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Récemment, le griot a pris son bâton de voyage et a quitté la cité du Paysan noir pour se rendre à Moussodougou, à environ 65 kilomètres de Banfora. Sa mission était noble : aller prier et bénir les enfants de ses proches qui se préparaient à affronter les derniers instants de la session 2026 du Certificat d’études primaires.
À l’aller, le griot a choisi l’axe Banfora-Sindou avant d’emprunter la bifurcation située à une vingtaine de kilomètres de Banfora qui conduit vers Moussodougou. Chemin faisant, les causeries sous les arbres et dans les concessions ont rapidement laissé place à un sujet qui passionne les populations : les travaux de construction de la route Banfora-Orodara.
Les siens lui ont raconté que les techniciens étaient à pied d’œuvre, que les engins travaillaient sans relâche et que la future route serait large, moderne, carrossable et probablement l’une des plus belles des Tannounyan. À entendre ces témoignages, la curiosité du griot s’est réveillée.
Ainsi, pour son retour, il a décidé de passer par Koloko, Mondon et Bérégadougou afin de constater lui-même l’évolution des travaux.
À l’embranchement des tronçons Mondon-Moussodougou et Mondon-Bérégadougou, le griot a aperçu les premières traces du passage des puissantes machines de l’entreprise chargée des travaux. En remontant vers Bérégadougou, il a observé que les bordures de la chaussée avaient été soigneusement raclées par les Caterpillar. Les arbres et les arbustes qui longeaient autrefois la route avaient été arrachés, donnant désormais à l’ouvrage une impression de grandeur et d’espace.
Le griot s’est alors dit qu’au-delà de l’esthétique, cette opération constituait un atout important pour la sécurité routière. Même un conducteur surpris par une perte de contrôle pourrait désormais espérer immobiliser son véhicule sans heurter un arbre.
À la sortie de Mondon, il a découvert une première base-vie construite par l’entreprise. Implantée sur le côté gauche de la route, elle est équipée d’un forage qui facilite l’approvisionnement en eau des travailleurs.
Plus loin, les travaux de dégagement se poursuivent jusqu’aux environs de Bérégadougou. Quelques kilomètres avant la ville, une seconde base-vie apparaît. C’est à partir de ce secteur que les travaux prennent une autre dimension. Des panneaux jaunes signalent les zones de chantier et orientent les usagers.
La déviation aménagée sur la bordure dégagée est parfaitement praticable. Les automobilistes l’empruntent quotidiennement, permettant ainsi aux engins de travailler sans être gênés par la circulation.
Le griot a également remarqué que le remblai de la nouvelle route est nettement plus élevé que l’ancienne chaussée. Sans être spécialiste des travaux publics, il sait que les techniciens du BTP répètent souvent qu’une route doit être « hors d’eau » pour résister au temps et aux intempéries. À ses yeux, cette hauteur constitue donc un gage de durabilité.
Dans cette zone, le ballet des camions est incessant. Ils transportent sans relâche des tonnes de matériaux destinés à alimenter le remblai.
Le griot a ensuite constaté que la déviation s’interrompt au niveau du pont situé à l’entrée de Bérégadougou. Il comprend aisément que les ouvrages de franchissement demandent davantage de temps, de précision et de technicité.
En poursuivant sa traversée de la cité de Brigué, il découvre une autre déviation qui emprunte la route qui passe devant la Nationale du Sucre. Celle-ci permet aux usagers de contourner les zones où les ouvriers s’affairent à la réalisation de plusieurs ouvrages de franchissement avant la jonction avec la Route nationale n°7.
C’est là qu’il apprend une information qui force l’admiration : pour rattraper les délais, les ouvriers travaillent de jour comme de nuit sous l’éclairage de puissantes lampes.
Le griot connaît bien cet axe routier. Il l’emprunte régulièrement et promet à sa communauté, à Banfora comme ailleurs, de continuer à observer et à relater l’évolution des travaux chaque fois que ses pas le conduiront sur cette route. Il espère également recueillir les confidences et les explications des ouvriers présents sur le terrain, car les premiers responsables de l’entreprise ne peuvent être partout à la fois.

À sa manière, le griot entend participer à la veille citoyenne recommandée par le Premier ministre lors du lancement des travaux il y a un peu plus de deux ans.
Et puisqu’il ne faut jamais oublier l’objet premier de son voyage, le griot est heureux d’annoncer une excellente nouvelle : les enfants qu’il était allé bénir à Moussodougou sont tous admis au CEP session 2026. Les résultats, proclamés le 13 juin aux environs de midi, ont également révélé un taux de succès historique pour la CEB de Moussodougou. Une raison supplémentaire de rendre grâce, de féliciter les élèves, les enseignants, les parents et tous ceux qui ont contribué à cette belle moisson de réussite.
Ainsi va la route. Ainsi vont les hommes. Ainsi parle le griot.
Wangola Médias



