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Le Burkina Faso vient d’adresser un message d’une rare fermeté à l’Union européenne. En déclarant persona non grata le Chef de Délégation adjoint de l’UE, chargé de la section politique, presse et informations, ainsi que la Chargée de Programme de la délégation, Ouagadougou affirme qu’aucune puissance étrangère ne saurait s’ériger en arbitre de son destin. Les deux responsables disposaient de trois jours pour quitter le territoire national.
Pour les autorités burkinabè, cette décision est la conséquence d’une succession d’actes perçus comme des ingérences dans les affaires internes du pays, notamment après la résolution adoptée le 17 juin dernier par le Parlement européen. À leurs yeux, les injonctions formulées depuis Bruxelles ne traduisent pas un partenariat fondé sur le respect mutuel, mais une approche jugée incompatible avec la souveraineté d’un État libre.
Le Burkina Faso défend une conviction : la souveraineté ne se négocie pas, elle s’exerce. Un peuple engagé dans une guerre contre le terrorisme ne peut accepter que ses choix stratégiques soient dictés depuis l’extérieur. Les sacrifices consentis par les Forces de défense et de sécurité, les Volontaires pour la défense de la patrie et les populations civiles nourrissent cette exigence d’indépendance dans les décisions nationales.
Depuis plusieurs mois, Ouagadougou multiplie les actes illustrant cette réorientation diplomatique. Les anciennes habitudes, où certaines capitales occidentales étaient perçues comme exerçant une influence prépondérante sur les décisions africaines, sont ouvertement remises en cause. Le Burkina Faso revendique désormais des relations internationales fondées sur le respect réciproque, l’égalité souveraine des États et la non-ingérence.

Aux côtés du Mali et du Niger au sein de la Confédération des États du Sahel, le Burkina Faso entend construire un espace où les décisions politiques, économiques et sécuritaires seront prises par les peuples sahéliens eux-mêmes. Pour les dirigeants de l’AES, la liberté n’est pas un slogan : elle se conquiert, se protège et s’assume.
L’expulsion des deux responsables européens dépasse ainsi le simple cadre diplomatique. Elle est présentée par les autorités comme un symbole : celui d’un pays qui refuse désormais toute pression qu’il estime contraire à ses intérêts nationaux. Le Burkina Faso affirme vouloir dialoguer avec tous les partenaires qui respectent ses choix, mais sans accepter de tutelle ni de rapports déséquilibrés.
L’histoire retiendra peut-être ce moment comme l’une des illustrations de la profonde recomposition géopolitique en cours au Sahel : des États qui revendiquent le droit de choisir librement leurs alliances, de définir leurs priorités et d’écrire eux-mêmes leur avenir.
Drissa TRAORE de Soumeyla
Wangola médias



