Panafricanisme de façade ou engagement réel ?

Pendant des années, certains artistes ont occupé l’espace public en se présentant comme les porte-voix du panafricanisme. Parmi eux, Tiken Jah Fakoly, dont les chansons ont accompagné des générations de jeunes Africains en quête de dignité et de souveraineté. « Quand l’Afrique va s’unir, ça va faire mal » est de Tiken Jah Fakoly.
Mais aujourd’hui, une question mérite d’être posée : le panafricanisme était-il une conviction profonde… ou un simple fonds de commerce ? Comment comprendre que face à la Confédération des États du Sahel, ce même artiste déclare « c’est pour ne pas aller aux élections qu’ils ont créé l’AES » parlant du Général Assimi GOITA, du Capitaine Ibrahim TRAORE et du Général Abdourahamane TIANI.
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Lorsque le Capitaine Ibrahim Traoré est arrivé au pouvoir au Burkina Faso, beaucoup ont vu en lui une continuité de l’idéal souverainiste. Pourtant, certains de ceux qui chantaient hier l’unité africaine semblent désormais mal à l’aise face aux choix actuels du pays.
Même constat au Mali avec le Général Assimi Goïta, ou au Niger avec le Général Abdourahamane Tiani : les nouvelles orientations souverainistes ont révélé des fractures. Ceux qui parlaient de rupture avec l’impérialisme soutiennent-ils réellement les États qui tentent d’affirmer leur autonomie ?
Et que dire de l’héritage de Thomas Sankara ? Son nom a été chanté, célébré, revendiqué. Mais défendre Sankara, est-ce seulement brandir son image sur une scène ? Ou est-ce accepter les conséquences politiques, économiques et diplomatiques qu’implique une véritable souveraineté ?
Le débat n’est pas une affaire d’adoration ou de haine. Il s’agit de cohérence. Le panafricanisme ne peut pas être une posture artistique d’un côté, et une prise de distance dès que les décisions deviennent concrètes et dérangeantes de l’autre. Il ne peut pas être un slogan quand cela rapporte, puis un silence quand cela engage. L’Afrique n’a pas besoin d’icônes intouchables. Elle a besoin de constance. Elle a besoin de courage. Elle a besoin d’engagement assumé.
Critiquer un régime est un droit. Mais instrumentaliser les masses au nom d’idéaux que l’on n’assume pas dans la durée pose question. Le moment est venu pour les Africains de distinguer le panafricanisme émotionnel du panafricanisme politique et concret. L’histoire jugera chacun sur la cohérence entre ses paroles et ses actes.
Drissa TRAORE de Soumeyla
Wangola médias



