La balade du griot

Balade du griot : si Soubakaniédougou m’était conté

Comme presque tout le monde à Banfora, chef-lieu de la région des Tannounyan, le griot a appris que les fils et les filles de Soubakaniédougou encore appelé Tota Nélé communiaient du 8 au 10 janvier 2026 autour des valeurs culturelles de leurs ancêtres à travers l’organisation de la deuxième édition de Tota Bintiô Hunungu, entendez par-là, le retour aux sources. Tout le monde y était invité. Le griot ne s’est pas fait prier pour déposer son baluchon dans cette paisible commune située un peu à l’Ouest de Banfora.

C’est répondant à l’appel de ce digne fils de Soubakaniédougou que le griot s’est baladé trois jours durant à Soubakaniédougou

Pour ce faire, il a dû avaler 45 bons kilomètres et traverser la forêt classée de Toumousseni qu’il a parcouru durant 10 minutes avec sa monture. On arrive à Soubakaniédougou par une route qui hésite entre poussière et promesse. La terre rouge s’accroche aux sandales, aux pneus, aux souvenirs. Ici, le paysage ne se traverse pas : il se raconte déjà, avant même que l’on descende de sa monture. Chemin faisant, le griot qui ne manque pas de faire une halte et d’échanger avec les gens apprend dans le campement peul, juste à l’intersection qui mène à Séribabougou et Gouindougouni que Amadou Sirima, le promoteur de Tota Bintîo Hunungu, ambitionne le reprofilage de ce tronçon qui va de la Ferme à Soubakaniédougou. Joyeux d’apprendre cette nouvelle, le griot s’est joint à ces habitants pour formuler des prières afin que Dieu lui en donne les moyens.

La foire à permis aux invités de découvrir l’artisanat de Soubakaniédougou

Soubakaniédougou s’annonce par ses manguiers généreux qui sont comme des sentinelles silencieuses pour le village. À leur ombre, le temps ralentit. Les salutations s’étirent, longues et nécessaires, comme pour rappeler que rien d’important ne commence sans prendre le temps de demander des nouvelles des autres, et de leurs ancêtres.

Durant 72 heures, les chefs coutumiers ont été valorisés

Le griot fit son entrée dans cette cité des Archers très tôt le matin. Le village s’éveille au son feutré des pilons. Les femmes dessinent des cercles patients dans les mortiers, et chaque geste semble répéter celui d’hier, et de l’avant-hier encore. La tradition, à Soubakaniédougou, n’est pas figée : elle respire, elle travaille et elle nourrit les Hommes.

Les artistes qui ont presté durant les 72 heures ont reçu des récompenses

Si Soubakaniédougou m’était contée, on me parlerait d’eau et de saisons. De l’attente des pluies, scrutées comme un oracle. Des champs qui verdissent enfin, après l’inquiétude. Ici, la nature n’est ni décor ni adversaire : elle est partenaire exigeante.

Les enfants, eux, courent sans chronologie. Ils connaissent les raccourcis du village, les arbres à grimper, les rires faciles. Leur avenir se devine dans leurs regards curieux, entre école, champs et rêves encore sans forme précise.

Les convives ont été émerveillés par la démonstration …

Le soir, quand le soleil se couche dans un embrasement orangé, Soubakaniédougou se rassemble. Les voix baissent, les histoires montent. On parle du passé, on plaisante sur le présent, on espère sans grand discours. Le village devient alors une mémoire vivante, transmise à voix nue.

Si Soubakaniédougou m’était contée, ce ne serait pas une légende grandiose. Ce serait un récit humble et profond, fait de terre, de liens et de patience. Un lieu qui n’a pas besoin de s’imposer pour exister. Il suffit de l’écouter.

… du mariage coutumier chez les cermas

C’est donc dans ce beau village qu’a été battu le rappel des fils et filles du 8 au 10 janvier dernier à la faveur de la 2e édition de Tota Bintîo Hunungu, portée par Amadou Sirima. Durant une semaine, la cité des Archers a été l’attraction de la région des Tannounyan et du grand Ouest du Burkina Faso. Plusieurs personnalités, des opérateurs économiques, d’anciens députés et ministres ont répondu à l’invitation du promoteur qui le leur a reconnu également. Entre compétitions sportives, rencontres, exposition de produits artisanaux, cérémonie officielle et partage de repas, on peut dire que la fête du retour aux valeurs ancestrales à Tota Nélé a été simplement belle. Comme les autres convives, le griot a pu voir plusieurs communautés célébrer la cohésion et la coexistence pacifique. Que Dieu nous donne de voir la troisième édition dans la santé et la paix.

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