Politique

Discours sur la Situation de la Nation 2026 : le Burkina Faso assume la rupture et trace la voie de sa souveraineté

Par-delà l’exercice constitutionnel, le Discours sur la Situation de la Nation

(DSN) prononcé ce 30 janvier 2026 par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo devant l’Assemblée législative de Transition marque un tournant politique majeur. Plus qu’un bilan, c’est un acte de clarification idéologique, une déclaration de rupture et un appel à la mobilisation nationale.

Un discours de vérité dans un moment historique

Rarement un DSN aura été aussi explicite sur l’orientation politique d’un État. Dès les premières lignes, le Premier ministre situe l’action gouvernementale dans le cadre assumé de la Révolution progressiste populaire, proclamée par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré. Le flou idéologique, souvent entretenu par prudence diplomatique ou calcul politique, est ici levé sans détour. Le Burkina Faso ne cherche plus à plaire, ni à rassurer des partenaires extérieurs. Il choisit de se définir par lui-même, selon ses intérêts, ses valeurs et ses urgences historiques. La sécurité comme socle de la souveraineté Le DSN 2026 pose une vérité que nul ne peut désormais contester : sans sécurité, il n’y a ni État, ni développement, ni dignité. Les chiffres avancés – près de 74 % du territoire sous contrôle, la réouverture de centaines de services publics, la réinstallation de centaines de villages – ne sont pas de simples statistiques. Ils constituent une réponse directe aux discours alarmistes et souvent malveillants sur la situation du Burkina Faso. Mais l’élément le plus structurant réside ailleurs : dans la réappropriation de la doctrine militaire. Former les cadres stratégiques sur le sol national, bâtir une industrie de défense, porter les VDP au rang d’armée : autant de signaux forts qui indiquent que la sécurité n’est plus sous-traitée, mais pensée, construite et assumée par les Burkinabè eux-mêmes.

Solidarité nationale : le peuple comme acteur central

Là où certains États gèrent les crises par l’assistanat perpétuel, le Burkina Faso fait le choix de la solidarité active. Les déplacés internes ne sont pas traités comme une charge, mais comme des citoyens à réinsérer dans la dynamique nationale. Le recours assumé aux mécanismes traditionnels de médiation, à la chefferie coutumière et aux valeurs endogènes marque une rupture avec l’illusion selon laquelle seules les solutions importées seraient efficaces. Le message est clair : nos sociétés ont en elles-mêmes les ressources de leur reconstruction. Forger le Burkinabè nouveau : éducation, patriotisme et discipline L’un des passages les plus forts du discours concerne le capital humain. Réformes éducatives, immersion patriotique, camps Faso Mêbo : le gouvernement ne cache pas son ambition de former un citoyen nouveau, conscient, discipliné et engagé. Dans un monde où l’idéologie dominante prône l’individualisme et la dépolitisation des peuples, le Burkina Faso fait le choix inverse : politiser positivement la jeunesse, l’armer intellectuellement et moralement face aux défis de l’impérialisme, de la désinformation et de la dépendance.

Souveraineté économique : la fin des illusions néolibérales

Le DSN 2026 enterre sans ambiguïté le dogme néolibéral qui a longtemps servi de boussole aux politiques publiques africaines. L’État burkinabè revendique désormais son rôle d’acteur économique stratégique. Agriculture excédentaire, reprise en main du secteur minier, montée en puissance des sociétés d’État, industrialisation ciblée : le discours ne se limite pas aux intentions. Il expose une vision cohérente, où produire, transformer et consommer burkinabè devient un acte politique. La souveraineté, ici, n’est pas un slogan : elle se mesure en tonnes de céréales, en recettes minières, en emplois industriels et en infrastructures construites.

Gouvernance : exemplarité ou rien

Dans un contexte de mobilisation populaire, le gouvernement sait qu’il est attendu sur un point clé : l’exemplarité. Réduction du train de vie de l’État, suppression de structures inutiles, lutte contre la fraude et la corruption, digitalisation des finances publiques : le DSN insiste sur un principe simple mais révolutionnaire en Afrique postcoloniale : l’État doit d’abord se discipliner lui-même. Ce message est essentiel pour maintenir la confiance du peuple dans un projet exigeant, qui demande des sacrifices.

Diplomatie souveraine : l’AES comme horizon stratégique

Enfin, le discours consacre la Confédération des États du Sahel (AES) comme pilier central de la nouvelle diplomatie burkinabè. Le retrait de certaines organisations internationales, longtemps intouchables, est présenté non comme un isolement, mais  comme un acte de libération politique. Le Burkina Faso parle désormais d’égal à égal, applique la réciprocité et diversifie ses partenariats. Sa parole internationale se veut le reflet fidèle de la volonté populaire, et non l’écho d’intérêts extérieurs.

Un discours qui engage, un peuple qui doit répondre

Le Discours sur la Situation de la Nation 2026 n’est pas un texte confortable. Il est exigeant, parfois dérangeant, toujours assumé. Il engage le gouvernement, mais surtout le peuple burkinabè. Car le message final est limpide : la souveraineté ne se décrète pas, elle se construit. Elle exige de la discipline, du travail, du patriotisme et une vigilance constante face aux tentatives de restauration d’un ordre néocolonial que l’histoire a déjà condamné. Le Burkina Faso a choisi sa voie. Reste désormais à la tenir, collectivement, sans faiblir.

Drissa TRAORE de Soumeyla

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