Economie

Sécurité routière : un test de rigueur à STAF qui sonne l’avertissement pour tout le secteur des transports.

Après sa suspension à compter du 16 février dernier, la Société de Transport Aorèma et Frères (STAF) a vu ce 21 février 2026 ses véhicules passés au crible par les autorités. Derrière cette opération de contrôle, un message clair : la sécurité routière n’est plus négociable.

Un contrôle qui dépasse le simple cadre d’une compagnie.

Ce samedi 21 février 2026, à Ouagadougou, la Direction générale des Transports terrestres et maritimes (DGTTM), en collaboration avec le Centre de Contrôle des Véhicules automobiles (CCVA) et l’Office national de la Sécurité routière (ONASER), a mené une vaste opération d’inspection dans les différentes gares de la Société de Transport Aorèma et Frères (STAF). Gounghin, face au Théâtre populaire, Larlé : aucune base n’a été épargnée. Vingt véhicules ont été sélectionnés et convoyés au CCVA pour des contrôles techniques approfondis, notamment sur le fonctionnement des limiteurs de vitesse. Le garage de Tampouy a également été inspecté.

Les responsables du CCVA

Mais au-delà de la procédure, c’est tout un secteur qui était sous observation. Des chiffres qui interpellent.  Le verdict est sans appel : sur les 20 véhicules contrôlés, 11 disposent d’un limiteur de vitesse fonctionnel. Neuf, bien qu’équipés, présentent des dispositifs non opérationnels. Autrement dit, près d’un véhicule sur deux circulerait avec un outil de sécurité inefficace.

Le PDG de STAF, El Hadj Adama Boureima Ouédraogo

Dans un pays où les accidents de la route continuent de faucher des vies et d’endeuiller des familles, ces chiffres ne sont pas anodins. Ils traduisent une réalité préoccupante : la conformité administrative ne garantit pas toujours la conformité technique effective. Un limiteur de vitesse non fonctionnel n’est pas un simple détail mécanique. C’est une faille dans la chaîne de prévention.

La suspension comme électrochoc.

La mission, coordonnée par le Directeur général des Transports terrestres et maritimes (DGTTM), visait à évaluer le niveau de régularisation de STAF après sa suspension. Permis de conduire, cartes grises, assurances, visites techniques : tout a été vérifié. Pour les autorités, il s’agit d’un signal fort. La suspension n’est pas une sanction symbolique ; elle se veut un levier de responsabilisation. Le PDG de STAF, El Hadj Adama Boureima Ouédraogo, a d’ailleurs reconnu l’effet dissuasif de la mesure, estimant qu’elle permet de faire comprendre aux employés l’importance du respect des règles. Une déclaration qui sonne comme un aveu implicite : sans contrainte, la discipline peine parfois à s’imposer.

Un technicien à pied d’œuvre

Un avertissement pour tout le transport interurbain

Ce contrôle ne concerne pas uniquement STAF. Il s’inscrit dans une dynamique plus large : remettre de l’ordre dans le transport interurbain. Car la question est simple : combien d’autres compagnies respectent scrupuleusement les normes, au-delà des apparences ? La sécurité routière ne peut reposer sur des contrôles ponctuels. Elle exige une culture permanente de la conformité, un suivi rigoureux et une tolérance zéro face aux manquements techniques.

Responsabilité partagée, vigilance durable.

À travers cette opération, le ministère en charge de la Mobilité réaffirme une priorité nationale : sauver des vies. Mais l’État ne peut agir seul. Les transporteurs doivent investir réellement dans la maintenance, les chauffeurs doivent respecter les limitations, et les usagers doivent exiger des conditions de voyage sûres. La suspension de STAF et les résultats mitigés des contrôles rappellent une vérité essentielle : la sécurité routière ne se décrète pas, elle se construit. Chaque négligence peut coûter cher. L’enjeu dépasse une entreprise. Il concerne toute une nation en quête de routes plus sûres et d’un transport plus responsable et sécurisé.

Drissa TRAORE de Soumeyla.

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