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TGI Banfora : Un commerçant de 36 ans poursuivi pour escroquerie

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Banfora, 7 juillet 2026 – Le Tribunal de Grande Instance de Banfora a examiné ce lundi le dossier de SC, un commerçant de 36 ans qui était poursuivi pour des faits d’escroquerie portant sur la somme de 300 000 F CFA.

A la barre, SC n’a pas reconnu les faits qui lui sont reprochés. A entendre sa version, il s’était rendu dans la boutique de la victime, SB, pour réparer son téléphone. Sur place, un ami l’a rejoint et ils ont discuté d’une affaire de parcelles.

Après le départ de l’ami, la victime s’est approchée de lui pour avoir plus d’informations sur le sujet qu’ils venaient d’aborder. « Je lui ai expliqué que je m’étais inscrit auprès d’une structure d’attribution de parcelles. J’ai ajouté que n’avais pas encore payé pour que l’on me montre l’emplacement. De plus je lui ai dit que s’il était intéressé, il pouvait me remettre l’argent pour que j’aille payer et après quoi je lui remettrais la parcelle », a-t-il déclaré.

Le prévenu affirme qu’il existait à l’époque une structure qui attribuait des parcelles. Si l’acquéreur disposait de l’argent et était prêt à construire, les propriétaires terriens, en lien avec la structure, lui montraient directement sa parcelle. SC poursuit en disant que la victime s’est dite intéressée. Le prix était fixé à 300 000 F CFA. Le lendemain, SB lui a remis la somme à son domicile. Le prévenu, SC dit s’être rendu à la structure pour payer, mais on lui aurait répondu que la vente des parcelles était arrêtée.

Interrogé par le président du tribunal qui voulait savoir si SC avait la parcelle quand il a reçu l’argent de la victime, ce dernier a répondu par la négative.  « Alors pourquoi vendre ce que vous n’avez pas encore obtenu ? » lui demande le juge. Pour toute réponse à cette interrogation, le prévenu soutient avoir informé la victime que la parcelle ne serait montrée qu’après le paiement, et que celle-ci avait accepté cette condition. Il ajoute avoir déjà souscrit auprès de la structure pour deux parcelles, lui et son épouse, avec une avance de 50 000 FCFA par parcelle.

La version de la victime contredit cependant celle du prévenu. En effet SB affirme avoir connu le prévenu dans sa boutique. Un jour, il lui a proposé deux parcelles dont il disposait auprès d’une structure, mais qu’il ne pouvait pas payer. Il lui proposait de les lui revendre à 400 000 FCFA. Après négociation, ils sont tombés à 300 000 FCFA, soit 150 000 F CFA la parcelle. « Il m’a dit que si je donnais l’argent, il allait payer et après on me montrerait les parcelles », a déclaré la victime. 

Les faits remontent à septembre 2024. Après avoir remis l’argent, le prévenu a demandé à la victime de patienter. Face aux retards répétés et ayant attendu pendant près de 2 ans, SB a fini par porter plainte.

Le tribunal a demandé au prévenu ce qu’il avait fait des 300 000 F CFA, puisqu’il n’a pas pu payer la parcelle.  SC a répondu avoir utilisé la somme en complément à ce dont il disposait pour se rendre au Togo afin d’acheter des marchandises à revendre. Mais, selon lui, à son retour, ses clients ont pris la marchandise à crédit.

Appelé à témoigner, MT a déclaré connaître SC pour une souscription auprès de la structure. Il confirme que le prévenu a versé une avance pour deux parcelles en raison de 50 000 F CFA la parcelle. Il précise cependant que la vente a été arrêtée car la structure a reçu un arrêté de mise en demeure en 2025.

S’appuyant sur la chronologie, le procureur a relevé une incohérence : l’argent a été remis en septembre 2024, alors que l’arrêté est intervenu en 2025. Le prévenu aurait donc pu payer et obtenir la parcelle avant l’interdiction. Pour le parquet, cela démontre la mauvaise foi du prévenu. Dans ses réquisitions le procureur a demandé la requalification des faits d’escroquerie en abus de confiance. Il a aussi demandé que le prévenu soit déclaré coupable et condamné à 1 an d’emprisonnement dont 6 mois fermes, assorti d’une amende de 500 000 F CFA dont 250 000 F CFA ferme.

Se mettant à genoux à la barre, SC a imploré la clémence du tribunal. Il a demandé un délai pour rembourser SB, reconnu son erreur et promis de ne plus recommencer. Le dossier a été mis en délibéré au 21 juillet 2026.

Sountong Noma Stéphanie Kabre

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