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Le comité de pilotage du projet « Santé mentale pour tous » phase 3 s’est réuni ce mercredi 22 juillet 2026 à Banfora pour sa session statutaire consacrée au suivi de la mise en œuvre des activités et à l’examen des perspectives. Cette rencontre, qui a enregistré la présence de l’ensemble des membres statutaires du comité de pilotage, notamment les équipes cadres des districts sanitaires de Banfora, Mangodara et Sindou, a permis aux différents acteurs d’apprécier les résultats engrangés et d’identifier les actions à renforcer afin d’améliorer davantage la prise en charge des personnes vivant avec des troubles psychosociaux dans la région des Tannounyan.
Les travaux étaient placés sous la présidence du Directeur régional de la santé des Tannounyan, Dr Ouédraogo Wendkouni Abdoul Aziz, en présence du Secrétaire exécutif de l’OCADES Caritas Banfora, l’abbé Olivier Héma, dont la structure assure l’exécution du projet avec l’appui de CBM Global.
Dans son mot de bienvenue, prononcé au nom de l’évêque de Banfora, Monseigneur Lucas Kalfa Sanon, empêché, l’abbé Olivier Héma a souhaité la bienvenue aux participants tout en exprimant la gratitude de l’OCADES Caritas Banfora à l’endroit de son partenaire technique et financier, CBM Global. Le Secrétaire exécutif a particulièrement salué la disponibilité et la flexibilité de CBM Global, qui accompagne constamment les adaptations nécessaires dans la mise en œuvre du projet. Selon lui, cette souplesse permet d’apporter des réponses adaptées aux réalités du terrain et aux besoins évolutifs des bénéficiaires. Il a rappelé que la santé mentale constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique qui nécessite une mobilisation permanente de tous les acteurs afin d’offrir des soins de qualité et de favoriser une meilleure inclusion sociale des personnes concernées.

Dans son discours, le Directeur régional de la santé des Tannounyan, Dr Ouédraogo Wendkouni Abdoul Aziz, a salué les résultats obtenus grâce à cette initiative qui, selon lui, contribue de manière significative à l’amélioration de la santé globale des populations de la région.Le président du comité de pilotage a relevé que les interventions du projet ont permis de renforcer la prise en charge des personnes vivant avec des troubles mentaux et psychosociaux tout en rapprochant les services spécialisés des communautés. Il a insisté sur la nécessité de consolider les acquis afin que les bénéficiaires continuent de recevoir des soins de qualité et un accompagnement durable.

Avant de déclarer officiellement ouverts les travaux, le Directeur régional de la santé a invité tous les membres du comité à prendre une part active aux échanges. Pour lui, seule une participation constructive permettra d’identifier les défis, de proposer des solutions pertinentes et de garantir le succès des activités prévues dans le cadre de cette troisième phase du projet.

De l’avis du camarade Simon Koncobo, coordonnateur du projet, cette rencontre entre dans le cadre de la gouvernance du projet santé mentales pour tous phase 3. Elle est prévue dans les documents du projet qui stipule que chaque six mois les acteurs doivent se retrouver pour examiner la mise en œuvre des activités, voir les progrès des indicateurs et voir également s’il y a des situations à recadrer pour assurer l’atteinte des objectifs. Levant le voile sur le bilan du premier semestre, le coordonnateur fait savoir que plusieurs activités ont été réalisées. De ces activités, il y a les consultations décentralisées à travers lesquelles des agents de santé spécialistes en santé mentale, ont consulté dans les aires sanitaires pour détecter des cas de maladies mentales et sensibiliser les populations sur les comportements responsables à adopter pour rester en bonne santé mentale. En plus de cela, il note la prise en charge en psychotrope. A ce niveau, au cours du premier semestre de l’année 2026, plus de 800 personnes ont été prises en charge avec des psychotropes et ces personnes aujourd’hui sont sources de fierté. » Nous sommes vraiment satisfaits car les résultats que ces personnes présentent sont encourageants parce que leur état de santé s’est amélioré et certaines ont repris leurs activités ». Simon Koncobo ajoute que plusieurs activités de sensibilisation sur le terrain ont eu lieu de même que des rencontres avec les acteurs qui interviennent dans la santé mentale dans la mesure où le projet vise une mutualisation des efforts de ce beau pour la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux.

Au titre du semestre 2, beaucoup de défis restent à relever. Avec tous les acteurs qui sont engagés depuis le début du projet, il estime que ce qui reste à faire le sera avant la fin de l’année pour que tout ce qui est en rapport avec la prise en charge des personnes bénéficiaires, des rencontres, formations, sensibilisations, consultations à venir puissent être réalisés. Au titre des difficultés, il ressort qu’au cours du premier trimestre, environ 1500 personnes ont été prises en charge. « Mais il y a beaucoup qui attendent toujours d’être prises en charge. Ce sont donc des difficultés liées aux ressources financières parce que nous voulons bien prendre en charge tout le monde mais bon les réalités sont là » explique le coordonnateur dans son exposé. Il que sur le terrain, il arrive que les parents des bénéficiaires qui constituent l’entourage ne sont pas très engagés. Les sensibilisations se mènent toujours à ce niveau parce que le malade a besoin d’être accompagné. Même pour la prise de ces de ces produits, il a besoin de cet accompagnement là et comme on le dit souvent une personne malade accompagné a déjà recouvré la santé à 50 %. Mais quand elle est laissé à elle-même, il ne partage pas ses difficultés et cela aggrave son mal » a lancé le coordonnateur du projet. Au cours des travaux, les participants, au nombre desquels il convient de signaler la présence effective des équipes-cadres des trois districts sanitaire de la région, les directions régionales des droits humains, de l’économie et de la planification, ont passé en revue les stratégies à mettre en œuvre pour améliorer davantage les interventions sur le terrain. Les échanges ont également porté sur le renforcement du suivi des bénéficiaires, l’amélioration de leur accès aux médicaments et l’accompagnement de leur réinsertion socio-économique.

Intervenant au cours des discussions, le camarade Traoré Dramane, chargé des programmes de CBM Global, a insisté sur la responsabilité collective des différents acteurs dans l’atteinte des objectifs du projet. « Les acteurs clés peuvent améliorer la situation si chacun prend les dispositions nécessaires afin que l’objectif principal soit atteint. Les bénéficiaires directs, qui sont les personnes souffrant de maladies psychosociales, doivent être placés dans de meilleures conditions. Elles doivent pouvoir disposer de leurs médicaments, bénéficier d’un suivi régulier et recevoir les conseils appropriés », a-t-il déclaré. Il a également mis un accent particulier sur l’encadrement des bénéficiaires stabilisés qui développent des activités génératrices de revenus. Selon lui, cet accompagnement technique demeure indispensable pour assurer la réussite des projets économiques mis en place au profit des personnes concernées. « Nous avons commencé à accompagner des malades stabilisés à travers des activités génératrices de revenus. Il est important que les services techniques poursuivent leur encadrement afin de garantir le succès de ces initiatives et leur autonomie économique », a-t-il soutenu.

L’une des particularités du projet est qu’il associe directement les personnes concernées à sa gouvernance. Les personnes vivant avec un handicap psychosocial sont représentées au sein du comité de pilotage par la Fédération burkinabè des associations pour la promotion des personnes handicapées (FEBAH). Présent à cette session, le président de la FEBAH, Issa Palenfo, n’a pas caché sa satisfaction quant aux changements observés depuis le lancement du projet. Il a rappelé que, par le passé, les personnes souffrant de troubles mentaux vivaient dans des conditions particulièrement difficiles, souvent rejetées par leur entourage et privées de toute perspective d’épanouissement. « C’est ce que tout le monde connaît. On les voyait dans la rue pour certains, assis au bord des routes pour d’autres. Ceux qu’on ne voyait pas sont des personnes qui avaient disparu ou qui avaient honte de leur nouvelle situation. Elles étaient marginalisées », a-t-il expliqué. Pour Issa Palenfo, le projet « Santé mentale pour tous », aujourd’hui à sa troisième phase, est progressivement en train d’inverser cette tendance grâce à une approche qui combine prise en charge médicale, accompagnement psychosocial, sensibilisation des communautés et insertion socio-économique des bénéficiaires. Il a estimé que les progrès déjà enregistrés démontrent la pertinence des interventions engagées et a encouragé l’ensemble des partenaires à maintenir leurs efforts afin que davantage de personnes puissent retrouver leur dignité et reprendre une vie active au sein de leurs communautés.

Les membres du comité de pilotage ont, pour leur part, réaffirmé leur engagement à poursuivre les actions entreprises et à renforcer la synergie entre les structures sanitaires, les collectivités, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers. Ils ont également insisté sur l’importance de poursuivre les campagnes de sensibilisation pour combattre les préjugés et la stigmatisation dont sont encore victimes les personnes vivant avec des troubles mentaux et psychosociaux. Au terme de cette session, les participants se sont accordés sur la nécessité de consolider les acquis de cette troisième phase du projet afin d’offrir aux bénéficiaires un accès durable aux soins, un accompagnement psychosocial de qualité et de meilleures opportunités d’insertion économique. Une ambition partagée par l’ensemble des acteurs, convaincus que la santé mentale est une composante essentielle du bien-être des populations et du développement des communautés.
Go Mamadou TRAORE
Wangola Médias



