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Le gouvernement burkinabè a procédé à la remise des chèques aux bénéficiaires de la subvention annuelle de l’État à la presse privée, au titre de l’exercice 2026. Au total, 79 structures ont été retenues pour bénéficier d’une enveloppe globale de 320 millions de FCFA. La cérémonie a été marquée par les appels à une gestion rigoureuse des fonds, à la professionnalisation des médias et au renforcement de leur responsabilité sociale.
La presse privée burkinabè bénéficie d’un nouvel appui financier de l’État. La cérémonie officielle de remise des chèques au titre de l’exercice 2026 a réuni les autorités gouvernementales, les responsables du Fonds d’appui au sport et à la presse privée (FASP), ainsi que les représentants des entreprises de presse bénéficiaires. Cette initiative traduit la volonté des autorités de maintenir le soutien public aux médias privés, dont le rôle reste essentiel dans l’information des citoyens, la sensibilisation des populations et la consolidation de la cohésion sociale.
Prenant la parole à cette occasion, la directrice générale du FASP, a présenté le bilan du processus de sélection des bénéficiaires. Selon les chiffres communiqués, 94 dossiers ont été enregistrés entre le 1er et le 31 juillet 2026. Ils comprennent 92 candidatures d’entreprises de presse privée et deux dossiers d’organisations professionnelles des médias. Les candidatures provenaient de plusieurs catégories de médias, notamment 10 télévisions, 53 radios, 22 médias en ligne et sept organes de presse écrite, auxquels s’ajoutent les organisations professionnelles. À l’issue de l’examen des dossiers, 79 structures ont été retenues, dont 77 entreprises de presse privée et deux organisations professionnelles. Quinze candidatures ont été rejetées, principalement en raison d’insuffisances liées aux pièces administratives et fiscales, aux autorisations d’exploitation ou à la régularité des dossiers.
Une enveloppe de 320 millions de FCFA
L’enveloppe globale consacrée à cette subvention s’élève à 320 millions de FCFA. D’après les données présentées par la direction générale du FASP, 304 millions de FCFA sont destinés aux entreprises de presse bénéficiaires, tandis que 12,8 millions de FCFA reviennent aux deux organisations professionnelles retenues. Le solde annoncé, soit 3,2 millions de FCFA, est affecté au fonctionnement du secrétariat technique. Pour la directrice générale, cette aide ne doit pas être considérée comme une simple assistance financière. Elle vise notamment à renforcer les capacités opérationnelles des entreprises, à améliorer leurs équipements et à promouvoir une production médiatique de qualité. Elle a également invité les promoteurs de médias à davantage de rigueur dans la constitution de leurs dossiers, au respect des obligations réglementaires et à une utilisation transparente des ressources publiques. Le FASP entend, pour sa part, assurer le suivi de l’utilisation des fonds conformément aux procédures en vigueur.
Le FASP, une nouvelle structure issue d’une fusion
L’édition 2026 de cette subvention intervient dans un contexte de réorganisation institutionnelle. Comme l’a rappelé le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, porte-parole du gouvernement, la création du FASP résulte de la fusion de l’ancien Fonds national pour la promotion du sport et des loisirs et de l’ancien Fonds d’appui à la presse privée. Cette réforme, consacrée par un décret du 4 décembre 2025, vise à rationaliser les interventions publiques, à réduire les coûts de fonctionnement et à améliorer l’efficacité de l’accompagnement des secteurs concernés.
Le ministre de la communication, Gilbert Ouédraogo a salué les efforts de la direction générale du Fonds et de la commission indépendante de répartition, qui ont permis d’assurer la continuité du mécanisme malgré les contraintes liées à cette transition. Il a également expliqué que la nouvelle dénomination, « Wassa Bondo », renvoie, selon son intervention, à l’idée du grenier à succès. Il a invité les bénéficiaires à contribuer à cette ambition par leur professionnalisme, leur sens des responsabilités et leur engagement au service des populations.
Entre responsabilité éditoriale et viabilité économique
Dans un contexte national marqué par les défis sécuritaires et les enjeux de souveraineté, le ministre a appelé les médias à faire preuve de professionnalisme, de prudence et de responsabilité dans le traitement de l’information. Il les a notamment exhortés à éviter la manipulation et la confusion liées à la guerre communicationnelle. Le représentant des entreprises bénéficiaires a exprimé sa reconnaissance aux plus hautes autorités pour le maintien de ce mécanisme de soutien. Il a toutefois souligné que les entreprises de presse privée demeurent confrontées à des difficultés économiques, aux mutations technologiques et à l’évolution des habitudes de consommation de l’information. Il a plaidé pour la poursuite des réflexions sur le renforcement du dispositif d’accompagnement, notamment en matière de modernisation des équipements, de transition numérique, de formation continue et de recherche de modèles économiques viables. S’adressant à ses confrères, il a insisté sur la nécessité de respecter les projets de dépenses approuvés, de conserver les pièces justificatives et de se conformer aux obligations de reddition des comptes.

Au terme de la cérémonie, les différents intervenants ont convergé sur un même impératif : faire de la subvention un levier durable d’amélioration des performances des médias privés. Au-delà des chèques remis, l’enjeu est de consolider un partenariat entre l’État et la presse, fondé sur la confiance, la transparence et la responsabilité, au service d’une information de qualité et du développement national.
Sié Yacouba Ouattara
Wangola Médias



