Culture

Les maquis de Banfora, acteurs discrets de la paix et de l’économie locale.

À Banfora, lorsque le jour cède sa place à la nuit, les maquis s’illuminent et deviennent bien plus que de simples lieux de détente. Ils s’imposent comme des espaces de cohésion sociale, de vitalité culturelle et de résilience économique, participant, à leur manière, à l’effort national de paix.

À la tombée de la nuit, sous les néons colorés et au rythme d’une musique entraînante, Banfora révèle un autre visage. Dans ses maquis emblématiques. Le Choco Plus, Le Cotonnier Plus et ou le Mille Maquis, la vie sociale s’organise, se maintient et se réinvente. Ce 31 janvier 2026, un samedi, les tables se remplissent, les discussions s’animent et les rires percent l’obscurité comme tant d’autres soirs de week-end. Ouvriers, commerçants, enseignants, artistes, jeunes et anciens s’y côtoient dans une atmosphère chaleureuse et profondément burkinabè. Autour d’un verre ou d’une chanson, on échange des nouvelles, on partage des préoccupations, mais surtout, on entretient un lien social essentiel. Loin d’être un acte anodin, cette présence collective est un message fort : le Burkina Faso vit, tient et avance, malgré les épreuves.

Le Choco Plus

Dans un contexte national marqué par d’importants défis sécuritaires, ces lieux de sociabilité jouent un rôle souvent méconnu mais fondamental. Les maquis ne sont pas seulement des espaces de loisirs ; ils constituent de véritables poumons sociaux, où la parole circule, où les différences se rencontrent et où le vivre-ensemble se consolide face aux tentatives de fragmentation sociale.

Sur le plan économique, leur apport est loin d’être négligeable. Chaque activité maintenue signifie des emplois préservés.  Serveurs, musiciens, parqueurs, fournisseurs et une dynamique économique locale soutenue. À cela s’ajoute une contribution directe aux finances publiques : chaque bière consommée génère 100 francs CFA reversés dans les caisses de l’État, faisant de ces établissements populaires des acteurs concrets, bien que discrets, de l’effort national.

Ville-carrefour et terre de diversité culturelle, Banfora trouve dans ses maquis une extension naturelle de son identité. Les langues s’y entremêlent, les sonorités traditionnelles dialoguent avec les rythmes modernes, et les habitudes partagées rappellent que la paix ne se construit pas uniquement dans les discours officiels ou sur les fronts visibles, mais aussi dans ces espaces ordinaires où la vie continue.

Au maquis Mille Océans

« Venir ici, c’est respirer, c’est se rappeler que demain est possible », confie un habitué, le regard tourné vers la scène illuminée. Ce sentiment est largement partagé. Continuer à se rencontrer, à célébrer la vie et à cultiver la convivialité devient, dans ce contexte, une forme de résistance pacifique, silencieuse mais déterminée.

Ainsi, au-delà des verres levés et des rythmes entraînants, les maquis de Banfora racontent une autre histoire du Burkina Faso : celle d’un peuple debout, digne et solidaire, qui transforme chaque instant de convivialité en un acte citoyen, en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du développement national.

Boubak KARAMA

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