration peut créer un puissant sentiment d’unité pendant quelques heures ou quelques jours mais la véritable cohésion sociale, elle, se construit dans la durée. Elle se vérifie dans les relations entre communautés, dans la solidarité envers les personnes déplacées et vulnérables, dans le respect des différences, dans l’accès équitable aux services publics et dans la capacité des citoyens à résoudre pacifiquement leurs divergences.

C’est là que se situe le principal défi. La mobilisation observée dans les treize régions constitue donc un signal fort de rassemblement, mais elle ne doit pas être confondue avec une cohésion sociale définitivement acquise. Le Burkina Faso demeure traversé par des réalités différentes selon les territoires et les populations. La crise sécuritaire en passe de résolution, les difficultés économiques et les fractures sociales continuent de mettre à l’épreuve le vivre-ensemble.

Dès lors, après la commémoration, le véritable héritage devrait être la transformation de l’élan patriotique en actions concrètes de proximité. La cohésion ne peut pas seulement être célébrée ; elle doit être pratiquée. Elle suppose que le sentiment d’appartenance nationale se traduise par l’entraide, la tolérance, l’écoute et la participation de chacun à la reconstruction du pays.

Le 30 septembre 2026 aura donc été, à sa manière, un miroir de l’état d’esprit d’une partie du Burkina Faso : un peuple désireux d’affirmer son unité et sa capacité de résistance. Mais cette image appelle également une responsabilité collective. L’unité nationale ne se décrète pas et ne se limite pas à la participation à une commémoration. Elle se consolide lorsque chaque Burkinabè, quelle que soit sa région, son origine ou sa condition sociale, se sent partie prenante d’un même projet national.

Les autorités du Faso sont bien engagées sur cette voie. Mais au fond, au lendemain des 4 ans, le principal enseignement de cette commémoration est simple : le Burkina Faso dispose d’un potentiel important de rassemblement autour du patriotisme et de l’attachement à la nation. Le défi est désormais de convertir cette ferveur collective en une cohésion sociale durable, fondée sur la solidarité, le dialogue et le sentiment partagé d’un destin commun.
Le 30 septembre aura ainsi été davantage qu’une date commémorative : il aura constitué un moment de rappel que, dans les périodes de crise, l’unité d’un peuple représente à la fois une force de résistance et un chantier permanent.
Wangola Médias



