Conférences régionales du CERFI : les fidèles musulmans des Tannounyan s’imprègnent sur l’islam et la tradition.
« Islam et Tradition », c’est sur ce thème que s’est tenue ce 3 mai 2026 la conférence régionale du CERFI dans les Tannounyan. Placée sous le parrainage du gouverneur des Cascades, Patrice Yéyé, représenté par son conseiller technique Boukary Dionou, cette conférence a permis de rassembler des fidèles musulmans venus de plusieurs localités de la région des Tannounyan. C’est la salle de rencontres de la nouvelle Mairie de Banfora qui a servi de cadre à ladite conférence.

C’est après une lecture du Coran que place a été faite à la cérémonie d’ouverture présidée par Boukary Dionou, conseiller technique du gouverneur, représentant le parrain de la cérémonie empêché. Avaient répondu à l’appel de cette conférence régionale organisée simultanément dans plusieurs autres régions du Burkina, des hommes, des femmes, des jeunes, de même que des responsables de structures islamiques, tous venus pour s’imprégner du thème très révélateur, « Islam et Tradition » animée par Nana Séni.

Aux premiers rangs, des chefs traditionnels venus répondre à l’invitation du CERFI. C’est dans une salle bondée de fidèles et de leaders coutumiers et religieux que Dramane Kaboré, coordonnateur régional du CERFI/Tannounyan a pris la parole pour rendre public le message du président du bureau exécutif national (BEN). Dans ce mot, le BEN a traduit sa profonde satisfaction aux fidèles à l’occasion des conférences régionales du CERFI édition 2026. Il a ensuite adressé ses sincères félicitations aux Coordinations Régionales, aux Bureaux Provinciaux ainsi qu’à l’ensemble des acteurs mobilisés pour l’organisation de cet important rendez-vous. « Votre engagement constant traduit votre attachement aux idéaux du CERFI et votre volonté de contribuer activement à l’édification d’une société meilleure », a ajouté Dramane Kaboré, pour qui, le choix du thème de cette année n’est pas fortuit.

A l’écouter, il répond à une réalité profonde de nos sociétés, notamment au Burkina Faso, où l’islam, en tant que mode de vie, interagit quotidiennement avec des traditions et des pratiques socioculturelles fortement enracinées. Et ces interactions, dira-t-il, bien que souvent harmonieuses, peuvent parfois susciter des incompréhensions, voire des tensions. « Il devient donc impératif de créer des cadres de réflexion et de dialogue, afin de mieux comprendre les fondements de l’islam, d’analyser les traditions et d’identifier clairement les convergences et les divergences entre ces deux réalités », a soutenu Dramane Kaboré.

À travers ces conférences, le CERFI entendait mener un débat public constructif, accessible et enrichissant, sur les relations entre islam et traditions. Notamment, de mieux cerner les fondements de l’islam et des traditions ; de mettre en lumière les valeurs communes telles que la solidarité, la fraternité, la justice et l’amour du prochain ; de clarifier les zones de divergence afin de guider les fidèles vers des pratiques conformes aux enseignements islamiques.

Enfin, il s’agissait surtout de renforcer la cohésion sociale et le vivre-ensemble au Burkina. « Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires, sociaux et culturels, le rôle des leaders religieux, des intellectuels et des citoyens engagés devient plus que jamais déterminant », estime le BEN qui a invité les fidèles à être des artisans de paix, des bâtisseurs d’unité et des promoteurs du dialogue interreligieux et interculturel. Du reste, a précisé Dramane Kaboré, le CERFI, à travers son Plan stratégique 2026-2035, s’inscrit résolument dans cette dynamique, en faisant de la promotion de la cohésion sociale et de l’unité islamique un axe prioritaire de son action.

Prenant la parole au nom du parrain, Boukary Dionou a estimé que le thème est au cœur de nos réalités quotidiennes, dans nos sociétés, profondément enracinées dans des valeurs culturelles et traditionnelles, où l’islam occupe une place centrale dans la vie des individus et des communautés. « Dès lors, la question de l’articulation entre pratiques religieuses et traditions se pose avec acuité », admettra-t-il, mais, « il ne s’agit pas d’opposer, mais de comprendre, d’analyser et de discerner », a tenu à souligner le conseiller technique.
Pour l’autorité, cette conférence vient donc à point nommé, car elle offre un cadre de réflexion permettant de mieux comprendre les fondements de l’islam ; de valoriser les traditions compatibles avec les principes islamiques et d’identifier, avec sagesse et discernement, les pratiques qui méritent d’être réexaminées.

Pour le parrain donc, au-delà des débats, cette initiative porte une ambition noble qui consiste à renforcer la cohésion sociale et à promouvoir le vivre-ensemble. « Dans un contexte où nos sociétés sont parfois fragilisées par des incompréhensions et des divisions, nous avons le devoir collectif de bâtir des ponts et non des murs », a prévenu le représentant du gouverneur.
C’est pourquoi il a salué la vision du CERFI, qui, à travers ces conférences contribue à instaurer un dialogue constructif, inclusif et apaisé. Le parrain n’a pas manqué à prendre des engagements. Entre autres, il s’agira pour lui d’accompagner, dans la mesure de ses possibilités, les initiatives visant la promotion de la paix et de la cohésion sociale ; à soutenir les actions de sensibilisation et d’éducation portées par les organisations engagées et d’encourager toutes les dynamiques favorisant l’unité, la tolérance et le respect mutuel.
Profitant de l’occasion, l’autorité a d’abord lancé un appel aux jeunes, pour qu’ils soient des acteurs conscients et responsables ; aux leaders religieux ensuite pour qu’ils poursuivent leurs efforts d’encadrement et d’éducation et enfin, à l’ensemble des participants pour qu’ils s’approprient les enseignements issus de cette conférence.

Pour le conférencier Nana Séni, membre du CERFI, quand on parle de tradition et d’islam, beaucoup peuvent se dire qu’on ne peut pas être un musulman et respecter ses coutumes. C’est pour éclairer la lanterne des participants par apport à ces notions et voir comment tirer le meilleur de chaque concept pour notre bien-être, a indiqué ce dernier. L’islam ne rejeté pas la tradition, reste formel Nana Séni, pour qui, cette religion a éclairé un certain nombre de choses et a rejeté un certain nombre d’aspect de la tradition qui allaient être délaissés avec l’évolution des communautés. Des aspects qui ont été bien expliqués aux fidèles des Tannounyan lors de la conférence.
Sié Yacouba Ouattara.
Wangola Médias.



