Société

Vagues de chaleur au Burkina Faso : l’ANAM et la Croix Rouge alertent et mobilisent les acteurs pour mieux protéger les populations

À l’approche de la saison chaude, le Burkina Faso se prépare à faire face à de fortes températures. Réunis le 12 mars 2026 à Ouagadougou, des experts, institutions publiques et partenaires humanitaires ont pris part à un atelier stratégique consacré à la gestion des vagues de chaleur et à la production de conseils pratiques pour les populations.

Organisée par l’Agence nationale de la Météorologie (ANAM) avec l’appui de la Croix-Rouge Burkinabè (CRBF), cette rencontre a rassemblé plusieurs structures nationales impliquées dans la gestion des urgences, notamment le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), le Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS) et la Direction générale de la protection civile (DGPC. L’objectif était de renforcer l’anticipation face aux épisodes de chaleur extrême qui deviennent de plus en plus fréquents dans le pays.

M. Alfred Dango, Directeur de la Prévision Météorologique et de l’Exploitation representant la Directrice Générale de l’ANAM

Une saison chaude plus marquée attendue

Selon les prévisions saisonnières présentées lors de cet atelier, la période mars–avril–mai 2026 devrait être marquée par des températures plus élevées que la normale sur la majeure partie du territoire national. La chaleur devrait s’installer progressivement dès le mois de mars, avec un pic attendu entre avril et le début du mois de mai. Dans certaines zones du pays, les températures maximales pourraient atteindre des niveaux particulièrement élevés :

Jusqu’à 42°C à 45°C dans les régions du nord, notamment dans les zones du Soum et du Liptako ; entre 41°C et 43°C dans la partie centrale, incluant notamment le Kadiogo et plusieurs provinces du plateau central ; au-delà de 40°C dans le sud du pays, selon les tendances saisonnières.

Yacouba Guebré, Coordonnateur Préparation Réponse aux Catastrophes représentant le Secrétaire général de la Crois Rouge Burkinabè

Bien que des épisodes de chaleur extrême soient possibles, leur intensité pourrait rester globalement moins sévère que certains épisodes observés ces dernières années, notamment en 2024.

Transformer les prévisions en actions concrètes

Face à ces perspectives climatiques, les participants ont insisté sur une nécessité : ne plus se limiter à produire des prévisions météorologiques, mais les traduire en conseils opérationnels et accessibles pour les populations. La rencontre a ainsi permis de coproduire des recommandations concrètes destinées aux collectivités, aux services de santé, aux médias et aux communautés afin de réduire les risques sanitaires liés aux fortes chaleurs.

Parmi les principales mesures recommandées :

– boire régulièrement de l’eau, même en l’absence de soif, et veiller à l’hydratation des enfants et des personnes âgées ;

– éviter l’exposition prolongée au soleil, surtout entre 12h et 16h ;

– privilégier les espaces frais et ventilés et aérer les habitations ;

– porter des vêtements légers et protéger la tête lors des déplacements ou travaux en extérieur ;

– accorder une attention particulière aux personnes vulnérables, notamment les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes vivant avec l’albinisme et les travailleurs exposés au soleil.

Les populations sont également invitées à consulter régulièrement les bulletins et alertes météorologiques afin de rester informées de l’évolution des conditions climatiques.

Tester les mécanismes de réponse aux crises climatiques

Au-delà des prévisions et des recommandations, l’atelier a aussi permis de simuler des scénarios de gestion de vagues de chaleur. Ces exercices ont servi à tester, en conditions proches du réel, les mécanismes d’alerte, de coordination et de prise en charge sanitaire.

Vue des participants à l’atelier

Cette approche vise à clarifier les rôles des différentes institutions, améliorer la coordination entre les acteurs et renforcer la capacité nationale à répondre rapidement aux crises climatiques.

Pour les organisateurs, cette initiative marque une étape importante vers la mise en place d’un dispositif national de gestion des vagues de chaleur, basé sur l’anticipation, la coopération interinstitutionnelle et la diffusion d’informations utiles aux populations.

Dans un contexte de changement climatique et d’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, la préparation et la sensibilisation apparaissent désormais comme des leviers essentiels pour protéger la santé des populations et renforcer la résilience du Burkina Faso face aux défis climatiques.

Drissa TRAORE de Soumeyla

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