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S’il y a un ouvrage que les Burkinabé qui sont désireux de découvrir la vie de Sankara et les similitudes que son digne héritier, le capitaine Ibrahim Traoré a de lui doivent obligatoirement lire, c’est bien celui de Mahamadou Koanda intitulé « Prophétie, tuez Sankara, des milliers de Sankara naitront ». Inspecteur de l’éducation préscolaire, primaire et non-formelle en service à la CEB de Banfora 1, nous l’avons rencontré pour vous. L’auteur invite les jeunes Burkinabé à lire son ouvrage pour mieux découvrir Sankara. C’est à ce prix qu’ils pourront mieux accompagner son héritier Ibrahim Traoré.
Wangola Médias : Dites-nous, camarade Kouanda, qu’est-ce qui vous inspiré cet ouvrage ?
Mahamadou Koanda : Je dois dire que depuis j’avais l’envie d’écrire, surtout sur mon pays, le Burkina Faso, mais je cherchais sur quoi écrire. Et depuis l’arrivée au pouvoir du camarade Capitaine Ibrahim Traoré, quelque chose m’est venu à l’idée. Et Sankara, en son temps avait dit, « Tuez Sankara, des milliers de Sankara naitront ». Et du coup quand il (IB) est arrivé au pouvoir, dès les premiers moments, il n’a pas déclaré la révolution. Mais à travers ses propos, ses faits et gestes, on sentait la révolution. Alors, j’ai poussé la recherche et la réflexion et je me suis rendu compte qu’entre les deux hommes, il y a quand même une certaine similitude. Je dirai même des similitudes très troublantes. Au-delà des deux personnes, quand on voit aujourd’hui derrière le président Ibrahim Traoré, et derrière le Burkina Faso également, c’est le monde entier qui se dresse et qui est en marche pour la réalisation de la prophétie de Thomas Sankara. Du coup, je me suis dit que ce que Sankara avait dit, c’est ce qui s’est réalisé. D’où le titre de l’ouvrage « Prophétie, tuez Sankara, des milliers de Sankara naitront ».

En lisant le livre, quelles sont similitudes qui existent entre les deux hommes ?
Je vais vous donner quelques-unes, sinon il y en a à profusion. Il vous souviendra que Thomas Sankara est arrivé au pouvoir quand il était capitaine. Il en est de même pour Ibrahim Traoré. Thomas Sankara a renversé Jean Baptiste Ouédraogo qui n’avait passé que 8 mois au pouvoir, Ibrahim Traoré son digne hériter lui aussi a renversé Damiba qui n’avais passé lui aussi que 8 mois au pouvoir. Vous voyez déjà que ces similitudes sont très troublantes. Et quand on considère les normes de notre constitution, il faut avoir un certain nombre d’âge pour être président. A 34 ans, on ne peut pas être président au Burkina Faso, selon notre constitution. Mais vous voyez que ces deux ont « transgressé » si on peut le dire ainsi, cette norme constitutionnelle et ils ont été à la hauteur de la mission, mieux que ceux qu’on considère comme de vieux routiers. Voilà, ils sont jeunes mais ils ont réussi à relever les défis du moment plus même que les vieux routiers. Autre similitude, Sankara a fréquenté à Bobo-Dioulasso avant d’aller à Ouagadougou, le président Ibrahim Traoré aussi a fréquenté à Bobo-Dioulasso avant de rejoindre Ouagadougou. C’est comme si l’un marchait sur les traces de l’autre. Et Sankara était le commandant du CNEC de Po, dans la province du Nahouri, il en a fait un centre révolutionnaire et Ibrahim Traoré a été formé dans le même centre. Il en est même sorti major de sa promotion comme si le rendait hommage à Sankara. Les similitudes entre les deux hommes, il y en a trop mais je vais me limiter à ces quelques-unes pour ne pas dévoiler tout le contenu de l’ouvrage dans cet entretien.
Comment pouvez convaincre ceux qui sont encore sceptiques que la RPP est la solution pour développer véritablement le Burkina Faso ?
Le président Ibrahim Traoré lui-même l’a dit, ce n’est qu’à travers la révolution que nous pouvons nous en sortir. Sinon si on reste dans la vieille routine, nous n’y arriverons pas. Ça il faut qu’on soit sûr et certain. Nous sommes indépendants depuis combien d’années ? Cela fait plus d’un demi-siècle et on tourne toujours en rond. Donc c’est pour dire qu’il faut rompre avec les vielles pratiques et le camarade Ibrahim Traoré est venu effectivement pour rompre avec cette vieille pratique. La révolution de Sankara avait été interrompue de la manière la plus sordide possible, mais fort heureusement, le Capitaine Ibrahim a repris cette révolution. Il a repris le flambeau et dans l’ouvrage vous allez voir qu’il est le porte-flambeau, l’élu de la prophétie de Thomas Sankara. Voilà et derrière lui c’est des milliers, disons même des millions et des millions de Sankara qui sont derrière lui. Il vous souviendra que l’année dernière, il y a eu une marche mondiale pour soutenir le Burkina Faso et le président Ibrahim Traoré. Donc sa révolution est mondiale, nous devons le soutenir et c’est ensemble que nous pouvons réussir cette révolution-là.

Combien de chapitres compte l’œuvre ?
L’œuvre compte 226 pages, divisées en quatre parties, avec 16 chapitres. Grosso modo, il faut dire que l’épine dorsale de l’ouvrage, ce sont les hommes, ces deux grandes figures de l’histoire de notre pays sont Thomas Sankara et Ibrahim Traoré. L’ouvrage met en tandem ces deux personnalités à travers leurs charismes, à travers leurs personnalités et à travers leurs œuvres surtout. La comparaison est à ce niveau et c’est suite à cette comparaison que je suis arrivé à la conclusion que Ibrahim Traoré est l’élu de la prophétie de Sankara. Mais il faut dire qu’au-delà de la prophétie, l’ouvrage retrace l’histoire du Burkina Faso, notamment les grands événements, les événements marquants. Un peuple qui ne connait pas son passé est appelé à le revivre. Donc j’ai retracé les grands événements de l’histoire de notre pays pour qu’on puisse tirer les leçons afin de mieux se projeter. Quand on suit par exemple les interventions du président Français Emmanuel Macron, il disait une fois que n’était pas là pour protéger le peuple mais pour protéger nos chefs d’États qui ont demandé à ce qu’on les protège contre les djihadistes. Les gens ne comprenaient pas pourquoi il disait cela. En réalité, il fait référence au traité de protectorat que la France a utilisé lors de la pénétration coloniale, c’est les mêmes mécanismes. Donc ils s’en foutent en réalité du peuple, ils s’entendent seulement avec les dirigeants qu’ils protègent et en retour, ils ont carte blanche pour piller les pays. Donc l’ouvrage retrace les événements marquants de l’histoire politique notre pays et surtout il tire les leçons. Et ce n’est pas seulement sur le Burkina Faso qui porte, il y a également le Niger, le Mali, disons l’AES qui ont aussi pris en compte dans l’ouvrage. Parce que quand on prend le phénomène du terrorisme, il faut dire qu’il est parti de la Libye, c’est une guerre impérialiste, on a trouvé des alibis pour attaquer la Libye. Aujourd’hui la Libye est devenue vraiment un boulevard, et à partir de la Libye le Malien a été envahi. Ce que la France appelait intervention militaire en réalité était une invasion militaire. Parce que quand la France est arrivée, au Mali, elle a combattu un groupe de terroristes et protéger notre groupe. Elle a même qui divisé le Mali en deux, faisant de Kidal un sanctuaire terroriste. Suite à cela, le Burkina a été envahi, le Niger également et donc toute la sous-région. C’est en ce moment que la France est venue avec le G5 Sahel qui a été imaginé pour cadrer l’ancien espace que la France occupait au moment où elle a pénétré l’Afrique occidentale. Vous voyez c’est une sorte une nouvelle forme de colonisation, du néocolonialisme. Pour me résumer, l’ouvrage porte sur les deux grandes figures de l’histoire de notre pays et retrace les événements marquants de notre pays et prend en compte aussi la question du terrorisme qui n’est rien d’autre que de l’impérialisme qui est parti de la Libye pour envahir le Mali, le Burkina et le Niger.
Depuis quand l’ouvrage est-il sorti ?
L’ouvrage est présent sur le marché depuis janvier 2026. Il n’a pas le droit n’a pas encore une année mais disons que l’ouvrage est bien accueilli du public qui se l’arrache. C’est l’occasion pour moi de rappeler à la mémoire collective qu’il faut qu’on lise. Le président l’a dit, un ignorant ne peut pas être un révolutionnaire. Le président Thomas Sankara lors de son discours d’orientation politique du 2 octobre 1983 avait lancé un appel aux écrivains. Il a invité les écrivains à mettre leurs plumes au service de la révolution, c’est pour dire qu’on ne peut pas réussir une révolution sans la littérature. Et il avait dit dans le même discours « qu’il ne suffit plus de dire révolutionnaire. Il faut en plus se pénétrer, de la signification profonde de la révolution dont on est le fervent défenseur ». En réalité, il invite les uns les autres à s’approprier les valeurs de la révolution, connaitre ce qu’est la révolution et incarner ses valeurs. Sans cela, on peut penser être révolutionnaire or, on rame à contre-courant. Les gens ont compris cela et les ouvrages révolutionnaires comme par exemple le mien sont bien accueillis auprès du grand public.

Où peut-on s’en procurer ?
L’ouvrage est disponible à mon niveau. Il est disponible également au niveau du mémorial Thomas Sankara où se trouve un revendeur qui a pris un certain nombre d’exemplaires et avec qui je compte ficeler un partenariat de distribution. En attendant, on peut l’avoir directement avec l’auteur que je suis. Je suis joignable au 76 14 48 18.
Pas plus tard que hier, le Burkina Faso vient de rompre ses relations diplomatiques avec la France. Avez-vous vu cela venir ?
Vous avez posé une question très pertinente. Il y a quatre jours de cela, vous pouvez aller voir sur ma page Facebook, j’y ai fait une publication sur la résolution que l’Union européenne a prise sur le Burkina Faso. Et j’ai dit que nous devons rompre avec les manières diplomatiques. C’est-à-dire, on vote une résolution sur vous, vous appelez leurs ambassadeurs pour les remonter les bretelles. Ce n’est pas suffisant. Pour le cas de la France, elle a dépassé les limites et il faut que nous aussi, nous rougissions les yeux. J’ai proposé dans mon écrit de rompre si nécessaire les relations avec la France. Il y a 4 jours de cela que j’ai fait cet écrit et voilà j’ai vu à travers les réseaux sociaux et à travers la télé que nous avons rompu les liens. Je me suis dit que c’est qu’il faut. L’ennemi ne se cache pas, il cherche à tout prix pour vous noyer. Il passe par tous les moyens pour créer les soucis possibles. Il veut faire de vous un paria de la communauté internationale sans oublier les soutiens au groupe terroristes. Même les médias français disent que la France soutient les groupes terroristes. Maintenant, qu’est-ce qu’on fait encore qu’est-ce qu’on gagne encore à coopérer avec cette même France. Il vous souviendra que c’est à travers une résolution que la Lybie a été détruite. Avant de bombarder la Lybie, la résolution 19-73, votée par l’initiative de la France, la même France puisque c’est la France qui a porté la résolution à l’ONU. Et le jour même où la résolution a été votée, automatiquement on a commencé à bombarder la Libye. C’est comme s’ils étaient déjà prêts. Et la résolution prévoyait seulement une zone d’exclusion aérienne puisqu’ils disaient que Kadhafi bombardé son peuple. Donc il fallait empêcher Kadhafi de bombarder son peuple. Mais dès que la résolution a été prise, ce sont eux-mêmes qui ont commencé à bombarder la Libye et le peuple Libyen. Donc ces résolutions ne sont pas à prendre à la légère. Moi j’ai dit tout simplement, il faut rompre avec la France, purement et simplement parce qu’elle ne s’en cache plus.
Beaucoup de jeunes n’ont pas connu Sankara de son vivant. Que peuvent-ils découvrir en lisant votre ouvrage ?

Il faut le dire, moi-même je n’avais que deux ans quand Sankara mourrait. Mais le révolutionnaire, c’est celui-là qui pose des actes intemporels. Sankara n’est plus mais il est une référence, il est cité à travers à longueur de journée dans les discours, il est pris en exemple non seulement à travers ses actes. Donc il incarne beaucoup de choses pour nous et nous devons chercher au-delà des informations que nous découvrons ça et là, nous devons lire les œuvres révolutionnaires pour découvrir davantage sur l’homme, quelles sont les œuvres qu’il a apportées, quel est son idéologie pour mieux incarner ses valeurs. Parce que on peut vouloir suivre Sankara mais est-ce que on en sait sur lui ? Il ne suffit pas aussi de citer Sankara à longueur de journée. Il faut poser les actes que Sankara posait. Pour la petite histoire, il faut savoir que Sankara est un grand lecteur. Il était tellement à l’aise quand il prenait la parole et cela montre que l’homme était vraiment très instruit. A travers les documentaires, on apprend que dans ses déplacements, il trainait dans les bibliothèques et librairie, il lisait beaucoup. Donc nous aussi si nous voulons ressembler à l’homme, nous devons lire, surtout ls œuvres révolutionnaires. Et pour l’instant, sans être trop prétentieux, le livre qui peut faire l’affaire, c’est « Prophétie, Tuez Sankara, des milliers de Sankara naitront » s’engagent merci.
Interview réalisée par Go Mamadou TRAORE
Wangola Médias




