Littérature au Burkina: soirée d’ovations pour Téguera Tariq Mohamed Abdel , élève et écrivain de Banfora en classe de terminale D.

« Prunelle de mes yeux », c’est l’œuvre littéraire écrite par un élève de la classe de terminale D au Lycée Privé Catholique Saint Luc de Banfora. Téguera Tariq Mohamed Abdel, puisse que c’est de lui qu’il s’agit, a effectué la dédicace de son œuvre ce 10 janvier 2026 dans la salle polyvalente de la Sainte de Banfora sous le haut parrainage de Monseigneur Lucas Kalifa Sanou, Evêque de Banfora. Entouré de son proviseur, l’abbé Alexandre K Bingo, de son correcteur, Blagnima Ouattara, un homme de lettre, des responsables en charges de l’enseignement secondaire des Tannounyan et sous une grande mobilisation des ses camarade élèves venus de plusieurs établissements. Ce fut une véritable soirée d’ovations nourries pour ce jeune prodigue qui a forcé l’admiration.
C’est au bout de 3 années de sacrifices, alliant études, distractions et inspirations, que le livre de 149 pages subdivisé en 3 grandes parties et intitulé « Prunelle de mes yeux », voit le jour. La première partie est consacrée à l’ambiance familiale en Afrique, empreinte de la tradition où le personnage principal, « Maguibe » perd très jeune son père. La deuxième partie est marquée par les études du personnage en Europe et enfin, la dernière partie, sa réussite estudiantine marquée pas son retour en Afrique avec une Européenne.

Téguera Tariq Mohamed Abdel
« Téguera Tariq Mohamed Abdel est déjà un écrivain confirmé », dira l’abbé Bingo qui a confié au public présent qu’après avoir lu le roman, « j’ai versé des larmes car c’est comme si c’est mon histoire qu’il avait retracée. J’ai aussi perdu mon père très jeune », dira le religieux qui a été au four et moulin afin que l’œuvre soit publiée. Comme quoi, la jeunesse n’est pas synonyme d’obstacles à la grandeur, ce jeune écrivain a fini de séduire plus d’un, ses camarades, ses encadreurs et bientôt ses nombreux lecteurs.
Né le 5 novembre 2006 à Ouagadougou, l’auteur a obtenu son CEP en 2019 à l’école de Sindou « A » où il termina meilleur candidat au CEP session 2019 de la province de la Léraba. Tariq poursuit ses études du premier cycle au Collège Privé Ste Julie de Sindou et avec sa soif de l’excellence, il obtient encore les meilleures notes au BEPC avec une moyenne de 18,44/20. Mais avant, il est désigné « Etoile des Cascades » pour participer à la 13e saison de l’émission « Tableau d’honneur (TH) ». Inscrit en seconde C au Lycée Privé Catholique St Luc de Banfora, il fait actuellement la terminale D.

Les élèves étaient fortement mobilisés
Fier de cette étoile montante, son proviseur explique qu’il y a deux ans, il a reçu dans son bureau un élève timide qui lui confiait qu’il avait un projet. « Je l’en ai félicité et encouragé. Aujourd’hui il a pu atteindre son idéal », s’est réjouit l’abbé Bingo. Pour Blagnima Ouattara, ce livre va aider la jeunesse à se rendre compte que les difficultés ne sont pas un frein à la réussite. D’où les félicitations et les encouragements de Alidou Koné, DR en charge de l’enseignement secondaire et du représentant de l’Evêque, l’abbé Michaël Sanou au cours de cette cérémonie de dédicace rythmée par l’atelier chorégraphique du lycée Saint Luc de Banfora.

L’auteur a dédicacé plusieurs livres au cours de la cérémonie
« L’idée d’écrire ce livre m’est venue lorsque j’ai aperçu une annonce sur les réseaux sociaux où un jeune écrivain ivoirien avait déjà entamé le pas. Ce qui m’a plus enthousiasmé c’est qu’il a même écrit en espagnole », a justifié l’auteur pour qui, la « Prunelle de mes yeux » vise à montrer l’émotion et l’attachement que le personnage a pour sa maman. « C’est sa maman qui est son moteur, son carburant », dira l’auteur. Le jeune écrivain révèle qu’il a un recueil de poèmes déjà prêt mais qui est en phase de correction. Un troisième roman viendra par la suite, rassure l’écrivain Téguera Tariq Mohamed Abdel, dont Issoufou Téguera, son père enseignant s’est dit fier. « Il a été réceptif à mon encadrement. Là où je l’attendais il l’a déjà dépassé », confie ce dernier. L’œuvre dédicacée vendue à 2000 f, ils étaient des dizaines d’invités à l’acheter.
Sié Yacouba Ouattara.
Wangola Médias.
Des Réactions.

Sagnon Sévérine, élève de seconde « A » au Collège Ste Thérèse de Banfora: Ce qui m’a motivé à venir ici, c’est le titre du roman. Je veux découvrir ce qui est dit dans le livre et ce qui a motivé l’auteur à l’écrire. Si j’ai acheté le livre c’est pour cette raison. Ce qui m’a inspiré c’est lorsque la sœur directrice du Collège Ste Thérèse nous a dit que c’était un élève en classe de seconde comme nous qui a commencé à écrire son livre et qu’en 2026 il l’a publié étant en classe de terminale. C’est ma première fois d’apprendre cela.

Ouédraogo Somlada Oséfa, (élève dans la même classe que l’auteur) : Tout d’abord, je félicite les efforts de l’auteur. Car un élève de la classe de seconde, surtout en série C, le temps est vraiment restreint. Je l’exhorte à poursuivre dans la même dynamique et à s’améliorer. Je suis fière d’être dans la même classe qu’un élève aussi brillant comme lui. Personnellement, il m’a beaucoup inspiré. Dès son arrivé en seconde, nous avons commencé à se fréquenter et il m’a beaucoup aidé, il m’a tiré d’une certaine manière vers le haut.

Blagnima Ouattara, ex directeur provincial de la culture, des arts et du tourisme de la Comoé : J’ai été sollicité pour la lecture, la correction et pour l’aménagement technique aussi. C’est un document qui présente une valeur littéraire. Les thématiques qui sont abordées sont d’actualité. C’est un enfant qu’il faut encourager.
C’est un livre qui présente les péripéties difficiles de la vie quand vous prenez le personnage principal qui est Maguibe qui a rencontré beaucoup de difficultés, qui a perdu son papa très tôt, confronté au lévirat où sa maman devait quitter la famille. Tout ceci n’a pas empêché le petit Maguibe de continuer ses études qui avait pour objectif de plaire à sa maman. Quand on regarde le fond et le titre, on se rend compte que la maman qui représentait le père a vraiment joué son rôle et l’enfant aussi a été reconnaissant.
Dans ce document il y a beaucoup de thèmes. Il y a la résilience qui a été abordée avec des petits métiers par ci et par là, nous avons les valeurs culturelles, la tradition qui sont assez développées et qui permettent de montrer que nous avons des valeurs. Il y a aussi le métissage culturel parce que nous avons vu à la fin, le personnage qui s’est lié à une Européenne et cette situation n’a pas été aussi facile à accepter.

L’abbé Alexandre K Bingo, proviseur du Lycée Privé St Luc de Banfora. Il y a beaucoup de valeurs qui sont véhiculées dans le roman et je retiens la grande motivation, la source de la motivation du personnage. Il a été motivé par cette soif de réussir pour sortir sa maman de la misère engendrée par le décès de son papa. Ça été le moteur de sa motivation et cela l’a poussé à donner le meilleur de lui-même pour faire plaisir à sa maman.
Beaucoup de satisfactions m’animent ce jour. La satisfaction de voir un élève qui a pu porter un projet à son terme. Je crois qu’au delà de l’œuvre, sa qualité et tout, ce qu’il faut apprécier, c’est la capacité de réaliser un rêve. Je crois que c’est le plus beau cadeau et nous étions contents de voir qu’un élève a pu conduire un projet, a réalisé son rêve. Et nous sommes contents de l‘avoir accompagné et cette satisfaction est partagée par ses parents, par ses condisciples.
Propos recueillis par Sié Yacouba Ouattara.
Wangola Médias.



