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À la barre du Tribunal de grande instance de Banfora le 25 août 2026, trois complices ont été entendus. Il leur était reproché des faits de vol aggravé et de tentative de vol aggravé. Tous trois reconnaissent les faits qui leurs sont reprochés.
Les faits se sont déroulent dans la ville de Bérégadougou, où travaillent les trois prévenus. Le premier, Jean Valjean, la trentaine révolue et père de trois enfants, est un ancien détenu. Il avait été condamné en 2023 à une peine de trois ans de prison et bénéficia d’une remise de peine le 9 avril 2026. Après sa libération, il trouva un emploi de chauffeur dans une entreprise de la place. Rasko et Meursault, eux aussi âgés d’une trentaine d’années et pères de familles, travaillent dans la même entreprise que Jean Valjean. Le premier est chauffeur tandis que le second exerce comme gardien.
Entendu à la barre, Rasko a expliqué que c’est l’un de ses amis, chauffeur à la SN-SOSUCO, qui lui a soufflé l’idée de voler du gasoil pour le revendre. « Il m’a dit qu’il faisait ça souvent et qu’on ne l’avait jamais attrapé », rapporte-t-il. Rasko justifie son geste par les difficultés de la vie. « Moi, je ne voulais pas, mais c’était compliqué. Ma femme était enceinte et j’ai cherché un crédit en vain. C’est pourquoi je suis allé faire ça », a-t-il justifié.
Après avoir finalement décidé de passer à l’acte, Rasko élabore un plan. Il sollicite son ami Jean Valjean pour l’aider dans sa tâche, puis approche le gardien Meursault, qui accepte, selon lui, de fermer les yeux en échange d’une part du butin. Tous étant ainsi ficelé, dans la nuit du 24 juillet 2026, ils décidèrent de passer à l’acte. Raskolnikov appelle Meursault pour le prévenir de leur venue. Accompagné de Jean Valjean et du receleur présumé, ils embarquent dans un tricycle en direction du garage des véhicules.
Mais quelque chose ne se passe pas comme prévu. Les trois hommes constatent qu’ils sont suivis par une voiture. Une fois arrivés au garage, le gardien Meursault leur fait un signal avec sa torche. Ils interprètent ce geste comme un avertissement et décident « d’annuler la mission », selon les termes de Rasko.
La version de Jean Valjean est sensiblement similaire à celle de Rasko qui affirme toutefois avoir demandé l’annulation de l’opération bien avant leur arrivée sur le site. « Quand j’ai dit de ne plus faire ça, le receleur a commencé à filer pour ne pas que je puisse sauter du tricycle », relate-t-il.
Meursault, pour sa part, adopte une tout autre ligne de défense. Il affirme ne rien savoir du projet. Il explique qu’un jour, Rasko l’a contacté pour lui exposer le plan. Il lui aurait alors demandé combien de bidons il comptait enlever. « Il a répondu qu’il voulait enlever neuf bidons de 20 litres », rapporte Meursault. Le gardien soutient toutefois ne jamais avoir donné son accord et affirme que la nuit des faits, un numéro inconnu l’a appelé pour lui annoncer qu’il était en route, sans qu’il sache de qui il s’agissait. Il dit ensuite avoir aperçu des personnes à bord d’un tricycle et avoir allumé sa torche afin de savoir de qui il s’agissait.

Pour le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Banfora, cette version ne tient pas. Selon lui, les trois hommes étaient complices et savaient parfaitement ce qu’ils faisaient. Sans l’intervention des gendarmes qui les suivaient et le signal lancé par Meursault, ils seraient allés au bout de leur plan. Selon lui, le cas de Jean Valjean est particulièrement déplorable. En tant qu’ancien détenu, il aurait dû, selon lui, dissuader ses compagnons de passer à l’acte. S’adressant à lui, il déclare : « Vous avez eu la chance de sortir de prison grâce à une remise de peine. Vous avez eu la chance de trouver très vite un travail stable qui paie bien et c’est vous qui vous laissez prendre dans des situations comme ça », a poursuivi le Procureur.
À l’issue des échanges, le Procureur a requis que les trois prévenus soient reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés. Il a ensuite demandé une peine de cinq ans de prison, dont trois ans fermes assortis d’une amende d’un million de francs CFA pour Rasko, poursuivi pour tentative de vol aggravé. Pour Jean Valjean, le procureur a requis cinq ans de prison ferme ainsi qu’une amende d’un million de francs CFA, également ferme, pour tentative de vol aggravé.
Enfin, à l’encontre de Meursault, poursuivi pour complicité de tentative de vol aggravé, il a requis cinq ans de prison, dont trois ans fermes, ainsi qu’une amende d’un million de francs CFA ferme.
Le verdict final a été renvoyé au 22 septembre 2026.
Kadougofin Armel Landry Ouattara
Wangola Media



