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Le 6 juin 2026, le parti sénégalais PASTEF a tenu son premier congrès national à Diamniadio, avec la participation de plusieurs délégations étrangères dont celle du SENS (Servir Et Non se Servir) un parti politique burkinabè. Le congrès a reconduit Ousmane Sonko à la tête du parti et a réaffirmé une ligne souverainiste et panafricaniste.
Une participation politiquement sensible
Chez plus d’un observateur de la scène politique au Faso, la présence de la délégation politique à ce congrès n’est pas passée inaperçue. Car au Burkina Faso, l’activité des partis politiques a été suspendue par les autorités depuis janvier 2026. Les activités politiques ne sont donc plus censées se dérouler dans le cadre politique national traditionnel et dans ce contexte, voir une délégation issue d’un ancien parti politique burkinabè participer officiellement à un congrès à l’étranger soulève des interrogations. En effet, s’agit-il d’une simple présence de courtoisie internationale ? Ou d’une activité politique menée malgré les restrictions en vigueur au Burkina Faso ? Les réponses dépendent largement du statut exact de cette délégation et de la nature du mandat qui lui a été confié.
Un message idéologique plus qu’électoral
Il faut souligner que le PASTEF et les mouvements proches des transitions sahéliennes partagent plusieurs thèmes. Il s’agit entre autres de la souveraineté nationale, la critique de l’influence occidentale, le Panafricanisme, la valorisation des ressources nationales, la recherche d’une plus grande autonomie économique et politique.
La présence d’acteurs politiques Burkinabè à ce congrès peut donc être interprétée comme une volonté de maintenir des réseaux idéologiques et panafricains malgré la suspension de la vie politique au Burkina Faso. Et sous cet angle, la sortie au Sénégal serait davantage plus qu’un acte de positionnement idéologique qu’une activité politique.

Un risque de contradiction politique
Immanquablement, cette participation fait des gorges choses dans certains milieux exposant la délégation à une critique évidente. Pour certains observateurs plus acerbes en effet, si les activités politiques sont suspendues au Burkina Faso au nom de l’unité nationale, de la sécurité et de la refondation de l’État, cette visite au PASTEF pose une contradiction à participer à un congrès politique à l’étranger alors que des activités similaires ne sont plus autorisées sur le territoire national. Pourquoi alors un parti politique dont les activités sont suspendues peut-il être représenté à un congrès au Sénégal alors qu’il ne peut plus tenir un congrès ou une réunion politique au Burkina Faso ?
En attendant, le débat public est bien alimenté avec une donne diplomatique non négligeable. Celle qui consiste à ne pas ignorer cette présence comme un signal de rapprochement entre des courants souverainistes d’Afrique de l’Ouest.
Depuis l’arrivée au pouvoir du tandem Bassirou Diomaye Faye-Ousmane Sonko, le Sénégal cherche à développer une image de leadership africain fondée sur la souveraineté économique et le panafricanisme. La participation de délégations venues du Sahel peut être interprétée comme la construction progressive d’un espace de dialogue politique entre mouvements partageant certaines orientations stratégiques. Sous cet angle, la présence de la délégation pourrait pallier à une absence du Burkina dans un cadre panafricain et entretient des relations utiles avec des forces politiques africaines influentes.

Politiquement cette participation est symboliquement forte montrant que malgré la suspension de la vie politique au Burkina Faso, le pays ne peut pas être en reste et certains réseaux politiques continuent d’exister et de se projeter à l’échelle régionale. Elle traduit également l’attraction exercée par l’expérience du PASTEF, devenu l’un des principaux pôles du souverainisme africain après son accession au pouvoir au Sénégal.
Mais lorsqu’un État suspend les activités politiques sur son territoire, toute participation visible à un congrès politique étranger peut être perçue comme un test des limites de cette suspension. Le débat est lancé et bien malin qui pourrait prédire quand et comment il va s’estomper.
Wangola Médias.



