Société

Révocation pour corruption : une sanction nécessaire, mais l’État doit aller plus loin.

La révocation de quatre agents publics pour faits de corruption, décidée en conseil des ministres le 5 février 2026, constitue un acte fort dans le contexte actuel de refondation de l’État et de lutte contre les pratiques déviantes au sein de l’administration publique. Elle envoie un message clair : nul n’est au-dessus des règles, et le service public ne saurait être détourné à des fins personnelles.

Dans ce sens, la sanction revêt une dimension pédagogique indéniable. Elle rappelle à tout agent public que l’exercice d’une fonction administrative repose avant tout sur des valeurs de probité, de loyauté et de responsabilité envers la Nation. La révocation, sanction ultime dans la carrière d’un fonctionnaire, agit ici comme un signal d’alerte, un avertissement solennel à l’endroit de tous ceux qui seraient tentés de confondre autorité publique et intérêts privés.

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Mais si la sanction est nécessaire, elle ne saurait, à elle seule, suffire.

La corruption administrative est rarement l’œuvre de quelques individus isolés. Elle prospère le plus souvent dans des environnements où les pratiques illégales sont connues, tolérées, voire protégées par des réseaux informels, des complicités silencieuses ou des failles structurelles. Dans ce contexte, limiter la réponse de l’État à la révocation de quatre agents pose une question légitime : assiste-t-on à une véritable opération d’assainissement ou à une action ponctuelle destinée à frapper les esprits ?

« Le contrôle des faux diplômes nous a laissé sur notre soif ».

Du coup, le risque est réel de voir ces agents devenir des offrandes de sacrifice, exposées pour donner des gages de fermeté, pendant que les mécanismes profonds de la corruption continuent de fonctionner à l’abri des regards. Une telle approche, si elle devait s’arrêter là, affaiblirait la portée pédagogique de la sanction et nourrirait un sentiment d’injustice ou d’inachèvement dans l’opinion publique.

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Or, une lutte crédible et durable contre la corruption exige davantage une réponse disciplinaire ciblée. Elle appelle à un large ratissage : audits approfondis, enquêtes élargies, identification des chaînes de responsabilité, remise en cause des procédures défaillantes et protection effective des dénonciateurs de bonne foi. C’est à ce prix que l’État pourra non seulement sanctionner, mais aussi et surtout prévenir la reproduction de telles pratiques.

La révocation des quatre agents doit donc être comprise comme un point de départ, non comme une finalité. Elle doit ouvrir la voie à une dynamique plus vaste de moralisation de la vie publique, fondée sur la transparence, la redevabilité et l’exemplarité à tous les niveaux de l’administration.

Assainir le service public, ce n’est pas seulement punir des individus. C’est restaurer la confiance des citoyens, renforcer l’autorité morale de l’État et rappeler que servir la République est un honneur qui impose des devoirs. À défaut, la sanction perdra sa portée éducative et la corruption, elle, continuera de miner silencieusement les fondements de l’action publique.

M. Arka…

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