Clôture du projet « Tisser des liens, tisser la paix » : les amazones de Santa sèment la graine de la cohésion sociale à Soubakaniédougou, Kimini et Ouangolodougou.

La salle des fêtes de la mairie de Niangoloko a servi de cadre ce 26 février 2026, à la clôture du projet « Tisser des liens, tisser la paix ». Cela marque la fin de plusieurs semaines de tournées théâtrales initiées par l’Association Culturelle Féminine les Amazones de Santa. La cérémonie solennelle de clôture a été présidée par premier adjoint au PDS de Niangoloko, Amidou Traoré, représentant le PDS empêché.

Forte mobilisation ce 26 février 2026 à la salle de réunion de la mairie de Niangoloko qui a servi de cadre à la clôture du projet « Tisser de liens, tisser la paix » avec la présence du chef de terre et du représentant du chef de canton de Niangoloko. Aux premières loges, se trouvaient le PDS de Soubakaniédougou, Honoré Sanou, le directeur régional en charge des droits humains, Ibrahim Traoré, et celui en charge de la culture, de la communication des arts et du tourisme des Tannounyan, Yacouba Goro, le directeur exécutif de l’Association de Gestion des Ressources Naturelles et de la Faune Comoé Léraba (AGEREF/CL). Très mobilisées aussi était la trentaine de femmes cibles du projet, en réalités, des PDI (personnes déplacées internes) mobilisées à Soubakaniédougou, Kimini et Ouangolodougou.
Grâce au projet « Tisser des liens, tisser la paix », ces trente femmes issues de ces localités ont été formées à travers le corps, la voix comme outils d’expression, la narration, les techniques d’improvisation et la gestion du traque. Sous le regard éclairé des metteurs en scène, ces femmes ont collectivement crée pour chaque localité, une pièce de théâtre sur les thématiques de la paix, de la cohésion sociale et le vivre ensemble.

Prenant la parole, Koumarami Gertrude Karama, présidente de l’Association Culturelle féminine les Amazones de Santa, a estimé qu’après plusieurs semaines, « nous sommes réunis non pas seulement pour clôturer un projet, mais surtout pour célébrer une transformation profonde humaine presque magique ». En ce sens que ces trente femmes bénéficiaires de la formation, portaient en elles en début du projet en janvier 2026, le fardeau des déplacements forcés, les cicatrices des conflits fonciers ou la perte de leurs repères. Comment donc parler de paix dans ce contexte lorsque le cœur est lourd, lorsqu’on a été arraché aux nôtres ? Mais, pour la présidente, le théâtre à fait son œuvre. « Sur les planches, j’ai vu des miracles se produire, j’ai vu des femmes autrefois effacées se redresser », soutiendra-t-elle précisant que ce que ces femmes ont accompli durant ces mois l’art dramatique, et « elles sont devenues de véritables tisserandes de la paix lors de nos tournées, que ce soit sous l’arbre à palabre de Kimini, que ce soit sur la place du marché de Ouangolodougou, que ce soit au cœur de Soubakaniédougou, ces femmes ont osé devant plus d’un millier de spectateurs », dira-t-elle.

Pour la présidente Karama, ces femmes ont tendu un miroir pour permettre à la société de se mirer et par la force de leur message, elles ont réussi à briser les barrières de la stigmatisation et de la peur. A la clôture de ces tournées de théâtres communautaires, la présidente a aussi tenu à souligner que ces femmes étaient devenues des leaders, la voie des femmes qui n’ont pas eu l’occasion de parler, elles sont le cœur battant de la résilience dans la région des Tannounyan. « Nous avons de quoi en être fiers », dira-t-elle à cet effet, invitant l’assistance et partant le peuple à tendre la main à notre entourage qui en silence en a parfois besoin.
Elle a ensuite traduit toute sa reconnaissance à l’AGEREF/CL et ses partenaires qui ont financé le projet. Mais, pour madame Karama, « beaucoup d’idées sommeillent encore dans les tiroirs de l’association culturelle féminine les amazones de Santa. Ces projets attendent de faire surface, d’être exécutés afin de faire tache d’huile pour le rayonnement de la patrie », poursuivra la présidente, pour qui, le projet « Tisser des liens, tisser la paix » s’achève sur le papier mais en réalité, il ne fait que commencer. Car, « nous avons semé une graine, nous avons noué un fil et il nous appartient à tous de continuer à tisser cette grande étoffe de la fraternité Burkina afin que plus jamais elle ne se déchire » a-t-elle interpellé.

En rappel, c’est à travers le projet KAPOK que l’Association Culturelle Féminine les Amazones de Santa a été financée dans le but de promouvoir la cohésion sociale, la paix et de prévenir conflits communautaires et l’insécurité. A entendre Mamadou Karama, directeur exécutif de l’AGEREF/CL, c’est à travers un appel à projet que les Amazones de Santa ont été retenues parmi 6 autres associations. Leur spécificité est qu’elles utilisent le théâtre pour faire passer leur message de cohésion sociale. C’est du reste une première expérience que mène l’AGEREF/CL à travers le projet KAPOK et selon Mamadou Karama, cela se passe bien. « Je suis un partenaire comblé », lancera-t-il à la clôture du projet car dira-t-il, les Amazones de Santa ont fait preuve de sérieux et de professionnalisme dans la conduite de leur projet « Tisser des liens, tisser la paix ». Il a souhaité une meilleure cohésion sociale et un bon vivre-ensemble dans les localités du projet, saluant l’apport des responsables des services administratifs et des coutumiers.

Vu l’impact du projet « Tisser des liens, tisser la paix », à Soubakaniédougou, Kimini et Ouangolodougou, le représentant du PDS de Niangoloko, Amidou Traoré, s’est également dit satisfait et a fortement souhaité une deuxième phase de ce projet. Ce sont des femmes désormais très rompues dans l’art dramatique dans ces localités qui se sont succédées sur scène pour retracer les misères de l’insécurités vécues, la douleur des pertes en vies humaines ainsi que les dures conditions de vie des femmes devant un public qui, par moment, était à un doigt de verser des larmes. Tout cela, dans un fort message de cohésion sociale et du vivre ensemble pour un avenir plus radieux.
Sié Yacouba Ouattara.
Wangola Médias.



